Crise en Haïti : Vers une nouvelle forme d’occupation sous tutelle dominicaine ?
OPINION. Alors que le déploiement d’une force onusienne se précise pour avril 2026, Ulysse Jean Chenet, Coordonnateur Général du Mouvement POINT FINAL,
la sonnette d’alarme.
Entre perte de souveraineté et influence croissante de la République Dominicaine, il dépeint un tableau sombre de la diplomatie haïtienne.
Par Ulysse Jean Chenet
Coordonnateur Général du MOUVEMENT POINT FINAL
Le paysage sécuritaire et politique d’Haïti s’apprête à franchir un nouveau cap en avril 2026 avec l’arrivée annoncée d’une force onusienne. Cependant, derrière cette assistance internationale se cache une réalité plus amère : celle d’un pays qui semble avoir perdu les rênes de son propre destin.
Une souveraineté sous tutelle
L’un des constats les plus alarmants réside dans l’effacement des autorités nationales au profit du voisin dominicain. Aujourd’hui, force est de constater que la République Dominicaine s’est imposée comme l’interlocuteur privilégié de la communauté internationale concernant l’avenir d’Haïti.
Qu’il s’agisse de discussions stratégiques ou de contrats logistiques — comme celui lié aux soins médicaux des soldats kényans — tout semble se décider à Saint-Domingue, sans la présence ni l’aval des officiels haïtiens.
Sur l’échiquier mondial, Haïti est désormais perçue comme un « pays paria ». Le silence assourdissant du gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé face à la présence de navires de guerre américains dans nos eaux territoriales témoigne de l’impuissance, voire de
l’inexistence, d’un État capable de défendre son intégrité.
L’échec des interventions sécuritaires
Malgré les budgets colossaux alloués, les résultats sur le terrain sont invisibles. Les troupes kényanes, stationnées dans le pays, n’ont pas encore apporté de réponse concrète à la terreur imposée par les gangs. Parallèlement, l’opacité règne autour de la présence de mercenaires privés et de divers détachements étrangers agissant hors de tout contrôle national.
Cette multitude d’acteurs armés semble répondre à des intérêts extérieurs plutôt qu’à l’urgence de protéger la population haïtienne. Comme le dit le slammeur, Haïti est aujourd’hui un pays « vendu, foutu et pendu ».
2026 : Le spectre d’une mascarade électorale
Le déploiement prévu pour avril 2026 soulève une inquiétude majeure : celle d’une force destinée non pas à éradiquer l’insécurité, mais à garantir le maintien du statu quo. Il est à craindre que ces soldats étrangers ne servent qu’à sécuriser des « mascarades électorales », permettant à l’Occident et aux oligarques locaux de verrouiller le pouvoir pour les années à venir, pendant que les gangs armés continueront de paralyser la nation.
L’urgence d’un réveil national
Face à ce régime « fantôme » et à l’effondrement de notre diplomatie, l’issue ne peut être que nationale.
Le recouvrement de la souveraineté d’Haïti exige une révolution profonde. Le peuple haïtien, détenteur légitime du pouvoir, doit sortir de sa léthargie pour reprendre en main son histoire.
Il est temps de se demander : jusqu’à quand laisserons-nous les autres penser et décider à notre place ?
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Ulysse Jean Chenet
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