RENAN HÉDOUVILLE ET LA JEUNESSE HAÏTIENNE, LE FAUTEUIL OU LA RÉPUBLIQUE ?

RENAN HÉDOUVILLE ET LA JEUNESSE HAÏTIENNE, LE FAUTEUIL OU LA RÉPUBLIQUE ?

À tous ceux et toutes celles qui rêvent déjà du Palais Présidentiel, de la Primature, des Ministères, des Directions Générales, des Postes Diplomatiques, du Parlement, des Mairies ou toutes autres fonctions publiques, une question doit être posée avant de conquérir le fauteuil, êtes-vous venus servir Haïti ou vous servir d’Haïti ? Voilà le miroir que toute génération politique devrait regarder avant de demander au peuple haïtien sa confiance.

Une République épuisée par la pauvreté et la défiance n’a plus besoin de promesses en costume neuf. Elle a besoin de responsables capables de comprendre une vérité élémentaire, le fauteuil ne leur appartient jamais. Il leur est confié. Le pouvoir n’est pas un patrimoine. Il n’est pas une caisse personnelle décorée aux couleurs nationales. Il est une responsabilité envers ceux qui placent leur confiance dans l’État.

LA JEUNESSE NE DOIT PAS HÉRITER DES VIEILLES COMBINES

L’affaire entourant l’ancien Protecteur du citoyen, journaliste et défenseur des droits humains Renan HÉDOUVILLE, devrait provoquer autre chose qu’un énième feuilleton politique. Selon plusieurs médias haïtiens, le professeur aurait été interpellé par les autorités américaines en date du mercredi 26 août 2026 alors qu’il effectuait des démarches liées à sa situation migratoire au cours d’un entretien de demande d’asile. La presse haitienne a rapporté que son dossier faisait l’objet d »un avis de recherche émis en 2025 dans le cadre d’une enquête de l’Unité de lutte contre la corruption, l’ULCC.

En mai 2025, l’ULCC avait recommandé des poursuites à la suite d’une enquête sur sa gestion de l’Office de la protection du citoyen, pour des faits présumés de détournement de biens publics, d’abus de fonction, de passation illégale de marchés publics et d’entrave au bon fonctionnement de la justice. Selon les éléments rapportés à partir du dossier de l’ULCC, 17 voyages avaient été programmés entre 2022 et 2024 et 10 n’auraient pas été effectués, tandis que 16 591 900 gourdes auraient été décaissées. Gardons la lame froide, ces éléments relèvent d’une enquête et de recommandations de poursuites, pas d’une condamnation judiciaire.

Le sujet dépasse donc un homme. Il touche à la confiance placée dans tous ceux qui administrent l’argent public. Cet argent appartient à la collectivité. Le fameux « tout le monde le fait » n’est pas une excuse, c’est le carburant d’un système qui transforme la misère nationale en une opportunité privée.

LE FAUTEUIL PUBLIC N’EST PAS UNE LICENCE POUR PILLER LA RÉPUBLIQUE

À tous les jeunes de cette génération, méfiez-vous de cette école politique où l’on apprend le patriotisme avant la reddition de comptes. Ne remplacez pas les anciennes pratiques par les mêmes pratiques emballées dans des costumes neufs et des campagnes numériques plus brillantes. Changer les visages sans changer les mœurs n’est pas une révolution, c’est repeindre les murs d’une maison en flammes.

Pendant que les communicants vendent du patriotisme en haute définition, le peuple haïtien paie la facture en basse résolution. Chaque gourde publique mal utilisée a un visage, celui d’un enfant privé d’une chance, d’un malade sans soins de santé, d’une route qui attend ou d’un citoyen qui perd confiance dans la République. Le pouvoir n’est pas un butin et l’État n’est pas une entreprise familiale. Celui qui sollicite un mandat ou qui obtient une nomination doit accepter une règle simple, plus la puissance est grande, plus la reddition de comptes doit être implacable. Le véritable prestige est de quitter le pouvoir avec sa dignité intacte.

Tous les jeunes qui veulent briguer des postes électifs ou des fonctions étatiques doivent choisir leur héritage, reproduire les vieilles pratiques ou inaugurer une culture de probité. Haïti a besoin d’une génération d’hommes et de femmes qui serve l’État, assume ses décisions, publie ses comptes et accepte le contrôle citoyen. L’affaire Renan HÉDOUVILLE quelle que soit son issue judiciaire, doit devenir une alarme collective, et jamais un tribunal médiatique.

À la jeunesse qui veut conquérir le pouvoir, ne demandez pas ce que le fauteuil peut vous donner. Demandez ce que votre passage laissera au pays. Si les nouveaux venus reproduisent les anciennes pratiques, ils ne changeront pas Haïti, ils changeront seulement les noms sur les portes.

Écrit par :
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
27 Août 2026

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