….Haïti est aujourd’hui » le pays de la misère joyeuse » et les Haïtiens, un peuple de résignés. Les problèmes étant dévenus insolubles au niveau des familles nécéssiteuses et les gouvernements successifs n’ayant pas montré de volonté encore mouns de capacités à les résoudre, le peuple haitien perd toute confiance dans le pays et dans son gouvernement. Il est sceptique quant à la possibilité de réaliser le changement dans le sens de progrès social pour les plus faibles aussi.
Il est significatif que le désir d’émigrer soit aussi fort et si repandu en Haïti. « Peyi a pap chanje » exprime le decouragement paralysant et parce que la « mizè pa dous » les Haïtiens laissent le pays en quête d’une vie meilleure. Au début c’était les » Braseros » qui quittaient le pays (dans une demarche planifiée et forcée) pour « aller chercher la vie » à Cuba et en Republique Dominicaine dans les Champs de canne à sure (canna-amère).Plus tard, quand cette « opportunié » n’existe plus, ce sont les « Boat people » qui ont pris la relève , cette fois à destination du pays de l’oncle Sam, malgré la vigilance dissuasive des patrouilles américaines. La majorité d’entre eux ont fait naufrage ou, à la vérité, ont été noyés avant d’atteindre les côtes de la Floride. Jusqu’ici, c’était des gens mal aisés, la main d’oeuvre non qualifiée, qui quittaient le pays.
Dans la conjoncture actuelle, dans tous les esprits (ou presque) le pays est foutu. Et consequemment, aujourd’hui tout le monde cherche à foutre le camp. Hommes et femmes d’affaires ,cadres techniques et professionnels, étudiants, paysans, ouvriers, chômeurs, fuient le pays à toute allure et dans toutes les directions, l’abandonnant à un sort qui lui à été programmé sans doute depuis très longtemps déjà.
En même temps, on dénote dans la société globale, destabilisée par l’exode programmée et la pauvreté des masses, des tendances à prendre des Initiatives susceptibles de déchirer le tissus social et des signes inquietants de criminalité politique et de delinquance sociale: « semences de la violence délinquante en terre fertilisée par la pauvreté massive et deshumanisante ».
Sur le plan politique, la conjoncture est marquée par la massification improvisée propulsant directement au devant de la scène les masses populaires devenues disponibles mais non préparées comme aggravation de la crise structurelle de dépérissement de la société traditionnelle sans pouvoir lui substituer une société moderne en construction. Cette massification, légitime dans son principe, pour n’avoir pas été préparée aboutit aujourd’hui à un effondrement des services d’éducation, de santé, d’éléctricité, pour en rester là, sous la pression des besoins primaires non satisfaits, et la prolilifération anarchique des bidonvilles qui, dans la conjoncture actuelle, sont réputés être des » prêts à porter » de chimères incontrolables menacant constamment la société pour la porter par la peur à la collaboration opportuniste. Les armes massivement distribuées dans les quartiers populaires à des fanatiques et de jeunes « désoeuvré » achèvent de transformer la zone métropolitaine sinon le pays tout entier en une poudrière.
Haïti aujourd’hui est un pays pourri jusqu’aux os, sanctuaire pour les corrupteurs de tout acabit réfugiés dans les rangs des agences d’aide au développement ,les agences onusiennes, l’administration publique, le Parlement , la Primature, la Justice et le Palais National. Ces bandits insatiables associés à des vendeurs de patrie alimentent jour après jour pour le spectacle délirant du naufrage qui nous mine collectivement dans l’abime. …….
Extrait de « Haïti Le défi d’entrer dans la modernité.
Un Texte De
BAZIL R.J. Level
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