ÉLECTIONS 2026 : LE POUVOIR A-T-IL DÉJÀ UN PRIX ? LES JEUNES HAÏTIENS PEUVENT-ILS ENCORE RÊVER DE DEVENIR PRÉSIDENTS, SÉNATEURS OU DÉPUTÉS ?

ÉLECTIONS 2026 : LE POUVOIR A-T-IL DÉJÀ UN PRIX ? LES JEUNES HAÏTIENS PEUVENT-ILS ENCORE RÊVER DE DEVENIR PRÉSIDENTS, SÉNATEURS OU DÉPUTÉS ?

Par Jod Fednel Honorat

HAÏTI — Ils sont jeunes, ambitieux et déterminés à participer à la construction de leur pays. Certains rêvent de devenir députés, d’autres sénateurs, tandis que quelques-uns portent déjà l’ambition suprême : diriger Haïti.
Mais à l’approche des prochaines élections, une question s’impose avec une certaine brutalité : faut-il désormais avoir beaucoup d’argent pour avoir une chance d’accéder au pouvoir ?

Pour une grande partie de la jeunesse haïtienne, la politique représente pourtant un espace de service public, de changement et d’engagement. Mais entre le rêve et la réalité électorale, le fossé peut être immense.

Une candidature ne se limite pas à déposer un dossier. Il faut se faire connaître, rencontrer les électeurs, organiser des activités, communiquer, mobiliser des équipes et maintenir une présence sur le terrain. Tout cela coûte de l’argent.

Et c’est précisément là que le rêve de nombreux jeunes risque de se heurter à la réalité économique.
LE POUVOIR EST-IL EN TRAIN DE DEVENIR UNE AFFAIRE DE MOYENS FINANCIERS ?

La question mérite d’être posée, surtout lorsque des jeunes disposant de compétences, d’idées et d’une réelle volonté de servir se retrouvent face à des candidats bénéficiant de réseaux financiers beaucoup plus importants.

Dans ce contexte, le risque est évident : voir la compétition politique favoriser davantage la capacité financière que la capacité à gouverner.
Pourtant, un jeune peut ne pas être riche et avoir une vision. Il peut ne pas posséder de grandes ressources et pourtant connaître profondément les problèmes de sa communauté.

Dans le Nord-Ouest, comme dans plusieurs autres départements du pays, cette nouvelle génération observe déjà la préparation du processus électoral. Beaucoup se demandent s’ils pourront réellement prendre part à la compétition dans des conditions équitables.
La question n’est donc pas de savoir si les jeunes doivent entrer en politique.

Ils doivent y entrer.
La vraie question est de savoir si le système leur permettra de concourir sans que l’argent devienne la principale condition d’accès à la compétition.

UNE ÉLECTION POUR CHOISIR DES LEADERS, PAS SEULEMENT DES PORTEFEUILLES
Une démocratie saine devrait permettre à l’électeur de comparer les programmes, les compétences, l’intégrité et la vision des candidats.

Mais si les moyens financiers deviennent le principal moteur d’une campagne, le débat démocratique risque de perdre son sens.

Les prochaines élections représentent donc un moment important pour Haïti, mais aussi pour sa jeunesse.

Elles permettront peut-être de mesurer la place réellement accordée à cette génération qui veut prendre les commandes du pays.
Car derrière chaque jeune qui rêve de devenir président, sénateur ou député, il y a une question plus profonde : Haïti veut-elle réellement renouveler sa classe politique ?

Si oui, il faudra permettre à cette jeunesse de franchir les portes du pouvoir avec ses idées, ses compétences et sa vision — et pas uniquement avec l’argent qu’elle peut réunir.

À l’approche des élections, le débat est lancé.

Le pouvoir doit-il être réservé à ceux qui peuvent payer le prix de la politique, ou doit-il rester accessible à tous ceux qui ont quelque chose à apporter à la nation ?
La réponse appartiendra finalement aux électeurs.

Mais une chose est certaine : si la jeunesse haïtienne ne peut pas rêver du pouvoir sans être riche, alors le problème dépasse les jeunes. C’est toute la démocratie qui doit s’interroger.

Jod fednel Honorat directeur commercial Nord-Ouest le tout au pluriel magazine

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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39