COINS D’HISTOIRE : Le jour où les États-Unis ont braqué les réserves
d’or d’Haïti
Par Suzette Blanchard
Port au Prince pluriel magazine
Une courtoisie de Culture Magazine
PORT-AU-PRINCE
Le 17 décembre 1914 reste gravé comme l’un des hold-ups financiers les plus violents commis contre l’État haïtien. Ce jour-là, des Marines américains pénètrent de force dans les coffres de la Banque Nationale de la République d’Haïti (BNRH). Ils y saisissent 500 000 dollars en or, une fortune escortée manu militari à bord du navire de guerre USS Machias pour être transférée directement vers la National City Bank à New York.
Une violation flagrante de
souveraineté
Pour justifier cet acte de piraterie moderne, Washington invoque l’instabilité politique à Port-au-Prince. Une excuse diplomatique rejetée par le gouvernement haïtien de l’époque, qui dénonce immédiatement un pillage arbitraire, une violation de la souveraineté nationale et un vol de fonds publics commis sans aucun consentement.
L’engrenage vers l’occupation
(1915-1934)
Pour les historiens, cet événement n’a rien d’un incident isolé. Il s’agit du prélude financier direct à l’occupation militaire américaine d’Haïti, qui débutera quelques mois plus tard, le 28 juillet 1915. Ce braquage d’État demeure, encore aujourd’hui, le symbole de l’asphyxie économique imposée au pays par les interventions étrangères.
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