CE QUE JE PENSE
TRAHISON CONSTANTE
Par Pierre Robert Auguste
Ce n’est pas tout le 17 octobre de commémorer l’assassinat odieux en 1806 du père fondateur de la patrie. C’est d’entrer en nous-mêmes,de nous demander combien de fois nous avons, d’un 17 octobre à un autre , trahi sa mémoire, son héritage?
Nous trahisons la mémoire et l’héritage de Dessalines quand nous ne savons pas maintenir notre indépendance, quand pour pour le pouvoir, pour les faveurs matérielles, nous détruisons nos forces armées, nous vendons aux terroristes les armes et munitions destinées à la sécurité collective, quand, au lieu de bien traiter nos forces de sécurité nationale,les équiper, nous préférons transiger avec des blancs, soutirer de la caisse de l’État des millions de dollars américains à leur profit exclusif en échange d’un mirage sécuritaire .
Nous trahisons la mémoire et l’héritage de Dessalines quand nous renonçons aux efforts personnels, à la sueur de notre front, nous recherchons l’aide, toujours la dépendance pour mener à bien notre existence. Quand nous choisissons passionnément la dépendance et nous refusons et combattons la culture de l’autonomie.
Nous trahisons la mémoire et l’héritage de Dessalines quand nous nous gavons de préjugés stupides et sordides, nous n’assumons pas notre destinée biologique binaire,noire et jaune, nous nous louvoyons dans la discrimination sociale, épidermique, oubliant que la solidarité sociale, fille de la fraternité et de l’entroprie humaines ne garantit véritablement la paix que dans le partage du bien-être économique.
Nous trahisons la mémoire et l’héritage de Dessalines quand, sur la scène internationale, notre dignité de peuple s’échange contre des vétilles à la solde de la veulerie la plus basse, de l’inconscience historique, de l’insouciance irresponsable, de l’amoralisme prédateur. Une seule valeur prime: l’argent. Acquis dans le sang,par le feu, par les flammes, l’argent reste l’idéal suprême, la mesure de tout. Se sak fè jodia nou pa gen anko ni leta ni sosyete ni pati politik. Nous asasinen papa peyi a on lot fwa.
Aujourd’hui 17 octobre c’est le jour de célébration pour les traîtres,les fils des traîtres. Ceux qui ont livré les territoires aux gangs terroristes. Ceux qui troquent la souveraineté du pays contre le pouvoir malsain et les faveurs matérielles malpropres. Ceux qui s’adonnent au mal et spéculent sur la misère du peuple. Ceux qui ont tout et qui veulent que les autres n’aient rien. Ils ne sont pas haïtiens parce qu’ils ne sont pas dessaliniens, ils refusent d’être « indépendants par eux-mêmes ». Être haïtien c’est fier de son pays, de sa race,ne cultiver aucun sentiment d’infériorité;c’est s’assumer, savoir être autonome,;c’est travailler pour le progrès et le bonheur de ses semblables dont les tout premiers, les frères et sœurs haïtiens indistinctement
Gonaïves le 17 octobre 2026
Pierre Robert Auguste
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