HAÏTI / SÉCURITÉ
Déclaration d’Alix Didier Fils-Aimé sur les forces étrangères : entre pertinence apparente et suspicions légitimes
Par Harry Espoir Michel
Directeur de Le tout au pluriel magazine
PORT-AU-PRINCE – À la suite de la diffusion d’une vidéo par le président salvadorien Nayib Bukele, montrant le déploiement de militaires de son pays en Haïti, le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a fait une déclaration publique percutante : « La sécurité du pays ne peut pas dépendre des forces étrangères. »
Si, sur le fond, cette affirmation résonne comme une évidence souverainiste incontestable — la sécurité d’Haïti devant impérativement reposer sur ses propres institutions républicaines, à savoir la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les Forces d’Armées d’Haïti (FAD’H) —, elle soulève néanmoins de lourdes interrogations au sein de l’opinion publique.
Une rhétorique en contradiction avec la réalité du terrain ?
La position du chef du gouvernement suscite un profond scepticisme face aux dynamiques actuelles. Comment soutenir une telle posture alors que la présence d’acteurs internationaux reste omniprésente et encouragée ? Les interrogations fusent légitimement : les agents de la société privée d’Erik Prince ne représentent-ils pas des intérêts étrangers ? Les contingents kenyans ne constituent-ils pas, eux aussi, une force étrangère ?
Face à ce constat, le timing de cette sortie politique interpelle. Pourquoi Fils-Aimé choisit-il précisément ce moment pour avancer de tels arguments ?
Le bilan des forces nationales en question
Au-delà de la communication officielle, la question cruciale demeure celle des actes. Qu’a concrètement fait le Premier ministre pour renforcer les forces nationales afin de leur permettre de sécuriser efficacement le pays ?
Pour de nombreux observateurs, cette déclaration tardive revêt un caractère hautement suspect. Entre les discours de souveraineté et la dépendance factuelle aux interventions extérieures, la position d’Alix Didier Fils-Aimé semble en totale déconnexion avec les choix opérationnels sur le terrain.
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