Les trois jours les plus importants de l’histoire humaine:

Les trois jours les plus importants
de l’histoire humaine:

@VID INFRA

INTRODUCTION

La mort du Christ, qui rendit possible notre salut (Rm 5.10), constitue l’un des faits cardi- naux de l’Évangile (1 Co 15.1, 3). Les deux autres éléments sont son ensevelissement et sa résurrection (1 Co 15.4). Dans cette étude, nous examinerons les derniers détails de la mort de Jésus sur la croix (dans les dernières heures de vendredi), suivis de sa mise au sépulcre (son corps resta dans la tombe toute la journée du samedi), puis les premières scènes autour de sa résurrection (le dimanche matin). Ce qui eut lieu pendant ces trois jours — les plus cruciaux de l’histoire humaine — est au cœur de notre espérance chrétien .

Lecture No 41

VII. DERNIÈRE SEMAINE DU MINISTÈRE DE JÉSUS (suite) H. Vendredi, jour de la mort de Jésus (suite)
10. L’ensevelissement de Jésus
a. Sa mort constatée (Mt 27.55-56 ; Mc 15.40-41 ; Lc 23.49)
b. Sa mort confirmée (Jn 19.31-37)
c. Son corps mis au tombeau (Mt 27.57-60 ; Mc 15.42-46 ;
Lc 23.50-54 ; Jn 19.38-42)
d. Son ensevelissement constaté (Mt 27.61 ; Mc 15.47 ; Lc
23.55-56a)
I. Samedi, jour suivant la mort de Jésus
1. Ses disciples : effrayés (Lc 23.56 ; Jn 20.19) 2. Ses ennemis : vigilants (Mt 27.62-66)
VIII. RÉSURRECTION DE JÉSUS, APPARITIONS ET ASCENSION A. Dimanche, jour de la résurrection de Jésus
1. Le tombeau vide
a. Femmes venues au tombeau (Mt 28.1-8 ; Mc 16.1-9 ; Lc
24.1-11 ; Jn 20.1

VENDREDI, EN FIN DE JOURNÉE : UN TEMPS DE DÉTRESSE (MT 27.55-61 ; MC 15.40-47 ;
LC 23.49-56a ; JN 19.31-42)
Femmes fidèles
Dans notre leçon précédente, nous avons observé quatre femmes “près de la croix de Jésus” : sa mère, la sœur de sa mère (probablement Salomé), Marie femme de Clopas et Marie- Madeleine (Jn 19.25). Lorsque Jean écarta la
mère de Jésus de la scène (Jn 19.27), les autres femmes se mirent en marge de la foule. Nous pouvons lire, en outre :
Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient de loin : celles-là même qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée, pour le servir. Parmi elles étaient Marie-Madeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph et la mère des fils de Zébédée (Mt 27.55-56 ; cf. Mc 15.40-41 ; Lc 23.49).
Ces précieuses femmes, ayant servi le Seigneur en Galilée (Mc 15.41 ; cf. Lc 8.2-3), ne l’abandonnèrent pas, à sa mort. Elles furent les dernières à quitter sa croix, les premières à venir à sa tombe. Au moins deux d’entre elles furent témoins de sa mort (Mt 27.55-56 ; Mc 15.40-41), de son ensevelissement (Mt 27.61 ; Mc 15.47 ; Lc 23.55), et de sa résurrection (Mt 28.1-10).

Chefs illogiques
Jésus mourut à environ trois heures de l’après- midi (cf. Mt 27.45-50), quelques heures avant le coucher du soleil qui marquait le début du sabbat. Puisque “c’était (le jour de) la préparation et, pour ne pas laisser les corps en croix pendant le sabbat — or ce sabbat était un grand jour — les [chefs des] Juifs demandèrent à Pilate de les faire enlever après leur avoir brisé les jambes” (Jn 19.31).
Le “jour de la préparation” : le jour précédant le sabbat (le sixième jour, équivalent de notre vendredi) était consacré aux préparatifs du sabbat (le septième jour, équivalent de notre samedi).
“Pour ne pas laisser les corps en croix pendant le sabbat” : la loi disait :
Si l’on fait mourir un homme coupable d’un péché passible de mort et que tu l’aies pendu à un bois, son cadavre ne passera pas la nuit sur le bois ; mais tu l’enseveliras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu et tu ne souilleras pas le territoire que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour héritage (Dt 21.22-23 ; cf. Jos 8.29 ; 10.26-27).
L’expression “pendu à un bois” dans ce passage se réfère sans doute soit à une pendaison, soit à un empalement ; mais les Juifs l’appliquaient également à une crucifixion (cf. Ga 3.13). Selon Deutéronome 21, donc, toute personne morte à Golgotha ce vendredi devait être ensevelie avant le coucher du soleil1.
“Ce sabbat était un grand jour” : le texte originale met : “le jour de ce sabbat était grand”. Le TOB traduit : “ce sabbat était un jour particulière- ment solennel.” Bien évidemment, tout sabbat était important ; mais celui qui tombait pendant la Pâque l’était particulièrement. Ce sabbat avait une autre importance, car il constituait le début de la semaine des pains sans levain2.
“Les Juifs demandèrent à Pilate de (…) leur [briser] les jambes” : les Romains préféraient que les crucifiés souffrent pendant des jours mais, lorsque les circonstances le demandaient, ils brisaient les jambes des victimes afin de hâter la mort. Les suppliciés ayant besoin de pousser sur les jambes afin de respirer, ils succombaient ainsi par asphyxie.

“Les Juifs demandèrent à Pilate de les faire
1 Plusieurs auteurs considèrent aussi que les Juifs avaient une tradition selon laquelle un corps resté sur une croix le samedi profanerait le sabbat.

2 Comme déjà noté, la fête de la Pâque, qui durait un jour, était suivie immédiatement par la fête des pains sans levain, qui durait sept jours. À l’époque du Nouveau Testament, les deux fêtes se se mélangeaient.
enlever” : les chefs juifs demandèrent non seule- ment que les Romains hâtent la mort des crucifiés, mais qu’ils fassent disparaître les corps. La hiérarchie juive refusait de toucher un cadavre, ce qui rendait cérémoniellement impur (Nb 19.11). Les Romains disposaient sans doute d’un site funéraire où ils déposaient incognito les corps des criminels.
Une fois encore, on observe l’hypocrisie et le caprice des chefs juifs, qui n’avaient pas hésité à crucifier le “maître du sabbat” (Mt 12.8 ; Mc 2.28) mais qui, à présent, ne désiraient pas profaner le sabbat.
Soldats consciencieux
Pilate, cédant à ces requêtes, envoya ses ordres au Calvaire : “Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l’autre qui avait été crucifié avec lui” (Jn 19.32). Cette tâche sinistre fut accomplie avec une massue ou un gros gourdin. “Arrivés à Jésus et le voyant déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes” (Jn 19.33).
Mais les soldats ne présumaient pas sans raison la mort de Jésus. Ils s’en assurèrent : “Un des soldats lui perça le côté avec une lance” (Jn 19.34a). Il ne s’agissait pas d’une petite pique au niveau de la peau, pour voir si Jésus allait réagir. La lance fut jetée avec force dans son côté, pénétrant profondément dans son thorax, créant une blessure béante dans laquelle on pouvait mettre sa main (Jn 20.25, 27). Les soldats devaient déterminer la mort d’une victime avant de la descendre de la croix ; ainsi, la lance fut probablement poussée même jusqu’au cœur3. “Le soldat, qui risquait sa propre vie dans l’affaire, voulait s’assurer — et assurer la garde — que Jésus était mort, sans l’ombre d’un doute4.”
Le fait que les os de Jésus ne furent pas brisés et que son côté fut transpercé constitua l’accomplissement de deux prophéties de
3 Ceci faisant, le soldat provoquait “une blessure mortelle, par un geste sans doute appris précisément à cette fin” – William D. Edwards, Wesley J. Gabel, Floyd E. Hosmer, “On the Physical Death of Jesus Christ”, Journal of the American Medical Association (21 mars 1986), 1460.
4 R. C. Foster, Studies in the Life of Christ (Grand Rapids, Mich. : Baker Book House, 1971), 1286.

l’Ancien Testament (Jn 19.36-37 ; Ps 34.215 ; Za 12.10).
Le côté de Jésus transpercé, il en sortit “de l’eau et du sang” (Jn 19.34). Puisqu’un cadavre ne saigne pas, les commentateurs ont cherché une explication médicale à ce phénomène. La plus répandue est celle selon laquelle ce liquide résulta du cœur percé de Jésus (cf. Ps 69.216). Le problème avec la plupart des explications médicales est le fait qu’elles se basent sur la présomption qu’à la mort de Jésus, son corps commença un processus de décomposition mortuaire. Mais Pierre et Paul insistèrent tous deux sur le fait que la chair du Christ “n’a pas vu la corruption” (Ac 2.31 ; cf. 13.37).
D’autres auteurs chrétiens primitifs, non inspirés du Saint-Esprit, voyaient dans cette eau et ce sang un symbolisme mystique : l’ordonnance de la Cène et celle du baptême, “sortant” de Jésus. D’autres lièrent Jean 19.34 à 1 Jean 5.6 et 8, un passage difficile à comprendre7. De toute façon, le texte de Jean 19.34 ne suggère aucunement une interpré- tation symbolique ou mystique.
Nous devrions sans doute accepter tout simplement ce sang et cette eau comme faisant partie du mystère de la mort de Jésus pour nos péchés. Jean, reconnaissant que ce détail restait difficilement explicable d’un point de vue humain, ajouta le témoignage de son expérience personnelle (Jn 19.35).
La description de Jean sert, en tout cas, à démontrer que Jésus était vraiment mort, qu’il n’était pas simplement évanoui, pour être ramené à lui plus tard par ses disciples8.
Le poids de l’évidence historique et médicale
5 Le fait que les os de Jésus ne furent pas brisés était important dans l’image du sacrifice de l’agneau de la Pâque.
6 Conclusion de William Stroud dans The Physical Cause of the Death of Christ (cité dans Foster, 1285-1286). Edwards, Gabel et Hosmer citent plusieurs explications médicales de ce phénomène (1463).
7 Il est possible d’interpréter 1 Jean 5.6, 8 de plusieurs manières. L’eau se réfère probablement au baptême de Jésus, et le sang à sa mort (cf. J. W. Roberts, Les Épîtres de Jean, The Living Word Commentary Series, [Genève et Ste.-Foy, 1991], 140-142).
8 L’idée que Jésus puisse s’être évanoui est une théorie on ne peut plus fantaisiste, avancée par certains qui nient la résurrection de Jésus.
pèse clairement du côte de la mort de Jésus avant que la blessure au côté lui soit infligée. (…) Ainsi, toute interprétation selon laquelle Jésus ne serait pas mort sur la croix se trouverait en conflit avec la médecine moderne9.

Disciples courageux

Les soldats, s’étant assurés de la mort des trois victimes, s’apprêtèrent à descendre les corps des pieux et à les emmener pour en disposer sans ménagements. C’était donc le sort prévu pour le corps de Jésus, à moins que quelqu’un vienne le réclamer. Heureusement, quelqu’un le réclama, en effet. Ce n’était ni quelqu’un de sa famille, ni l’un de ses apôtres, mais un homme qui avait été un disciple “en secret par crainte des [chefs des] Juifs” (Jn 19.38). Fait étonnant, il était aussi membre du sanhédrin (Mc 15.43 ; Lc 23.50), qui avait condamné Jésus à mort !
Cet homme s’appelait “Joseph d’Arimathée” (Mc 15.43 ; Jn 19.38 ; cf. Mt 27.57). Or, Arimathée était un village de la Judée (Lc 23.5110), sans doute au nord de Jérusalem, près de la frontière avec la Samarie11. Matthieu décrivit Joseph comme “un homme riche” (Mt 27.57). Par lui s’accomplit la prophétie d’Ésaïe 53.9 :
On a mis sa tombe parmi les méchants. Son sépulcre avec le riche.

Joseph était un homme “bon et juste, qui n’avait point participé à la décision et aux actes des autres ; (…) il attendait le royaume de Dieu” (Lc 23.50-51 ; cf. Mc 15.43). Ayant attendu le Messie qui établirait son royaume, Joseph avait reconnu Jésus comme ce Messie, le Christ (Mt 27.57 ; Jn 19.38).

Malheureusement, Joseph avait manqué de courage pour déclarer sa foi en Jésus. En “membre distingué du conseil” (Mc 15.43), il savait que s’il l’avait fait, il aurait perdu sa position, et même qu’il aurait été exclu de la communauté juive (Jn 9.22). Selon Luc, lorsque le sanhédrin avait condamné Jésus, Joseph
9 Edwards, Gabel et Hosmer, loc. cit.
10 L’expression“villedesJuifs”identifiegénéralement
un endroit comme se situant en Judée. La BDS met : “Arimathée, en Judée”.
11 Voir Alfred Edersheim, The Life and Times of Jesus the Messiah, New Updated Version (Peabody, Mass. : Hendrickson Publishers, 1993), 898.

“n’avait point participé à la décision et aux actes des autres” (Lc 23.5112). Mais, apparemment, il n’avait pas non plus défendu le Seigneur.
Voyant qu’on allait “porter le corps de Jésus dans un fossé obscur et maudit13”, Joseph “eut le courage de se rendre chez Pilate” (Mc 15.43b). À grand risque, il “demanda à Pilate (la permis- sion) d’enlever le corps de Jésus” (Jn 19.38b).
Pilate fut probablement surpris par cette requête, venant d’un membre de la “cour suprême” juive. Étonné que Jésus soit déjà mort (Mc 15.44a), il s’en assura auprès du centurion, puis “donna le corps à Joseph” (Mc 15.45 ; cf. Mt 27.58 ; Jn 19.38).

Quand Joseph reçut l’aval de Pilate, le coucher du soleil (donc le début du sabbat) approchait rapidement (Mt 27.57 ; Mc 15.42 ; Lc 23.54) ; il fallait agir, et vite. Pendant que Joseph achetait “un linceul” (Mc 15.46), Nicodème, autre membre du conseil qui croyait secrètement en Jésus14 (cf. Jn 7.50), rassemblait les aromates nécessaires (cf. Jn 19.39). Quelle ironie que ce soit ces deux hommes qui, avec amour, mirent Jésus au tombeau ! “C’est étrange : ceux qui n’avaient pas peur d’être disciples de Jésus avaient peur de demander son corps ; mais ceux qui craignaient d’être ses disciples n’avaient pas peur d’accomplir ce dernier acte15.”

Enlevant les mains et les pieds de Jésus des cruels clous qui les maintenaient, Joseph descendit le corps de la croix16, l’enveloppa dans le linceul (Mt 27.59 ; Mc 15.46 ; Lc 23.53) et l’emporta (Jn 19.38).

“Or, il y avait un jardin à l’endroit où il avait
12 Cela veut-il dire que Joseph était absent du conseil au moment où l’on a voté la mort de Jésus ? Il peut s’être absenté délibérément, ou avoir eu d’autres responsabilités ailleurs, ou même ne pas avoir été au courant de la réunion. Peut-être était-il présent mais s’est abstenu de voter. Le texte ne nous dit rien à ce sujet ; il semble néanmoins évident qu’il n’avait pas encore parlé en faveur de Jésus.

13 James Stalker, The Trial and Death of Jesus Christ (New York : A. C. Armstrong and Son, 1909), 310-311.
14 Nous avons rencontré Nicodème en Jean 3.1-21 ; 7.50-52.
15 J. W. McGarvey et Philip Y. Pendleton, The Fourfold Gospel or A Harmony of the Four Gospels (Cincinnati : Stan- dard Publishing Co., 1914), 734.
16 Nous ne savons pas si ceci pouvait être fait alors que Jésus était toujours suspendu, ou s’il fallait que la traverse soit descendue pour libérer Jésus de ses clous. Dans tous les cas, Joseph, en homme riche, avait sûrement des esclaves pour l’aider avec cette tâche et les suivantes.

été crucifié, et dans le jardin, un tombeau neuf17 où personne encore n’avait été déposé18” (Jn 19.41). Il s’agissait du tombeau même de Joseph, “qu’il s’était fait tailler dans le roc19” (Mt 27.6020). N’ayant pas beaucoup de temps, et “parce que le tombeau était proche” (Jn 19.42), Joseph et Nicodème décidèrent d’y emmener le corps de Jésus21. Deux femmes qui avaient été à la croix les suivirent (Lc 23.55 ; Mt 27.61).
Les deux membres du conseil déposèrent le corps de Jésus dans la tombe (Mt 27.60 ; Mc 15.46 ; Lc 23.53 ; Jn 19.42) et commencèrent les préparatifs rituels, selon “la coutume d’ensevelir chez les Juifs” (Jn 19.40b). Ils n’enlevèrent aucun organe, comme cela se faisaient dans d’autres cultures, notamment chez les Égyptiens.

La coutume des Juifs voulait qu’ils lavent le corps, enlèvent le sang séché, le crachat, la boue, les échardes. Puis ils enveloppèrent le corps “de bandelettes22, avec les aromates” (Jn 19.40a). Selon la coutume, ils firent une première couche de bandelettes jusqu’à ce que le corps soit entièrement couvert, sauf le visage (cf. Jn 11.44). Puis, après avoir frotté cette couche d’aromates, ils ajoutèrent une deuxième couche, puis firent un deuxième traitement d’aromates, et ainsi de suite. Selon Jean 19.39, Nicodème avait apporté
17 La localisation du jardin et des tombes dépend de celle de Golgotha. On peut trouver une longue discussion des évidences historiques et archéologiques dans John McRay, Archaeology and the New Testament (Grand Rapids, Mich. : Baker Book House, 1991), 206-217.
18
Onasuggéréquelefaitque“personneencoren’avait été déposé” dans le tombeau est souligné pour ôter toute possibilité d’erreur quant à la personne ressuscitée.
19 Sans doute une petite cavité taillée dans une colline avoisinante et ayant une seule entrée.

20 Certains commentateurs se demandent pourquoi Joseph se serait fait faire un tombeau si loin d’Arimathée. Considérons ces réponses à la question : (1) le fait que Joseph venait d’Arimathée ne veut pas dire qu’il y habitait. (Jésus n’était plus “de Nazareth”, mais on l’appelait par ce nom.) ; (2) il y avait sans doute quelque prestige à être enseveli à Jérusalem.

21 Jean 19.42 et 20.13 peuvent suggérer que Joseph avait l’intention d’utiliser ce tombeau temporairement, puis de transférer Jésus dans un tombeau plus convenable après le sabbat. Si tel était le cas, la résurrection de Jésus rendit cette idée superflue.

22 Jean 19.40 et 20.5 mentionnent des “bandelettes”. Il se peut que le “linceul” acheté par Joseph (Mc 15.46) ait été déchiré en bandelettes pour le corps, ou bien que ces bandelettes soient venues d’une autre source et que le linceul ait été utilisé pour couvrir le corps après l’embaumement.

environ trente kilos de myrrhe, une gomme- résine, et d’aloès en poudre, un bois odoriférant, dans ce but (Jn 19.3923).
Travaillant rapidement, les deux hommes se rendirent cérémoniellement impurs (Nb 19.11) en touchant le cadavre de Jésus, ce qui les empêchait de participer à la suite de la fête des pains sans levain ; mais, de toute évidence, tout cela ne les gênait pas trop.

Ayant fait du mieux qu’ils pouvaient dans le court laps de temps dont ils disposaient, les deux hommes placèrent un linge sur le visage de Jésus (cf. Jn 20.7 ; 11.44) ; puis, au crépuscule Joseph “roula une grande [“très grande” – Mc 16.4] pierre24 à l’entrée du tombeau et s’en alla” (Mt 27.60)25.
Femmes inquiètes
Pendant tout ce travail, Joseph et Nicodème étaient observés, peut-être sans le savoir. “Assises vis-à-vis du sépulcre” se trouvaient les deux femmes qui les avaient suivis depuis Golgotha : “Marie-Madeleine et l’autre Marie” (Mt 27.61 ; cf. Mc 15.40, 4726 ). Ayant regardé le travail précipité des deux hommes (Lc 23.55), ces femmes en restèrent visiblement insatisfaites. Quittant le jardin, elles entrèrent dans Jérusalem “pour
23 Cette quantité d’aromates devait coûter très cher, ce qui confirme que Nicodème, comme Joseph, était un homme riche. Les mages avaient apporté à Jésus, entre autres, de la myrrhe. Elle était également utilisée comme soporifique dans le vinaigre offert aux victimes de la crucifixion (Mc 15.23). L’aloès est une plante à fleurs et à feuilles épaisses, toujours utilisée aujourd’hui comme baume pour les brûlures ou les irritations de la peau. À l’époque du Nouveau Testament, on moulait la plante en poudre. Voir le Psaume 45.9 pour un exemple de l’emploi de myrrhe et d’aloès pour parfumer.

24 Ces pierres étaient grandes, rondes et plates (comme les meules avec le trou au milieu), taillées de manière à rouler dans des rainures préparées dans le roc. Les sillons étaient généralement inclinées, rendant la mise en place devant le tombeau plus facile que l’enlèvement (Mc 16.3). Si Joseph avait besoin d’aide, Nicodème et les esclaves sûrement présents pouvaient fournir l’aide qu’il fallait.

25 Que devinrent Joseph et Nicodème après la résur- rection de Jésus ? On s’attendrait à ce que ces hommes qui avaient tout risqué pour enterrer Jésus deviennent des chrétiens, des défenseurs acharnés de la foi. Mais le Nouveau Testament n’en parle plus. Plus tard, quelques légendes fantaisistes à leur sujet virent le jour. Mais elles n’étaient que cela : des légendes.
26 Salomé (mère de Jacques et Jean) a

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