ÉDITORIAL## HAÏTI : L’ILLUSION DES URNES SOUS LE RÈGNE DES GANGS – L’APPEL AU SOULÈVEMENT AUTONOME
Par Ayiti Koupe Fâche
Tribune libre / Politique & Société
En Haïti, la survie quotidienne n’est plus une simple épreuve ; elle est devenue un acte de résistance désespéré. Le peuple haïtien meurt à petit feu, broyé par un engrenage infernal de faim, de chômage, de misère noire et d’insécurité généralisée. Dans ce chaos planifié, la résilience a cessé d’être une vertu pour devenir le masque de la résignation. Pendant ce temps, une oligarchie rapace — une mafia transnationale de contrebandiers, de barons de la drogue et de chefs de gangs sanguinaires — s’engraisse sur le cadavre d’une nation exsangue, avec la complicité active d’un État totalement corrompu.
Aujourd’hui, deux forces prédatrices se partagent la dépouille d’Haïti. D’un côté, l’impérialisme occidental et ses valets locaux, ces dirigeants « sousous » qui exécutent aveuglément les ordres de leurs maîtres. De l’autre, les cartels de la drogue et les réseaux terroristes qui gèrent un pouvoir parallèle dans les zones qu’ils contrôlent par la terreur.
La farce électorale :
le piège de l’occupation déguisée
C’est dans ce contexte de démantèlement national que l’impérialisme — via le Core Group, l’OEA, l’Union européenne et la Caricom — prétend imposer des élections. « Aba eleksyon malatyong ! » (À bas les élections bidon !). Ce scrutin n’est pas une solution, c’est une imposture. Les véritables objectifs de cette communauté internationale sont clairs :
* Légitimer un État fantoche et de fait démembré.
* Imposer une nouvelle Constitution sur mesure pour contrôler plus facilement les institutions.
* Piller légalement les richesses du sous-sol haïtien.
* Contenir la crise pour empêcher de nouvelles vagues d’émigration vers leurs frontières.
* Réprimer les masses populaires pour étouffer tout soulèvement qui menacerait les intérêts des grands possédants.
Pendant ce temps, la classe politique traditionnelle se bouscule au portillon, prête à mendier des miettes de pouvoir. Ces élections ne résoudront rien. L’État haïtien a capitulé, perdant jusqu’au dernier vestige de sa souveraineté. Quiconque sera « élu » dans ces conditions ne sera que le chauffeur-gérant d’une occupation déguisée.
Comment parler de démocratie quand la sécurité des candidats et des électeurs est impossible à garantir ? Comment parler de vote quand l’enregistrement civil est au point mort ? Ce processus est une mascarade précipitée où 105 partis politiques de pacotille participent à un jeu truqué. Le terrain ne nous appartient pas, les règles sont biaisées, et l’arbitre est vendu.
L’échec historique de l’ingérence et
du populisme
L’insécurité grandissante n’est pas un accident de parcours : elle est financée et armée par les cartels pour maintenir le pays dans une déstabilisation permanente. Les interventions étrangères successives — qu’il s’agisse de la MINUHA, de la MINUSTAH ou des forces d’appui actuelles — ont toutes lamentablement échoué. Elles ont échoué parce qu’elles font partie du problème, non de la solution.
L’histoire récente d’Haïti est un cimetière de fausses promesses. Du massacre de Ruelle Vaillant en 1988 au coup d’État de 1991, de l’occupation de 1994 aux dérives opportunistes et populistes de Lavalas, jusqu’au trucage électoral de 2010 et aux 15 ans de pouvoir du PHTK qui ont achevé de déconstruire le pays… le constat est sans appel. Il n’y a rien à attendre des urnes de l’occupation.
Pour un État démocratique et populaire :
tracer notre propre voie
La solution ne viendra ni de la bourgeoisie, ni des politiciens corrompus, ni des puissances tutélaires. La solution réside exclusivement dans la construction d’une lutte autonome et d’organisations politiques populaires enracinées dans la classe travailleuse.
Le chemin sera long et difficile, mais il n’existe pas de raccourci. Nous devons bâtir le « Camp du Peuple » pour reconquérir notre souveraineté nationale et imposer un État au service de la majorité. Notre projet politique doit s’articuler autour des revendications fondamentales de la population :
* Un travail digne avec un salaire vital minimum.
* Une véritable réforme agraire pour soutenir les paysans et garantir la souveraineté alimentaire.
* La libération totale du territoire par une justice implacable contre les gangs criminels.
* L’accès universel aux services de base : une école publique gratuite, des soins de santé, l’assainissement, l’eau potable, l’électricité et des infrastructures routières sur tout le territoire.
Il est temps de cesser de courir après les mirages des politiciens « abolotcho ». Nous devons unifier nos forces, structurer nos mouvements autonomes et renverser la table.
Viv lit otonòm mas popilè yo ak travayè kòm potomitan !
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Viv yon mouvman demokratik nasyonal pwogresis !
Liberté ou la mort !
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