Éditorial : Le Cri de la Terre, le Silence de l’État.
Par la Rédaction de Le Tout au Pluriel Magazine
Le constat est sans appel et l’image, déchirante : de Carrefour Odva jusqu’aux confins de nos côtes, la terre ne finit plus de mourir. Là où la vie devrait germer, il ne reste qu’une poussière aride. Aujourd’hui, nos paysans regardent le ciel avec désespoir et leurs outils avec amertume. Comment cultiver quand l’eau, source de toute vie, est devenue un souvenir lointain ?
Le drame qui se joue dans nos communes et les zones avoisinantes dépasse la simple crise agricole ; c’est une faillite morale et politique. Face à cette sécheresse qui asphyxie l’économie rurale, l’État brille par son absence. Ce mutisme et cette passivité soulèvent une question brutale : l’État haïtien a-t-il officiellement démissionné de ses responsabilités ?
Se croiser les bras devant une population qui meurt de faim et une terre qui s’éteint n’est pas seulement de l’incompétence, c’est un abandon prémédité. Entre l’indifférence des autorités et les réseaux mafieux qui paralysent le progrès, le paysan haïtien se retrouve seul face à son destin.
À Carrefour Odva comme ailleurs, le peuple attend plus que des promesses de circonstances. Il attend de l’eau, des infrastructures et, surtout, le sentiment d’avoir encore un gouvernement. Car si l’État reste « les bras croisés » comme si de rien n’était, c’est l’avenir même de notre souveraineté alimentaire qui finira, lui aussi, par s’assécher définitivement.
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