COINS HISTOIRE | Pourquoi le Traité d’Aranjuez de 1777 ne donne aucun droit sur le territoire haïtien
Le Traité d’Aranjuez de 1777 ne donne aucun droit à la République Dominicaine pour réclamer 35 % du territoire actuel d’Haïti, et aucun président ne peut s’emparer de ces terres sur cette base. Voici les faits historiques et juridiques incontestables qui l’expliquent.
1. Que dit réellement le traité de 1777 ?
Lorsque l’on examine le document historique original, ses dispositions sont strictement géographiques :
• L’article 1 fixe le point de départ de la frontière au nord, à l’embouchure de la Rivière Massacre, et le point final au sud, à l’embouchure de la Rivière Pedernales.
• L’article 2 donne la description géographique détaillée de la ligne frontalière de l’époque.
• L’article 6 exige que les bornes de délimitation restent fixes dans leurs positions respectives.
Le rappel historique essentiel : Ce traité a été signé entre deux puissances coloniales, la France et l’Espagne. Il ne s’agit pas d’un accord entre Haïti et la République Dominicaine, qui n’existaient pas encore en tant qu’États indépendants.
2. D’où vient cette rumeur des 35 % ?
À l’époque coloniale, les limites entre la partie française (Saint-Domingue) et la partie espagnole (Santo Domingo) ont souvent bougé. Les deux colonies se disputaient régulièrement des terres agricoles et des zones d’influence.
Cependant, des querelles ou des cartes coloniales obsolètes ne peuvent en aucun cas justifier la modification des frontières actuelles d’un État souverain. Pour qu’une telle réclamation de 35 % ait une valeur juridique aujourd’hui, il faudrait présenter :
• Des documents légaux contemporains justifiant la demande.
• Des cartes géographiques officielles validées et signées par les deux pays actuels.
• Un traité moderne autorisant explicitement un changement de frontières.
• Une base légale internationale reconnue.
Le texte de 1777 ne contient absolument aucun outil juridique de ce genre.
3. Le véritable traité de référence : L’accord de 1929
Pour trancher définitivement la question des frontières sur l’île, le document légal et moderne incontournable est le Traité de délimitation de la frontière haïtiano-dominicaine de 1929.
Caractéristiques Traité d’Aranjuez (1777) Traité de Délimitation (1929)
Signataires La France et l’Espagne Haïti et la République Dominicaine
Nature Accord entre deux puissances coloniales Accord entre deux nations indépendantes
Objectif Fixer les limites coloniales de l’époque Établir la frontière définitive entre deux républiques
Le traité de 1929 stipule clairement qu’il revient exclusivement aux deux républiques indépendantes (Haïti et la République Dominicaine) de fixer et de respecter la ligne frontalière qui sépare leurs territoires respectifs.
4. Un président peut-il décider unilatéralement d’annexer ces territoires ?
La réponse est non. Un dirigeant politique ne peut pas créer un droit territorial international par simple décret ou par ambition politique.
Le droit international moderne repose sur les principes stricts de la souveraineté des États et de l’intégrité territoriale. Aucun pays ne peut légalement annexer le territoire d’un autre par la force ou sur la base d’interprétations d’anciennes cartes coloniales.
ESQUINA DE LA HISTORIA | Por qué el Tratado de Aranjuez de 1777 no otorga ningún derecho sobre el territorio haitiano
El Tratado de Aranjuez de 1777 no otorga ningún derecho a la República Dominicana para reclamar el 35 % del territorio actual de Haití, ni permite que un presidente se apodere de estas tierras. A continuación se presentan los hechos históricos y jurídicos que lo demuestran.
1. ¿Qué dice realmente el tratado de 1777?
Al consultar el documento original, encontramos que sus disposiciones son estrictamente geográficas y limitadas:
• El artículo 1 fija el punto de partida de la frontera en el norte, en la desembocadura del Río Masacre, y el punto final en el sur, en la desembocadura del Río Pedernales.
• El artículo 2 ofrece la descripción geográfica detallada de la línea fronteriza de aquella época.
• El artículo 6 exige que los marcadores fronterizos permanezcan fijos en sus posiciones establecidas.
El recordatorio histórico clave: Este tratado fue firmado entre dos potencias coloniales, Francia y España. No es un acuerdo entre Haití y la República Dominicana, naciones que aún no existían como Estados independientes.
2. ¿De dónde surge la polémica del 35 %?
Durante la época colonial, los límites entre la parte francesa (Saint-Domingue) y la parte española (Santo Domingo) fluctuaron constantemente. Ambas colonias se disputaban frecuentemente tierras agrícolas y zonas de control.
Sin embargo, esto no significa que un país pueda apropiarse hoy en día de un porcentaje del territorio de otro Estado soberano basándose en mapas coloniales antiguos. Para que una reclamación del 35 % tenga validez jurídica actual, se requeriría presentar:
• Documentos legales vigentes que justifiquen dicha demanda.
• Mapas geográficos oficiales reconocidos y firmados por ambas partes de mutuo acuerdo.
• Un tratado moderno que autorice expresamente el cambio de fronteras.
• Un fundamento legal bajo el derecho internacional.
Hasta la fecha, el Tratado de Aranjuez no contiene ninguna cláusula que permita tal derecho.
3. El tratado de referencia definitivo: El acuerdo de 1929
El documento jurídico e internacional definitivo para regir las fronteras actuales es el Tratado de delimitación de la frontera haitiano-dominicana de 1929.
Características Tratado de Aranjuez (1777) Tratado de Delimitación (1929)
Signatarios Francia y España Haití y la República Dominicana
Naturaleza Acuerdo entre potencias coloniales Acuerdo entre dos países soberanos e independientes
Objetivo Fijar los límites coloniales de la época Establecer la línea fronteriza definitiva entre ambas repúblicas
El tratado de 1929 declara formalmente que corresponde única y exclusivamente a Haití y a la República Dominicana resolver de manera soberana las cuestiones fronterizas que separan sus territorios.
4. ¿Puede un presidente decidir unilateralmente tomar estos territorios?
No. Un presidente no puede crear un derecho territorial internacional simplemente por el hecho de ostentar el poder político.
Bajo los principios fundamentales del derecho internacional moderno, se exige el respeto absoluto a la soberanía y a la integridad territorial. Ningún país puede anexar legalmente el territorio de otro mediante el uso de la fuerza o justificándose en interpretaciones de la historia colonial.
Écrit par Harry Espoir Michel Journaliste Directeur Le tout au pluriel magazine.
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