Pour une Haïti Souveraine : Sécurité, Élections et Réconciliation Nationale
Par Pierre Robert Auguste
Président de l’Association des Entrepreneurs de l’Artibonite (AEA)
Gonaïves, Haïti
Dans la quête de stabilité que poursuit Haïti, la convergence de vues avec la communauté internationale est indispensable, mais elle doit s’articuler autour de piliers fondamentaux garantissant la dignité
et la pérennité de notre nation.
La Sécurité : Un Attribut de l’État Normal
Le premier impératif de cette collaboration réside dans la sécurisation du territoire. Cependant, cette sécurité ne peut être durable si elle est envisagée en dehors du cadre d’un État normal. Un État doit jouir du droit souverain de disposer de ses propres forces, de les organiser et de définir librement sa stratégie opérationnelle selon les contingences du moment.
Si l’appui de forces étrangères amies est nécessaire, il ne doit pas servir de monnaie d’échange diplomatique pour récompenser des services internationaux. À nos frères africains, notamment ceux du Tchad, nous rappelons que c’est sur cette terre d’Haïti que la dignité universelle de l’homme noir a été affirmée. Le respect de cette mémoire doit guider chaque mission d’appui.
« Pas d’élections, mais de bonnes élections »
Le deuxième point de convergence concerne le processus démocratique. Le calendrier électoral ne doit pas être une simple routine administrative. Nous ne voulons pas d’élections de façade, mais de bonnes élections, conçues comme de véritables méthodes de prévention et de résolution des conflits politiques.
## Vers une Normalisation de l’État
Pour que l’État haïtien soit rétabli dans la plénitude de ses prérogatives, plusieurs conditions doivent être réunies :
1. Une Sécurité Globale : Repensée avec l’appui de l’ECOSOC, elle doit favoriser un entrepreneuriat national dynamique, diversifié et libéré des discriminations. Les armes seules ne vaincront jamais l’insécurité.
2. La Réconciliation : La société doit se prédisposer au pardon et s’unir autour d’un consensus issu d’une Conférence Nationale Souveraine.
3. Une Gouvernance Inclusive : Un mécanisme de droit budgétaire doit être accordé à l’opposition, structurée autour d’un « cabinet fantôme » composé des partis n’ayant pas remporté les suffrages, afin de garantir un équilibre démocratique.
La Conférence Nationale : Clef de la Crise
Seule une Conférence Nationale, convoquée par un Président de la République acceptable, possède la légitimité nécessaire pour toucher à la Constitution et apporter des solutions durables à la crise sociétale que nous traversons.
Le choix est désormais clair : soit la communauté internationale civilisée échoue en Haïti, soit Haïti s’extrait de sa crise endémique. Cette issue exige de la bonne foi, du sérieux et de la sincérité. Des vertus qui ne se présument pas, mais qui doivent se prouver par des actes.
Le tout au pluriel magazine nous sommes vos yeux et vos oreilles.
Le tout au pluriel Magazine Magazine socio-culturel