ÉDITORIAL
La Diplomatie du Déshonneur : Quand l’État Recycle ses Scandales
L’État haïtien ne se contente plus de l’indécence ; il l’érige désormais en doctrine diplomatique. Les récentes nominations d’ambassadeurs au Brésil et au Chili ne sont pas de simples erreurs de casting, elles sont un crachat à la figure de la nation.
Alors que le pays s’enfonce dans une crise morale sans précédent, l’exécutif choisit de récompenser l’ombre. Si le cas d’Harvel Jean-Baptiste au Brésil fait grincer des dents, la nomination de Smith Augustin au Chili est une véritable insulte à la justice. Comment un homme englué dans des accusations de corruption peut-il décemment porter le bicolore et parler au nom du peuple haïtien ?
Le message envoyé est clair et terrifiant :
la diplomatie haïtienne est devenue un dépotoir doré pour privilégiés en fuite. Nos ambassades ne sont plus des vitrines de souveraineté, mais des abris anti-atomiques pour politiciens controversés. En offrant l’immunité diplomatique à ceux qui devraient répondre de leurs actes devant les tribunaux, le pouvoir transforme nos chancelleries en cachettes de luxe.
Ce système de recyclage de l’impunité est une gangrène. En exportant ses suspects plutôt qu’en les jugeant, Haïti crie son propre déshonneur à la face du monde. On ne fait pas de la diplomatie avec des dossiers sales ; on ne construit pas le prestige d’une nation sur le dos de la corruption.
Aujourd’hui, la chancellerie n’est plus le bras armé de notre influence, elle est devenue le syndicat du crime organisé des élites. Jusqu’à quand laisserons-nous le sceau de la République servir de sauf-conduit à ceux qui nous pillent ?
Harry Espoir Michel
Journalistes Directeurs
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