ÉDITORIAL
DES MONSTRES D’AMBITION ET DE CYNISME OU DES ENFANTS ?
Des enfants au pouvoir
Par Robert Malval
Publié le 7 septembre 2026 — Temps de lecture : 3 min.
Le constat : Face à l’effondrement sécuritaire et social qui ronge la nation, l’exécutif s’enferme dans une bulle de déni et de futilité. Entre la déconnexion de la ministre des Affaires étrangères et les élans puérils du chef du gouvernement, la gestion de l’État s’apparente désormais à un théâtre d’ombres où le pouvoir suprême n’est plus qu’un hochet politique.
L’immeuble abritant le ministère des Affaires étrangères, l’ancienne Tour Gala, est aujourd’hui une tour d’ivoire où s’enferme la ministre Forbin. Face à la tragique réalité de la lutte contre les gangs, elle persiste à opposer des contre-vérités, au mépris d’un monde où l’information est pourtant devenue instantanée. Loin d’être un accident isolé, cette déconnexion semble profondément enracinée dans sa nature.
L’organisation d’opérations fictives menées sur ordre du Premier ministre contre les gangs à Kenscoff — au lendemain du carnage perpétré par ces derniers dans la nuit du 23 au 24 août 2026 — démontre à quel point la ministre vit dans une bulle dorée. Son aveuglement n’est même pas dicté par une volonté délibérée de provoquer la population : il est simplement inspiré par la puérilité. Quant au chef du gouvernement, il exerce l’autorité au gré de ses pulsions, tel un enfant pour qui le pouvoir n’est qu’un jouet politique.
Un quotidien en sursis, un pouvoir
en apparat
Pendant que le sommet de l’État s’enlise dans la futilité, l’environnement national s’effondre :
Le secteur privé asphyxié : Les entreprises sont devenues les otages de gangs qui les rançonnent quotidiennement.
Une crise humanitaire négligée : Les déportés errent tels des troupeaux abandonnés en pleine nature.
L’angoisse des familles : À la veille de la rentrée scolaire, les parents d’élèves sont aux abois.
La terreur institutionnalisée :
La population s’enfonce dans la misère, tandis que les gangs annoncent ouvertement leurs opérations terroristes, sans la moindre crainte d’une riposte étatique.
Pendant ce temps, le Premier ministre, plus narcissique que jamais, ne se soucie que de fastes et de rituels. Qu’il s’agisse de recevoir les honneurs loin en avant du parterre de ses ministres, de faire afficher son portrait dans les administrations publiques — comme le rapporte la plateforme *Métronome* —, ou encore de faire débouler son cortège, toutes sirènes hurlantes, dans les rues encombrées, l’apparat prime ostensiblement sur l’urgence.
*« Au fond, comme chef de l’État, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un État ».*
— **Charles de Gaulle**, évoquant Albert Lebrun
La diplomatie du « selfie »
Mais le plus affligeant demeure cette carte maîtresse qu’il n’a jamais su abattre. Il est évident que la diligence avec laquelle les officiels de Washington tentent de consolider sa position ne s’explique que par l’absence de forces alternatives crédibles.
Au lieu de capitaliser sur cet atout stratégique lors de la visite du secrétaire d’État adjoint des États-Unis, Christopher Landau, en mai dernier, afin de négocier des avancées concrètes et à sa portée — telles que la reprise des vols sur Port-au-Prince —, le chef du gouvernement s’est contenté d’afficher un sourire béat sur un simple selfie. Son attitude rappelait celle d’enfants ravis entourant un Père Noël d’occasion dans l’allée d’un grand magasin en décembre.
Autre fait consternant : son ordre de riposte contre les terroristes est intervenu deux jours après la tragédie de Kenscoff, malgré les alertes explicites lancées bien en amont par le commissaire en charge du poste de police. A-t-il seulement mesuré à quel point sa posture a provoqué un fou rire teinté d’accablement au sein de la population ?
Le vide abyssal de la scène politique
La scène politique actuelle n’est plus qu’un théâtre d’ombres déserté par les idées, où s’agitent des illusionnistes de service. Aucune vision, aucune contre-proposition ne vient stimuler ni élever le débat. L’opposition, de son côté, s’enferme dans un silence complice, tandis que pour le gouvernement, la déclamation fait plus que jamais office d’action, dissimulant à peine son immobilisme chronique.
En repensant à la formule historique de Charles de Gaulle sur le dernier président de la Troisième République française, la question ne se pose plus. À l’évidence, nous nous trouvons aujourd’hui face à ce même vide abyssal.
Écrit par Robert Malval
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