Fanm se Lavi : Au-delà du Mythe du « Poto Mitan »

Fanm se Lavi : Au-delà du Mythe du « Poto Mitan »

Par Marcel Poinsard Mondésir
8 Mars 2026

Aujourd’hui, 8 mars, le monde célèbre la Journée internationale des droits des femmes. En Haïti, les discours officiels fleurissent, parés de l’éternelle métaphore de la femme « Poto mitan ». Mais derrière cette poésie de circonstance, quelle est la réalité ? Ce que nous constatons, c’est un gouffre béant entre l’encensement verbal et la précarité structurelle des citoyennes.

L’Hypocrisie du « Poto Mitan »
Pourquoi notre société persiste-t-elle à opprimer celles qu’elle prétend honorer ? Qualifier la femme de « pilier » de la nation tout en la laissant porter seule le poids de la misère, de l’insécurité et du manque d’accès aux services de base est une forme d’hypocrisie sociale. Le dos des femmes haïtiennes est courbé sous le poids de demain, mais la société semble tout faire pour briser cette colonne vertébrale.

Un État Défaillant, des Droits Bafoués
Quels droits les femmes ont-elles réellement en Haïti ? Si la Constitution et les conventions internationales garantissent l’égalité, la pratique raconte une autre histoire. Où sont les politiques publiques concrètes pour l’évolution des filles ? Le constat est amer : l’absence d’investissement dans l’éducation spécialisée, la santé reproductive et l’autonomie économique maintient la majorité des femmes dans une dépendance forcée.

L’Ombre de la Violence : Un Cri dans le Silence
Il n’est pas mensonger de dire qu’en ces temps troubles, les femmes et les fillettes sont les premières cibles. Le viol, le « gadejak » et l’inceste sont devenus des armes de terreur et des maux domestiques que la justice peine à réprimer. Comment la justice traite-t-elle ces crimes ? Par l’indifférence ou l’impunité. Les dossiers de vol, d’humiliation et d’agressions physiques s’entassent dans des tiroirs poussiéreux, laissant les victimes sans réparation ni protection.

La Femme : Entre Marchandisation et Résistance
Nous observons avec effroi que le corps de la femme est devenu un produit marketing, une marchandise surexposée sur les réseaux sociaux. Cette objectification renforce la misogynie ambiante. Face à cela, les organisations féministes luttent pied à pied, mais le défi est immense : il ne s’agit pas seulement de revendiquer, mais de transformer une culture ancrée dans l’exclusion.

Pour une Révolution du Regard
Pour que l’espoir ne soit plus un rêve et que la vie s’épanouisse, nous devons changer notre logiciel social. La femme ne peut plus être un simple objet social — une entité que l’on utilise ou que l’on célèbre une fois l’an. Elle doit devenir un véritable sujet social, participant pleinement et à égalité avec l’homme à la construction de la cité.
Il est temps de mettre fin à la misogynie systémique.

Femme, source de Vie !
Femme, porteuse de Vie !
Femme, gestionnaire de Vie !
Femme, tu es notre Vie !
Fanm se Lavi !

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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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