Débâcle haïtienne : L’élite économique pointée du doigt comme première responsable
PORT-AU-PRINCE – Dans une analyse sans concession, l’économiste Enomy Germain brise le discours traditionnel de la « responsabilité collective » de la crise haïtienne. Invité sur les ondes de Radio Vision 2000, l’expert a dressé une hiérarchie claire des coupables de l’échec national, plaçant le secteur des affaires en première ligne, juste devant la classe politique.
Revenant sur les récentes déclarations de l’homme d’affaires Richard Coles, Enomy Germain a durci le ton contre une partie de l’oligarchie locale. Selon lui, les torts ne sont pas partagés équitablement entre les citoyens. L’élite économique porte la charge principale d’un système à bout de souffle.
Des privilèges fiscaux sans retour sur investissement
L’économiste dénonce un capitalisme de connivence où l’État distribue les faveurs sans contrepartie :
* Franchises douanières massives accordées aux grands opérateurs.
* Exonérations fiscales répétées au détriment des caisses publiques.
* Absence d’investissements structurants en retour pour développer le pays.
« Ce secteur a su capter les ressources et tirer profit du système, sans jamais assumer ses responsabilités envers l’économie nationale », déplore-t-il en substance.
Le mirage du « manager » privé en politique
L’analyse d’Enomy Germain met également en lumière un paradoxe contemporain : la direction de l’État par un homme d’affaires, alors que le portefeuille des entreprises publiques est en faillite quasi-totale.
Cette situation démontre, selon l’expert, que le succès dans le secteur privé ou l’appartenance au monde des affaires ne garantit en rien une gestion publique efficace, ni l’obtention de résultats probants pour la collectivité.
Vers une refonte du contrat social
En inversant l’ordre des responsabilités et en plaçant l’élite financière avant l’élite politique, le chercheur pose un débat de fond. Son intervention appelle à :
1. Questionner le contrat implicite entre l’État haïtien et ses grands opérateurs.
2. Réviser d’urgence les mécanismes d’incitation fiscale qui ont jusqu’ici enrichi les intérêts privés au détriment du bien commun.
Par Rédaction Planet Press / Adaptation Le Tout au Pluriel Magazine
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