Décret électoral : Joseph Lambert s’oppose à l’exclusion des politiciens sanctionnés
Par Renold Charles
Jacmel, Haïti – Le Tout Au Pluriel Magazine
PORT-AU-PRINCE, mercredi 17 juin 2026 — Le débat sur l’application du décret électoral prend une tournure cruciale. Invité ce mercredi à l’émission « Impasse » sur les ondes de Radio Scoop FM, l’ancien sénateur Joseph Lambert a fermement contesté les analyses juridiques de Me Guerby Blaise. Ce dernier soutient que les anciens dirigeants politiques et les personnalités sous sanctions internationales pourraient être écartés de la prochaine course électorale, faute de pouvoir présenter une décharge et une attestation bancaire. Une lecture que l’ex-parlementaire rejette en bloc.
L’attestation bancaire : une obligation pour la BNC
Selon Me Guerby Blaise, le système bancaire pourrait bloquer les candidatures des figures politiques controversées ou sanctionnées en leur refusant l’accès aux pièces requises.
Pour Joseph Lambert, cet argument ne tient pas la route face au droit administratif. L’ancien président de l’Assemblée nationale a rappelé que la Banque Nationale de Crédit (BNC) est avant tout une institution de l’État. À ce titre, elle ne peut pas se soustraire à ses obligations légales. Selon lui, la BNC a le devoir de délivrer une attestation bancaire à tout citoyen qui en fait la demande, tant que ce dernier respecte les procédures administratives établies. Les sanctions ou le statut politique ne sauraient justifier un refus d’accès aux documents officiels.
Décharge et vide parlementaire :
« L’État existe encore »
L’autre grand obstacle soulevé par les analystes concerne l’obtention de la décharge pour les anciens gestionnaires de fonds publics, une procédure normalement validée par le Parlement, aujourd’hui dysfonctionnel.
Sur ce point, le « gourou » de Jacmel a sorti sa carte maîtresse. Il a rappelé l’existence d’un arrêté présidentiel adopté sous l’administration de Jovenel Moïse, spécialement conçu pour encadrer cette question en période de crise institutionnelle. Contre ceux qui brandissent le vide législatif comme une barrière infranchissable, l’ex-sénateur du Sud-Est a martelé une phrase forte :
« Même en l’absence de Parlement, l’État existe encore ». Pour lui, la continuité de l’État garantit la validité des mécanismes de substitution pour permettre aux citoyens de jouir de leurs droits politiques.
Par cette prise de position, Joseph Lambert se pose en défenseur de la participation politique inclusive et relance de plus belle le débat médico-légal qui entoure les prochaines joutes électorales en Haïti.
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