1ER MAI EN HAÏTI :
assez de mensonges, assez de trahisons
1er mai. On parle de fête de l’Agriculture. Mais de quelle agriculture parle-t-on, exactement ? Celle qui agonise ? Celle que l’on a laissée mourir à petit feu pendant des années sous les yeux de dirigeants indifférents — ou complices ?
Il faut arrêter les faux discours. Ce qui se passe en Haïti n’est pas une simple crise agricole. C’est un abandon organisé.
Pendant que les autorités prononcent des discours vides, les marchés haïtiens sont envahis par des produits importés. Riz étranger. Poulet congelé. Œufs venus d’ailleurs. Tout est fait pour que le paysan haïtien perde. Tout est fait pour qu’il disparaisse.
Et ce n’est pas un hasard.
C’est le résultat de décisions politiques — ou d’absence de décisions — qui ont sacrifié l’agriculture nationale. Ouvrir le marché sans protéger les producteurs locaux. Négliger les infrastructures rurales. Ignorer les besoins des agriculteurs. Laisser les campagnes s’enfoncer dans la misère.
Appelons les choses par leur nom : c’est une faillite. Et cette faillite a des responsables.
Pendant que les dirigeants vivent loin des réalités rurales, ce sont les paysans qui paient le prix. Ce sont eux qui voient leurs récoltes invendues. Ce sont eux qui abandonnent leurs terres. Ce sont eux qui disparaissent, dans le silence.
Et avec eux, c’est une partie du pays qui disparaît.
Car un pays qui ne produit pas ce qu’il mange est un pays dépendant. Un pays fragile. Un pays exposé à toutes les crises. Cette dépendance n’est pas seulement économique — elle est politique, elle est stratégique, elle est humiliante.
Alors oui, il faut être clair : continuer à négliger l’agriculture, c’est trahir le pays.
Ce 1er mai ne devrait pas être une fête. Ce devrait être un acte d’accusation.
Accusation contre l’inaction.
Accusation contre les politiques aveugles.
Accusation contre ceux qui ont laissé le pays devenir un marché pour les autres, au lieu de construire une économie pour lui-même.
Le peuple haïtien mérite mieux. Les paysans méritent mieux.
Il ne suffit plus de promettre. Il ne suffit plus de parler.
Il faut des actes.
Des investissements réels.
Des politiques qui protègent la production nationale.
Des décisions qui redonnent aux agriculteurs leur dignité.
Et surtout, il faut rendre des comptes.
Parce qu’un pays ne meurt pas seulement de catastrophes naturelles.
Il peut aussi mourir de mauvaises décisions.
Et parfois, d’une indifférence coupable.
Aujourd’hui, dire la vérité est une nécessité.
Même si elle dérange.
Surtout si elle dérange.
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