CE QUE JE PENSE UNE DATE MAUDITE DE L’HISTOIRE

CE QUE JE PENSE UNE DATE MAUDITE
DE L’HISTOIRE

Par Pierre Robert Auguste

Que la fièvre de la finale de la Coupe du monde de football, bouleversante et bouleversée, n’efface pas un moment l’une des dates les plus maudites de notre histoire : ce 19 juillet où, en 1915, nos turpitudes — alimentées par un goût effréné de la division et par des ambitions démesurées de pouvoir personnel et autocratique — ont fourni le prétexte aux Américains pour envahir et occuper le territoire national durant 19 ans ! Ce fut la première application de la théorie de l’insignifiance haïtienne, l’occasion recherchée et provoquée de montrer notre incapacité visible à nous gouverner nous-mêmes dans le sens du bien-être collectif et de l’intérêt général.

L’histoire, quand elle n’est pas rectifiée par une prise de conscience des tares humaines, tend à répéter les mêmes causes pour produire les mêmes effets.
La division atavique et la boulimie (paradoxalement anticonvulsive) de ceux qui s’agitent sur la scène politique — sans l’esprit ni la posture de l’homme d’État, et sans aucune représentation de la Majesté de l’État — justifient à nouveau, en ce XXIe siècle, l’insignifiance haïtienne. Celle-ci est portée avec encore plus d’arrogance par les Américains, tuteurs effrontés d’un gouvernement extralégal, pire que les gouvernements de Dartiguenave et de Borno sous l’occupation de 1915-1934.

Ces deux derniers s’étaient pourtant imposé une limite dans l’indécence. Celui de Alix Didier Fils-Aimé affiche une audace inouïe dans l’indécence immodérée, doublée d’une propension maladive à se plier aux diktats des Américains.
Sous l’administration de Trump, les Américains ne représentent plus un modèle politique enviable ou imitable.

Trump veut retourner en deçà de 1945,
à une époque où les relations internationales étaient dominées par la sauvagerie des puissances de la force. Pour nous, Haïtiens, Trump n’a aucun sens de l’amitié réelle entre les peuples.

Son intérêt personnel est sa seule amitié diplomatique ; la satisfaction de son ego et le monde des affaires dictent sa conduite. S’il en était autrement, il aurait dû se souvenir de notre contribution historique à l’indépendance américaine. Cela lui aurait évité de traquer, comme les Juifs sous Hitler, les immigrants haïtiens qui se retrouvent sur le sol des États-Unis parce qu’ils ont cru au respect des engagements internationaux de la première puissance mondiale.

Avant et après ce dernier match de la Coupe du monde, nous, Haïtiens, devons réfléchir à exorciser cette date du 19 juillet.

Nous devons nous résoudre à savoir désormais bien vivre ensemble et à gouverner dans le sens exclusif de l’intérêt général. Il s’agira, pour les citoyens, de s’élever à la dignité de leur personnalité universelle ; pour les dirigeants de partis politiques, de recouvrer la dimension statutaire d’une structure dont ils se réclament ; pour Alix Didier Fils-Aimé et ses collaborateurs, de sortir de l’ignominie de la honte historique en renonçant à aggraver, sous diktat, les maux de l’inacceptable contre un peuple qui a besoin de sécurité, de paix, de fraternité humaine, de solidarité sociale, d’une diplomatie internationale bienveillante et de bonnes conditions de travail.

On ne s’élève pas dans la soumission et la petitesse. On s’élève dans la magnanimité et dans les sacrifices pour le bien, le juste et le beau.

Tristement, Gonaïves, le 19 juillet 2026

Écrit par : Pierre Robert Auguste
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À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39