Bénin : Depuis sa cellule en Afrique du Sud, l’activiste Kemi Seba lance un virulent réquisitoire contre le régime de Patrice Talon
L’activiste panafricaniste Kemi Seba, actuellement incarcéré en Afrique du Sud, a fait transmettre un message d’une rare véhémence à l’encontre des autorités béninoises. Transmis par le biais de ses conseils à son organisation, l’ONG Urgences Panafricanistes, ce texte cible directement le chef de l’État Patrice Talon et son ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni. L’opposant y dénonce une dérive autoritaire, une confiscation des ressources nationales et promet une fin de règne imminente.
Une dénonciation frontale de la dérive autoritaire et de la répression
Dans cette déclaration écrite depuis son lieu de détention, Kemi Seba accuse frontalement le duo exécutif de détruire les fondements démocratiques du Bénin. Selon lui, le pouvoir en place s’efforce d’annihiler toute forme de contestation politique et d’étouffer la liberté d’expression des citoyens.
* Musèlement de l’opposition : L’activiste affirme que toute opposition idéologique est désormais proscrite, contraignant les voix dissidentes à l’exil ou à l’emprisonnement.
* Surveillance numérique : Le message pointe du doigt une traque active sur les réseaux sociaux, visant à traquer et sanctionner les internautes béninois exprimant leur mécontentement.
* Crise démocratique : Kemi Seba fustige la nomination récente de sénateurs sans passer par des processus électoraux constitutionnels, qualifiant cette démarche d’outrage à la souveraineté populaire.
Accusations de captation des richesses
et de corruption
institutionnalisée
Au-delà des libertés publiques, le réquisitoire aborde la gestion économique et structurelle du pays. Kemi Seba accuse les dirigeants d’avoir privatisé les ressources stratégiques du Bénin au profit d’intérêts personnels, citant explicitement le secteur cotonnier, pilier de l’économie nationale.
Pour appuyer ses dires, l’activiste invoque le témoignage d’Essowé Batamoussi, ancien magistrat instructeur de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Ce dernier, aujourd’hui en exil, avait publiquement dénoncé les pressions politiques subies par le système judiciaire et l’état de corruption systémique qui paralyserait
les institutions de l’État.
Un avertissement clair face aux « exactions » du pouvoir
Le communiqué se conclut sur une note d’avertissement solennelle. Kemi Seba y affirme que les actions du gouvernement béninois ne resteront pas impunies et prédit un dénouement proche pour le régime en place, indépendamment des stratégies politiques qui seront déployées.
« La conclusion entre vous et nous est pour bientôt », prévient l’activiste, appelant ses opposants à la patience.
Cette sortie politique majeure, formulée depuis un contexte carcéral sud-africain, vient accentuer la tension persistante entre le leader panafricaniste et le gouvernement de Cotonou.
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