Haïti, 35 ans après le coup d’État : Sommes-nous condamnés ?
Par Marcel Poinsard Mondésir —
30 septembre 2026
Trente-cinq ans après le coup d’État sanglant du 30 septembre 1991, une question douloureuse mais incontournable s’impose : ne sommes-nous pas, en réalité, toujours embourbés dans les dynamiques destructrices de cet événement ? Force est de constater que la régression d’Haïti a atteint une vitesse vertigineuse. Ce déclin, global et systémique, s’exprime aujourd’hui dans toutes les sphères de la vie nationale.
Au regard de notre sombre réalité, les objectifs des fossoyeurs de la République semblent atteints : réduire le pays à un état d’ingouvernabilité générale et asphyxier la population jusqu’à l’os.
Une stratégie de terreur et de démantèlement
Le processus d’élimination des forces de progrès et des noyaux de résistance, initié au lendemain de ce coup de force exécuté par les néo-duvaliéristes sur ordre de leur maître yankee, s’est poursuivi sous diverses formes au fil des ans. Conjugué à la paupérisation planifiée des classes moyennes et des couches populaires, ce démantèlement a plongé la nation dans une léthargie profonde.
En s’accaparant tous les instruments du pouvoir et en instaurant avec arrogance une terreur sans limite, les prédateurs de la patrie ont réussi à annihiler les forces capables de résister à leur démesure. Cette peur généralisée paralyse le corps social, rendant toute bataille pour la refondation nationale particulièrement complexe et difficile.
Des perspectives sombres et un horizon bloqué
L’avenir immédiat sous la gouvernance actuelle s’annonce extrêmement sombre. Les élections, fixées pour le 13 décembre 2026, progressent à pas de tortue, tandis que l’insécurité criminelle gagne en puissance à chaque période.
La dernière attaque des bandits armés à Gros-Morne témoigne cruellement de l’incapacité des forces de l’ordre et de la Mission multinationale (FRG) à garantir la sécurité de la population. Trente-cinq ans plus tard, Haïti se retrouve plate à terre.
L’obligation historique d’un sursaut national
Face à ce gouffre, deux questions fondamentales doivent guider notre conscience :
* Comment agir pour faire peuple ?
* À ce stade de notre histoire, quel est notre rêve collectif ?
Rien n’est une fatalité. À l’image des ancêtres de 1804, le peuple haïtien se trouve aujourd’hui devant l’obligation historique de briser la résignation et de réinventer, une nouvelle fois, sa liberté.
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