ALIX DIDIER FILS-AIMÉ ET L’ULCC : LA RÉVOCATION DE HANS LUDWIG JOSEPH OUVRE UNE ÉPREUVE DE VÉRITÉ POUR L’ÉTAT HAÏTIEN….

ALIX DIDIER FILS-AIMÉ ET L’ULCC : LA RÉVOCATION DE HANS LUDWIG JOSEPH OUVRE UNE ÉPREUVE DE VÉRITÉ POUR L’ÉTAT HAÏTIEN….

Le jeudi 2 Juillet 2026, le Premier ministre de facto de Washington, Alix Didier FILS-AIMÉ, a révoqué en catimini Hans Ludwig JOSEPH de ses fonctions de Directeur Général de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC). Au-delà d’un changement de direction, cette décision soulève une interrogation fondamentale pour la Nation haïtienne, quel signal l’État envoie-t-il au moment où la lutte contre la corruption demeure au cœur des attentes de la société haïtienne ?

Quand on sait que ce même Alix Didier FILS-AIMÉ aura beaucoup de comptes à rendre à la Nation haïtienne sur sa gestion opaque et corrompue à la tête de la Primature ainsi que sur celle de ses alliés politiques.

L’ULCC : LE CAUCHEMAR DES PRÉDATEURS DES DENIERS PUBLICS

L’ULCC, sous la direction de Hans Ludwig JOSEPH, s’est imposée, ces dernières années, comme un véritable acteur central de la production de rapports d’enquête sérieux et documentés sur la gestion des fonds publics. Son rôle n’était pas de condamner, mais d’enquêter, de documenter les faits et, lorsqu’elle estimait les éléments suffisants, de recommander à la justice la mise en mouvement de l’action publique contre les corrompus et les corrupteurs.

Parmi les dossiers les plus médiatisés figure celui de la Banque Nationale de Crédit (BNC). Dans un rapport rendu public, l’ULCC a recommandé des poursuites contre les anciens conseillers-présidents Smith AUGUSTIN, Louis Gérald GILLES et Emmanuel VERTILAIRE. Ces recommandations ont donné lieu à des procédures judiciaires. Il appartient désormais exclusivement aux juridictions compétentes d’apprécier les faits et de statuer, chacun bénéficiant de la présomption d’innocence.

L’ULCC a également transmis à la justice un rapport concernant l’ancienne ministre de la Jeunesse, de l’Action civique et des Sports, Niola Lynn Sarah Devalis OCTAVIUS, à propos de la gestion des fonds publics destinés aux activités de la Bataille de Vertières du 18 novembre 2024 et de la Fête du Drapeau du 18 mai 2025, où plus de 50 millions de gourdes ont été volatilisés. Là encore, le rapport formule des recommandations ; la détermination d’éventuelles responsabilités relève de la justice.

À noter que seul l’ancien directeur général de la Télévision Nationale d’Haïti, Gamall Jules AUGUSTIN, a fait l’objet d’une procédure publique à la suite d’investigations menées par l’ULCC et les autorités judiciaires. Cette affaire a rappelé que les dossiers transmis par l’institution peuvent déboucher sur des actes judiciaires, même si nombre d’entre eux connaissent ensuite des délais importants.

L’ULCC a, par ailleurs, produit un rapport portant sur la déclaration de patrimoine de l’ancien président Michel Joseph MARTELLY et de plusieurs membres de son administration entre mai 2011 et février 2016. Ce rapport s’inscrit dans la mission légale de contrôle confiée à l’institution. Les suites judiciaires de ce dossier demeurent un sujet de débat public.

Quant à l’ancien Premier ministre Jean-Henry CÉANT, il a été cité dans un rapport de l’ULCC relatif à un dossier concernant l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), portant sur un détournement présumé de plus de 20 millions de gourdes. Il rejette les accusations formulées à son encontre. Par ailleurs, il a fait l’objet de sanctions annoncées par le gouvernement du Canada. Ces éléments appartiennent au domaine public, mais ne constituent pas, en eux-mêmes, une condamnation judiciaire définitive.

RÉVOQUER UN HOMME EST UNE DÉCISION ; ÉBRANLER LA CONFIANCE DANS UNE INSTITUTION EN EST UNE AUTRE

C’est précisément dans ce contexte que la révocation de Hans Ludwig JOSEPH prend une dimension qui dépasse la seule administration. Lorsqu’une institution chargée de produire des enquêtes sensibles connaît un changement de direction, la question n’est pas seulement celle des personnes. Elle est celle de la continuité de l’action publique.

Une démocratie se mesure aussi à la stabilité de ses institutions de contrôle. Les dirigeants passent ; les institutions demeurent. Leur crédibilité dépend de leur capacité à travailler avec indépendance, dans le respect de la loi, quelles que soient les alternances politiques.

Aujourd’hui, le véritable enjeu n’est pas de savoir qui occupe le bureau du Directeur général de l’ULCC. Il est de savoir si les enquêtes en cours, les rapports déjà transmis et les futurs dossiers continueront d’être traités avec la même rigueur, la même indépendance et le même respect des procédures.

La lutte contre la corruption ne se résume pas à une personnalité. Elle se mesure à la capacité de l’État à garantir que les institutions poursuivent leur mission sans interruption, sans pression indue et sans perte de confiance du public.

La révocation de Hans Ludwig JOSEPH ouvre donc une séquence politique majeure. Elle appelle désormais une réponse par les actes : le renforcement de l’État de droit, le respect de l’indépendance des institutions et la poursuite impartiale des procédures engagées. C’est à cette aune que sera jugée la crédibilité de l’action publique.

Néanmoins, il est trop tôt pour les partisans ou les dirigeants impliqués dans des actes de corruption de crier victoire. À noter que le système est quasiment à sa fin et que tous ceux et celles qui ont contribué au détournement des fonds publics destinés aux activités de la population auront leur sentence.

Écrit par :
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
3 Juillet 2026

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