EXCLUSIF / Jovenel Moïse, 5 ans après : Le sang d’un Président, le sursaut d’une Nation

EXCLUSIF / Jovenel Moïse, 5 ans après : Le sang d’un Président, le sursaut d’une Nation

Cinq ans après la nuit sanglante qui a coûté la vie au Président Jovenel Moïse et brisé les fondements de notre démocratie, le mystère et l’exigence de justice restent entiers. À l’occasion de ce cinquième anniversaire douloureux, l’ancien Premier ministre Evans Paul livre pour Le Tout au Pluriel Magazine un plaidoyer vibrant et sans concession. Une tribune exclusive qui dépasse les clivages politiques pour rappeler une urgence absolue : le droit sacré à la vie et le retour à l’ordre républicain. Lecture.

Par Evans PAUL
Ancien Premier ministre d’Haïti
Port-au-Prince, Haïti — Lundi 6 juillet 2026

I. La nuit où la République a vacillé

Le mercredi 7 juillet 2021 reste gravé
comme l’un des chapitres les plus sombres, les plus sanglants et les plus traumatisants de l’histoire contemporaine d’Haïti. Au cœur de la nuit, la demeure présidentielle est devenue le théâtre d’un crime d’État innommable. Le Président Jovenel Moïse a été lâchement assassiné dans l’exercice de ses fonctions, tandis que son épouse, la Première Dame Martine Moïse, survivait miraculeusement à ses graves blessures.

Ce n’était pas seulement un homme que l’on abattait, mais les symboles mêmes de la souveraineté nationale. Cinq ans plus tard, la blessure demeure béante. Le souvenir de cette nuit tragique continue de hanter la conscience collective, rappelant à quel point la ligne entre l’ordre institutionnel et le chaos est fragile.

II. Au-delà de la politique : Le caractère sacré de la vie

En ce cinquième anniversaire, l’heure n’est plus aux clivages partisans ni aux querelles de clocher. Au-delà des divergences d’opinions, des critiques ou des positionnements que chacun a pu exprimer sur l’action politique du défunt Président, une vérité universelle et absolue doit aujourd’hui sceller notre unité nationale : dans une démocratie digne de ce nom, aucun être humain ne mérite d’être assassiné.

Le respect inconditionnel de la vie humaine n’est pas une option négociable. Il constitue le socle inébranlable de l’État de droit. C’est la première condition, la pierre angulaire de toute société qui se prétend civilisée. Quand on tolère le sang d’un dirigeant, on condamne le peuple à l’insécurité éternelle.

III. L’impératif de justice face au silence des coupables

L’assassinat d’un Président de la République en fonction ne peut être réduit à un simple fait divers. C’est une agression frontale contre la Nation tout entière, un attentat caractérisé contre les institutions républicaines et un viol de l’ordre constitutionnel.

Cinq ans après le drame, le mystère, les zones d’ombre et l’impunité apparente continuent de susciter de légitimes et profondes interrogations, tant sur le plan national qu’international. Le peuple haïtien n’oublie pas. Il attend. Il exige que toute la vérité, sans fard ni compromission, soit établie. Justice doit être pleinement, totalement et fermement rendue. Sans justice, il n’y aura pas de paix durable.

IV. La violence politique : L’impasse d’une société en crise

Rendre un hommage digne au Président Jovenel Moïse, c’est lancer un avertissement solennel aux générations futures : la violence politique ne peut plus jamais, sous aucun prétexte, constituer un moyen de conquérir, d’exercer ou de contester le pouvoir. Le sang versé n’a jamais construit une route, une école ou un avenir.
La démocratie haïtienne ne pourra renaître de ses cendres et prospérer que si nous réapprenons le sens des mots sacrés :

* Respect rigoureux de la Constitution
* Solidité des institutions républicaines
* Impartialité de la justice
* Quête absolue de la paix
* Sanctuarisation de la dignité humaine

V. Un appel au sursaut national

En ce jour de commémoration et de deuil national, inclinons-nous avec le plus profond respect devant la mémoire du Président Jovenel Moïse. Que ce cinquième anniversaire ne soit pas une simple formalité du calendrier, mais le catalyseur d’un sursaut républicain.
Que cette mémoire renforce notre engagement collectif et indéfectible en faveur de la vérité. Unissons nos forces pour bâtir une République nouvelle, viscéralement attachée à la protection de chaque citoyen.

Car le droit de vivre n’est pas un vain mot ni un simple principe philosophique : il constitue la mission suprême de l’État, le premier devoir de la République et la condition sine qua non de notre survie en tant que peuple libre.

Par Evans PAUL
Ancien Premier ministre d’Haïti
Port-au-Prince, Haïti — Lundi 6 juillet 2026

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À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39