ÉDITORIAL Un malheur pour une vraie solution

ÉDITORIAL
Un malheur pour une vraie solution

Par Harry Espoir Michel
Journaliste & Directeur de Le tout au pluriel magazine

Publié le 22 octobre 2026

Et si la disparition et l’enlèvement des quatre citoyens salvadoriens devenaient enfin l’élément déclencheur d’un sursaut global contre la faillite morale de nos dirigeants ? Cet événement tragique pourrait, et devrait, forcer la main à une certaine communauté internationale. Trop souvent passive, voire perçue comme complice des « gangs à cravate » et de leurs relais sur le terrain, cette diplomatie de l’inertie doit sortir de sa torpeur. Il est temps d’agir sans concession contre tous ces malfrats, à commencer par ceux qui tirent les ficelles depuis les hautes sphères du pouvoir.

La complicité et l’irresponsabilité de la classe politique haïtienne

Car il faut avoir le courage de nommer le cœur du problème : l’effondrement sécuritaire d’Haïti est avant tout le produit de l’irresponsabilité criminelle, de la complicité passive et du cynisme de la classe politique haïtienne. Pendant que nos politiciens se complaisent dans des guerres de pouvoir stériles, des partages de gâteaux indécents et des alliances de couloirs avec le crime organisé, le pays brûle.

Face à l’horreur, la fermeté affichée par le président salvadorien, Nayib Bukele, et le durcissement de son discours face aux gangs sont pleinement compréhensibles.

C’est là l’attitude d’un chef d’État responsable, soucieux de la vie et de la sécurité de ses concitoyens. Tout le contraire de nos élites politiques locales, caractérisées par leur lâcheté et leur démission face à leurs devoirs régaliens les plus élémentaires. Nous n’en disconvenons pas : toutes les vies humaines se valent et méritent d’être défendues avec la même vigueur.

Le cri de détresse des territoires oubliés

C’est pourquoi une question brûlante et révoltante nous taraude : pourquoi observe-t-on cette désinvolture totale, cette impunité garantie et cette inaction programmée de l’État lorsqu’il s’agit de mettre ces hordes de bandits hors d’état de nuire ? Des populations innocentes de communautés entières — que ce soit à Kenscoff, Carrefour, Gressier, ou à travers toute la vallée de l’Artibonite à Ti Bwadòm, Savien, La Croix Péris, Liancourt, Petite-Rivière de l’Artibonite et Marchand-Dessalines — subissent des exactions quotidiennes qui percent le cœur et crèvent les yeux.

Elles sont abandonnées sous le regard indifférent, sinon complice, de dirigeants qui ont déserté leurs responsabilités. Pourquoi le sang doit-il couler pour que l’État feigne de se réveiller, et ce, uniquement sous la pression étrangère ?

Pour une offensive globale et sans compromis

Puisque toutes les vies comptent, nous voulons croire que les démonstrations de force actuelles pour retrouver les Salvadoriens ne seront pas un énième écran de fumée pour satisfaire la diplomatie extérieure au détriment des Haïtiens. Ces opérations doivent se poursuivre, s’intensifier et se généraliser sur tout le territoire national. L’objectif
final doit être clair et sans compromis :

éradiquer tous les bandits — ceux des rues comme ceux des salons feutrés de
la politique —, restaurer la liberté pleine et entière de circuler, et garantir le retour immédiat et sécurisé des milliers de déplacés dans leurs foyers.

Le peuple n’attend plus rien de la rhétorique creuse de ses politiciens ; il exige des comptes et de la sécurité. À Le tout au pluriel magazine, nous continuerons à dénoncer leurs manquements et à exiger justice. Parce que face à vos détresses et à vos espoirs, nous sommes vos yeux et vos oreilles.

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À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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