AMÉRIQUE DU NORD Willy MARTIAL INGÉNIEUR EN SCIENCES DU DÉVELOPPEMENT.- INFORMATICIEN.- PROGRAMMEUR PC.- VÉRIFICATEUR.- CHERCHEUR EN DOCUMENTATION ÉLECTRONIQUES […] portable : (+509) 33216857 Le 16:50 10’ 21’’

AMÉRIQUE DU NORD

Willy MARTIAL INGÉNIEUR EN SCIENCES DU DÉVELOPPEMENT.- INFORMATICIEN.- PROGRAMMEUR PC.- VÉRIFICATEUR.- CHERCHEUR EN DOCUMENTATION ÉLECTRONIQUES […] portable : (+509) 33216857
Le 16:50 10’ 21’’

Amérique du Nord
Pressions politiques et sociales mettront le continent davantage à l’épreuve au cours des cinq prochaines années. Surtout si la mollesse de la croissance ne permet pas de générer suffisamment de prospérité. Des États-Unis à la République dominicaine, les économies sont dans des situations et des dynamiques très variées, mais tous les États rencontrent de plus en plus de difficultés à répondre à la demande croissante de stabilité économique et sociale de leurs populations quand les contraintes budgétaires et l’endettement limitent les marges de manœuvre. Les frustrations se multiplient partout car l’incertitude liée aux changements économiques et sociaux grandit tandis que la confiance dans les gouvernements diminue.
La santé de l’économie américaine donnera le tempo de la région étant donné sa taille et l’étroitesse de ses liens. La reprise après la crise financière de 2008 a été plus lente et difficile que lors des précédentes récessions. La plupart des prévisions annoncent une croissance modeste dans les années à venir et sans doute insuffisante pour entraîner l’ensemble de la zone. Les économistes sont cependant divisés sur la durée de la reprise. Se fondant sur des moyennes historiques, certains préviennent qu’après sept ans de croissance la récession est imminente, tandis que d’autres font remarquer que des périodes d’expansion ont été plus longues (jusqu’à dix ans) au cours des dernières décennies. Dès que la récession sera là, elle se propagera dans toute la zone en réduisant la demande américaine et les flux monétaires des migrants vers le Sud.

• Même dans un pays mieux diversifié comme le Mexique, ces flux en provenance des États-Unis représentent encore 2 % environ du PIB. Ils pèsent jusqu’à 20 % dans une économie comme celle d’Haïti.L’Amérique centrale serait particulièrement exposée, ces flux représentant 10 à 20 % du PIB du Guatemala, du Salvador, du Honduras et du Nicaragua.

• Un repli américain fermerait également davantage la soupape de sécurité traditionnelle des individus désespérés en quête de travail aux États-Unis. De même, la santé économique du pays affecte directement le rythme de croissance du Canada du fait de l’importance des échanges bilatéraux.

L’impact des réformes économiques et sociales du Mexique en serait également amoindri. Le président Peña Nieto a engagé la transformation de plusieurs secteurs clés (pétrole, communications, finance, éducation) pour améliorer la compétitivité du pays. Mais la croissance n’a pas encore vraiment décollé tandis que l’humeur populaire tourne aigre sur fond d’accusations de corruption, de violence endémique, de peso affaibli et de crises intérieures comme la disparition de 43 étudiants lors d’une manifestation à Mexico en 2014. Des réformes de fond, comme l’ouverture du secteur pétrolier à l’investissement étranger, peuvent mettre du temps à porter leurs fruits. Mais les manifestations pourraient prendre de l’ampleur si dans les années à venir les déceptions étaient plus visibles que les retombées positives.

• Aux élections présidentielles de 2018, Peña Nieto étant limité à un seul mandat, les électeurs pourraient donner leurs faveurs à une gauche encline à revenir sur les accords commerciaux et les réformes si celles-ci ne réduisent pas les inégalités flagrantes du pays.

• Enfin, le succès ou l’échec de ces réformes d’ampleur pourrait jouer sur l’empressement des pays voisins à prendre un semblable risque politique.

Le protectionnisme, s’il s’ancrait davantage, aux États-Unis et au Mexique notamment, remettrait en jeu l’avenir du commerce dans la région. La campagne américaine a mis en question l’avenir du Partenariat transpacifique (PTP), tandis que l’un des principaux candidats de gauche aux prochaines élections mexicaines a attribué les destructions d’emplois mexicains à l’ALENA. En revanche, l’Accord de libre-échange d’Amérique centrale (ALEAC) entre les États-Unis, l’Amérique centrale et la République dominicaine a suscité moins de polémiques du fait de son ambition plus modeste.

• L’opinion publique en matière de libre-échange varie beaucoup d’un bout à l’autre de la région. Les sondages montrent une grande inquiétude aux États-Unis (selon la manière dont la question est posée), tandis qu’une courte majorité de Mexicains soutiennent l’ALENA. C’est également le cas d’une grande majorité de Canadiens, bien que ceux-ci semblent moins convaincus par les avantages du PTP.

• Dans ce climat, une récession inciterait certains dirigeants politiques à durcir leur ligne commerciale afin de rassurer l’opinion, même si, selon la majorité des économistes, technologie et robotisation ont été et resteront des facteurs plus importants de destruction d’emplois et de stagnation des salaires.

La question migratoire et touristique dans les Caraïbes, l’Amérique centrale et au Mexique devrait peser davantage, même si les flux de travailleurs ont diminué depuis la crise financière de 2008 à cause de la récession, du contrôle renforcé aux frontières américaines, des meilleures perspectives d’emploi et des changements démographique au Mexique. Si le terrorisme flambe aux États-Unis et au Canada, les limitations à la circulation des personnes dues à de nouvelles restrictions aux frontières auraient des conséquences politiques, économiques et sociales.

• Les violents discours anti-immigration durant la campagne électorale américaine ont suscité des aigreurs au Mexique, qui pourraient se refléter dans le scrutin de 2018. De plus, en cas de restrictions aux frontières américaines, le pays risque de faire de même à ses frontières sud pour décourager ses voisins de tenter le passage.

• La propagation du virus Zika pourrait de son côté décourager le tourisme. Ce secteur représente 5 % du PIB des Caraïbes, 7 % environ de celui du Mexique et un nombre significatifs d’emplois dans les États américains méridionaux tels que la Floride.
Pour des raisons différentes, la violence et l’ordre social seront des préoccupations majeures dans plusieurs États de la zone. Le trafic de drogue en est l’un des vecteurs. La violence est particulièrement prégnante dans le nord de l’Amérique centrale où les gangs et le crime organisé ont sapé les structures de gouvernance de base.

• Les perspectives d’amélioration seront faibles tant que les États seront en incapacité de lutter contre le narcoterrorisme ou de fournir les biens communs que sont l’éducation, la santé, les infrastructures, l’égalité des genres et la primauté du droit.

• Le Salvador, le Guatemala et le Honduras comptent parmi les pays les plus violents au monde, en témoignent leurs taux élevés d’homicides de femmes. Ce phénomène a notamment contribué à l’émigration d’enfants isolés ces dernières années.

• Si l’économie et la gouvernance ont accompli des progrès notables dans certaines parties du Mexique, d’autres régions connaissent toujours pauvreté endémique, corruption et impunité qui entretiennent un niveau élevé de violence et de tension sociale.

• Un peu partout, des organisations civiques qui militent pour une meilleure gouvernance peuvent engendrer des tensions sociales par leurs révélations sur la corruption des élites et leur mauvaise gestion, comme cela a été le cas en août 2015 au Guatemala, où des manifestations géantes ont provoqué la chute du président et du vice- président. Comme au Honduras et au Mexique, la plupart de ces mobilisations sont pacifiques mais pourraient dégénérer si le mécontentement augmente ou que les pouvoirs publics usent de la manière forte pour les réprimer.

Profil géopolitique de la région pour les cinq ans à venir : les États-Unis à la loupe. Tous les regards seront rivés sur la nouvelle administration américaine, à l’affût du moindre changement dans l’exercice du leadership mondial des États-Unis. Les observateurs étrangers se demandent en effet si Washington a la volonté et les moyens de continuer à jouer son rôle dans les affaires du monde, compte tenu de son engagement prolongé en Afghanistan et en Irak, de l’extrême polarisation politique et d’une campagne électorale centrée sur les affaires intérieures.

• Si les déclarations sur le commerce ont attiré le plus d’attention, les alliés des États-Unis voudront également s’assurer que Washington honorera ses engagements en matière de sécurité en cas de mouvements agressifs de la part de la Chine et de la Russie ; ses adversaires évalueront leurs marges de manœuvres. La sécurité de la région pourrait devenir plus préoccupante si les tensions économiques et politiques dans des pays clés tels que Mexico ou Cuba déclenchaient des manifestations déstabilisantes conduisant à des changements de régime ou à des poussées migratoires.

Autres considérations. La canalisation des pressions populaires en faveur de changements politiques et économiques sera cruciale pour la région. Les nouveaux moyens de communication facilitent la pression citoyenne sur les élites, la mobilisation des initiatives non gouvernementales et la comparaison des performances respectives des États. Mais les réponses risquent de ne pas être à la hauteur des attentes.

• La capacité des médias sociaux et autres réseaux de mobilisation en ligne à entraîner des changements sociaux et politiques significatifs n’est pas avérée, ou, du moins, varie selon les pays. Les élites du Mexique et d’Amérique centrale, par exemple, sont beaucoup plus conscientes du risque posé par les inégalités flagrantes, mais de nombreux observateurs doutent de leur empressement à renoncer à leurs avantages pour engager des réformes en faveur de la concurrence, de l’éducation, des infrastructures et des prestations sociales.

• Parallèlement, de nombreuses ONG s’organisent pour exiger de meilleurs services publics, quitte parfois à les offrir elles-mêmes. Mais le déploiement de ces initiatives à l’échelle des défis à relever reste souvent difficile. De plus, l’action des pouvoirs publics locaux et nationaux présente de tels écarts d’un pays à l’autre que les expérimentations menées peuvent aussi bien mobiliser en faveur d’approches plus efficaces que souligner les risques posés par une gouvernance défaillante.

Dans ce contexte, les électeurs pourraient choisir des politiques davantage à leur image s’ils estiment que les partis et administrations traditionnelles ne répondent pas à leurs attentes. La diffusion des technologies de l’information a permis à des minorités ethniques de mettre en évidence des inégalités et injustices structurelles. Ce sujet sensible continuera sans doute de susciter des mouvements alternatifs ou d’opposition.

• Des citoyens dotés des compétences et ressources pour travailler ailleurs pourraient voter avec leurs pieds , accroissant la fuite des cerveaux au Mexique et en Amérique centrale à un moment où ces pays ont le plus besoin de talents pour muscler leurs économies et procédures politiques.

• Enfin, des citoyens mécontents pourraient vouloir manifester leur colère dans la rue s’ils estiment que leurs conditions de vie empirent sans perspective d’amélioration. Les électeurs pourront faire usage de leur bulletin de vote. La multiplication ces dernières années des manifestations de grande ampleur à travers le monde signale aux élites qu’elles ne devraient pas miser sur la résignation des peuples.

A. ADLER ET AL, 217 à 222 sur 359 P. Le 🌍 EN 2035…

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Willy MARTIAL INGÉNIEUR EN SCIENCES
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À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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