L’Affaire Thélyson Orélien : Quand l’extrême droite et les algorithmes s’attaquent à la littérature
Par Ekoungoun Alger Jean-Francis
Accusé de plagiat par un compte anonyme sur la base d’analyses d’une intelligence artificielle, l’écrivain haïtien Thélyson Orélien est au cœur d’une tempête numérique. Pourtant, rappelle le professionnel de la littérature Ekoungoun Alger Jean-Francis, la création artistique n’a jamais été une génération spontanée, mais une digestion sacrée des influences.
La cabale numérique visant l’écrivain haïtien Thélyson Orélien exige une mise au point rigoureuse. Accusé de plagiat par un compte anonyme sur la foi d’analyses algorithmiques, l’auteur a vu cette polémique promptement relayée par des proxys de l’extrême droite française, puis amplifiée par ses détracteurs habituels.
Face à cette inquisition technologique, il convient de ramener le débat à sa juste place : au cœur de l’histoire et des mécanismes de la création littéraire.
L’intertextualité, sève de la création
Pour nous, professionnels du livre et de la littérature, la création artistique n’existe jamais ex nihilo. Elle repose historiquement sur l’intertextualité
et sur le principe de « digestion » des influences. Il s’agit là de pratiques légitimes, nobles et séculaires. Écrire implique nécessairement de s’approprier les textes du passé pour nourrir, sculpter et faire éclater sa propre voix.
Le poète et essayiste français Paul Valéry a parfaitement théorisé ce concept dans son recueil *Tel quel*, à travers une métaphore culinaire devenue célèbre :
« Rien de plus original, rien de plus soi que de se nourrir des autres. Mais il faut les digérer. Le lion est fait de mouton assimilé.»
Une universalité créative sans distinction
La littérature a toujours été fondamentalement une affaire de métabolisme intellectuel et d’assimilation féconde. Le génie ne naît pas du vide, il s’enracine dans ce qu’il a lu, aimé et transformé.
Dès lors, il devient impératif de rappeler une vérité universelle : ce processus d’assimilation créative s’applique de la même manière à tout écrivain, qu’il soit Blanc ou Noir. La souveraineté de l’esprit et le droit à l’héritage littéraire n’ont pas de couleur.
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