CE QUE NOUS PENSONS## OÙ SONT LES VEILLEURS DE LA RÉPUBLIQUE ?
Par Pierre Robert Auguste
Les premières révoltes spectaculaires et déterminantes des esclaves ont été célébrées les 14 août dans des ambiances plus festives que commémoratives. Car, commémorer revient à tisser, renforcer les fidélités à des symboliques, des engagements de rompre d’avec les systèmes d’oppressions, de discriminations, d’esclavagismes, de colonialismes, d’ostracismes, de non-libertés.
On vit sous des gouvernements qui vendent au rabais les indépendances des pays. On a des occupants illégitimes des États qui se confortent dans des états jouissifs de sous-traiter les ordres publics, de catégoriser les citoyens entre ceux qui doivent voter certains temps et d’autres qui ne peuvent voter autant que cela concorde avec leurs bons plaisirs escomptés des pouvoirs permissifs, excentrés, protégés et garantis par des systèmes bizarres de cooptations internationales dont les pratiques jurent avec ce que leurs tenants diplomatiques croient devoir aboutir aux régimes de droit, les normalités constitutionnelles. Haïti devient les lieux exemplaires de toutes les bizarreries, de toutes les inepties, de toutes les paradoxes sans que cela ne gêne.
Comme dans ces logiques étourdissantes de mascarades, il faut des fleurons, on ne trouve mieux que des pirouettes de azizwels de vouloir faire coïncider des référendums sur des constitutions de lutins, sans noms ni contenus connus, et les choix des dirigeants, législatifs, exécutifs. Nous sommes tombés dans les républiques des merdes et des voyous.
Pourtant, les Républiques, les vraies, celles qui avaient été proclamées pour les libertés, les égalités, les fraternités contre les exclusions, les oppressions, les dictatures tiennent encore leurs survivances juridiques et mémorielles. Elles ont besoin d’être traduites dans les mœurs sociales, dans les réflexes des fraternités humaines. Des tâches nobles, héroïques,
patriotiques, qu’il revient aux veilleurs des Républiques d’assumer pleinement dans tous les périmètres des territoires. Comme des sectes innommables, non partisanes, ils doivent retrouver dans des affinités bien construites les pouvoirs secrets d’influer les marches des choses dans les sens des bonheurs de tous, de prévenir toutes les dérives, de rassembler les forces contre tout ce qui porte atteinte aux dignités de chacun, aux prestiges universels de tous sur les scènes internationales. Les heures de dire non à l’inacceptable ont sonné. Où sont les veilleurs des Républiques ?
Gonaïves le 18 août 2026
Pierre Robert Auguste
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