Technologie et vie. La perception par les individus de la nature même de la vie, ainsi que leurs façons d’aimer ou de détester, seront probablement modifiées par des avancées technologiques majeures visant à comprendre et manipuler l’anatomie humaine. Cela entraînera de fortes divisions entre les peuples, les pays et les régions. Ces développements éveilleront des débats entre et à l’intérieur des communautés religieuses, menant potentiellement à une séparation encore plus extrême entre le monde religieux et le monde laïc. Les pressions contradictoires pour préserver la vie privée d’un côté et la sécurité de l’autre auront des conséquences considérables sur la gouvernance, la compétitivité économique et la cohésion sociale. Les décisions clés en matière de technologies se feront toujours plus politiques et idéologiques.
• Améliorations humaines. Les technologies avancées dans la communication, la biologie, les sciences cognitives et la pharmacologie contribueront à brouiller davantage la frontière entre ce qui est naturel et ce qui relève des performances humaines avancées, y compris concernant des fonctions aussi fondamentales que la mémoire, la vision, l’audition, l’attention et la force physique. De nombreux individus recourront probablement à ce type d’améliorations techniques perçues comme indissociables de la réussite dans un monde toujours plus compétitif. D’autres résisteront pour des raisons morales ou éthiques, car ces améliorations sont « contre-nature » et inaccessibles aux plus pauvres. L’inégalité d’accès à ces technologies renforcera les divisions entre les populations favorisées et défavorisées.
• Génie génétique. Les experts de la santé prévoient que la recherche en biotechnologie débouchera sur des découvertes capitales pour la lutte contre le cancer ou d’autres maladies, mais les premières applications coûteuses et limitées de ces nouvelles méthodes provoqueront sans doute des débats houleux concernant l’accès aux soins si le recours à ces techniques brouille la frontière entre la vie et la mort. La biotechnologie va aussi dans le sens d’une médecine plus personnalisée, avec des approches adaptées à la biologie et à l’identité génétique de chaque individu, laissant espérer une transformation des diagnostics, des interventions et de la prévention. Encore une fois, l’accès des plus favorisés à ces technologies appliquées à des interventions non urgentes contrastera fortement avec la difficulté des pays en développement à contrôler des maladies pour lesquelles il existe des traitements connus. Enfin, les avancées en matière de manipulation génétique pourraient ouvrir la voie à des « bébés sur mesure », soit des embryons humains présentant un ensemble de caractéristiques présélectionnées selon des préférences sociales. Possibilité de nature à favoriser une vision ethniciste ainsi qu’une réflexion aux implications vertigineuses sur le caractère « idéal » de la personne.
• Décisions de fin de vie. Tandis que l’espérance de vie s’allonge, des millions de personnes à travers le monde atteindront l’âge de 80, 90 ou 100 ans et même plus. Aux États-Unis, une portion significative des dépenses de soin intervient dans les six derniers mois de vie. Dans les économies en développement ou émergentes, traiter un si grand nombre de citoyens seniors pourrait représenter une charge excessive pour les budgets personnels et publics ainsi que pour les systèmes de santé avec l’âge de départ en retraite et les pensions actuels.
• Les biotechnologies allongeant la durée de vie pourraient aussi être utilisées pour améliorer le confort de vie, réduire la douleur et prolonger les fonctions humaines fondamentales de façon à renforcer l’autonomie des individus et réduire la charge des soignants. Les logements et les équipements publics destinés aux personnes âgées seront modifiés pour intégrer des technologies réduisant les risques de chute et facilitant les tâches de la vie quotidienne. La tendance encourageant le soin à domicile offre davantage d’options aux personnes âgées qui choisissent de mourir chez elles plutôt qu’à l’hôpital.
• Partout dans le monde, on exigera des solutions plus humaines pour gérer la fin de vie et mourir, notamment des progrès dans les soins palliatifs qui atténuent la douleur et la souffrance des malades en phase terminale et leur offrent un soutien psychologique permettant de réduire l’angoisse et de mourir avec dignité.
• Vie privée et sécurité. Les appareils de surveillance et de détection devenant plus accessibles, répandus et intégrés, la ligne entre ce qui est possible techniquement et ce qui est légal ou socialement acceptable sera mise à l’épreuve. Les outils permettant de déterminer l’identité d’un individu ou de le localiser pourraient radicalement changer la façon de surveiller le travail ou les comportements criminels. Les algorithmes susceptibles de modéliser certains types de comportements pourraient être utilisés pour « prédire » les problèmes de santé, les activités criminelles, le potentiel éducatif ou les compétences professionnelles des individus.
• L’utilisation répandue des drones dans la vie civile modifie les limites de la vie privée et sera susceptible d’être exploitée par des groupes criminels, mettant en péril le sentiment de sécurité. Les États autoritaires pourront également se servir de ces technologies pour museler les libertés.
• La gouvernance mondiale des biens collectifs tels que la santé publique, l’eau, l’alimentation et autres ressources-clés remettra inévitablement en question les notions actuelles de vie privée, de contrôle et de pouvoir.
• Engagement politique. Les médias sociaux ont considérablement réduit les coûts de transaction de la mobilisation des populations, mais certains sociologues craignent que l’activisme virtuel ne remplace un engagement politique plus concret, à commencer par le vote, et dilue la qualité du processus politique. Pire encore, certains craignent que les nouvelles technologies ne fracturent et ne polarisent les populations : les médias sociaux, en particulier, font circuler l’information et les idées à travers des réseaux existants limités à des membres qui s’auto-sélectionnent, plutôt qu’à travers des médias plus traditionnels diffusant les idées à un large public. Cette dissémination et cette réception sélectives de sur divers sujets, et, grâce aux technologies d’intelligence artificielle, les programmes d’apprentissage individualisés et personnalisés se banaliseront.
• Genre. La démographie et les forces économiques feront probablement du rôle des femmes et des opportunités qui leur sont offertes une question plus saillante et plus sujette à controverse dans la plupart des pays. Les femmes seront de plus en plus impliquées dans le secteur formel, les postes à responsabilité des secteurs public et privé et la sécurité. La question des rôles féminins et masculins, et les attentes qui y sont associées, sera de plus en plus reconnue comme essentielle à la planification économique et à la sécurité. La tendance vers une plus grande égalité hommes-femmes se maintiendra – au moins pour la productivité économique – mais le progrès sera lent et accompagné de violence domestique et d’un recul dans certaines régions où l’émancipation féminine n’existe pas. Face à l’insécurité, certaines communautés reviendront probablement à des structures patriarcales.
• En Occident, il est probable que les entreprises réduisent les inégalités de salaires et d’opportunités entre hommes et femmes pour combattre le ralentissement de la productivité par l’intégration sociale. La visibilité grandissante des femmes dans les institutions sociales, gouvernementales et économiques à travers le monde offrira des modèles à suivre pour les communautés où les femmes ne sont pas représentées en dehors des rôles traditionnels de genre.
• La volonté accrue de réconcilier le travail productif et le travail reproductif ouvrira de nouvelles opportunités aux femmes, tout comme le mouvement vers une meilleure reconnaissance sociale et économique du travail de la mère au foyer. Ces développements influenceront et seront influencés par les institutions et les politiques publiques.
• L’amélioration des technologies et des infrastructures allégera le fardeau quotidien associé aux rôles traditionnels des femmes et leur donnera la liberté d’accéder au marché du travail et à l’éducation. Toutefois, les changements climatiques et les problèmes associés, tels que les épidémies, affecteront profondément les femmes, puisqu’elles sont traditionnellement considérées comme responsables du bien-être de la famille. Ce sera aussi l’effet des coupes budgétaires en matière de protection sociale qui forcent les personnes âgées ou d’autres groupes vulnérables à se reposer sur leur famille. La mise en œuvre par les États de programmes d’aide sociale et d’accès aux soins aura de fortes conséquences sur la participation ou non des femmes au marché du travail.
• Les normes religieuses ou culturelles limitant le rôle des femmes dans l’économie seront soumises à une double pression, celle des femmes cherchant de meilleures opportunités d’avancement social et celle du besoin économique d’élargir la main-d’œuvre pour augmenter la productivité. Les problèmes liés à la famille et au statut de ses membres – qui affectent directement les relations hommes-femmes – seront probablement sources de conflits sociaux.
ADLER , Alexandre et al
359 P.
Un Texte De
Willy MARTIAL INGÉNIEUR EN SCIENCES DU DÉVELOPPEMENT /CHERCHEUR EN DOCUMENTATION ÉLECTRONIQUES / INFORMATICIEN / PROGRAMMEUR PC/ VÉRIFICATEUR le 16-10-2023 à 18 h 57’14’’
PORTABLE :(+509) 33216857
TOUS DROITS RÉSERVÉS [email protected] téléphone 509 48438136.
LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE NOUS SOMMES VOS YEUX ET VOS OREILLES.
Le tout au pluriel Magazine Magazine socio-culturel