L’universalité du mysticisme : Pourquoi Haïti n’a pas le monopole des forces occultes

L’universalité du mysticisme : Pourquoi Haïti n’a pas le monopole des forces occultes

Par Cyrus Sibert
Réseau Citadelle

DESDUNES, Haïti — Dans le débat permanent sur les croyances et les identités culturelles, une fâcheuse tendance consiste à isoler Haïti, en la pointant du doigt comme le seul sanctuaire des pratiques animistes ou mystiques. Pourtant, une analyse historique rigoureuse démontre que la quête du supraturel et l’usage de forces invisibles constituent un patrimoine mondial partagé par l’ensemble de l’humanité. En réalité, toutes les nations ont leur sorcellerie.

De l’Antiquité à nos jours, les expressions spirituelles et ésotériques ont jalonné l’évolution de chaque civilisation. Les Juifs explorent les profondeurs mystiques à travers la Kabbale, tandis que l’Europe a
vu naître et prospérer des courants aux rituels marqués comme la Franc-maçonnerie, les Illuminati ou la Rose-Croix. Si l’on remonte le fil du temps vers la Scandinavie, les divinités vikings comme Odin continuent de hanter les mémoires, tout comme les traditions des peuples germains et slaves reposent sur un solide fond païen, précédé par les cultes celtiques. Si l’on retourne aux sources de Rome ou de la Grèce, la mythologie de ces grandes civilisations est la preuve irréfutable que la sorcellerie a toujours existé.

Des druides de la Gaule ancienne aux chamanes des Amériques, l’appel à l’invisible est une constante anthropologique, au même titre que les vodouisants en Haïti. Cette réalité était d’ailleurs si ancrée en Europe, chez ces peuples qui se qualifient de civilisés, que le Vatican a dû instituer de redoutables tribunaux pour juger les sorciers et les sorcières dans le cadre de la grande campagne de l’Inquisition.

Il devient donc intellectuellement malhonnête de stigmatiser continuellement les Haïtiens comme le seul peuple à entretenir ces rituels. Notre pays n’a absolument pas le monopole des pratiques maléfiques, diaboliques ou sataniques. À l’instar de n’importe quelle société sur cette planète, la communauté haïtienne est pluraliste : elle se compose de chrétiens, d’athées, mais aussi d’individus qui pratiquent la magie et la sorcellerie.

Pire encore, notre époque contemporaine a vu émerger de nouvelles formes de dévotion bien plus destructrices que les spiritualités ancestrales. Aujourd’hui, l’argent, le pouvoir, la technologie, la guerre et le culte de la personnalité ont été érigés en religions modernes. Ces dynamiques contemporaines s’avèrent tout aussi démoniaques, diaboliques et infiniment plus dévastatrices pour l’humanité que le Vodou.

En fin de compte, toutes ces dérives ne sont que la manifestation de la folie de l’homme. En cherchant à s’affranchir de la volonté de Dieu, l’être humain tente de s’ériger lui-même en petit dieu, s’imaginant capable d’agir sur la nature et de manipuler ses semblables. Avant de pointer du doigt une culture particulière, le monde moderne ferait bien de regarder ses propres idoles.

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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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