Haïti face à l’abîme : La « décennie des disettes » et l’horizon incertain de 2026
Par MPM | 18 mars 2026
Le constat est sans appel, presque chirurgical dans sa cruauté. À mesure que l’échéance électorale d’août 2026 approche, Haïti ne traverse pas
seulement une crise :
elle s’enfonce dans une forme de dénuement
pluridimensionnel que l’on pourrait qualifier de « disette généralisée ». Un diagnostic glaçant que même les plus fervents défenseurs du statu quo, ou les profiteurs les plus notoires du système, peinent désormais à contester.
Une nation en état de carence multiple
Ce qui frappe aujourd’hui, c’est l’omniprésence du vide. Haïti souffre d’une disette économique qui étrangle les foyers, doublée d’une disette sécuritaire qui paralyse tout mouvement et tout espoir de normalité. Mais au-
delà du matériel, c’est une érosion plus profonde qui inquiète :
Disette intellectuelle et éducative : Une fuite des cerveaux et un système scolaire en lambeaux.
Disette sanitaire : Un accès aux soins devenu un luxe inaccessible.
Disette morale et politique : Une perte de repères éthiques qui fragilise les fondements mêmes de la nation.
De la gouvernance aux loisirs, le pays semble avoir été vidé de sa substance, laissant la population dans une attente anxieuse.
Le mirage électoral d’août 2026
À cinq mois de la date fixée pour les élections, le scepticisme domine. Si les « maîtres du pouvoir » — ces capteurs de ressources qui maintiennent le pays sous coupe réglée — brandissent le calendrier du mois d’août 2026, l’authenticité de leur démarche interroge.
Il semblerait que nous soyons en présence d’un théâtre d’ombres. Alors que le Conseil Électoral Provisoire (CEP) devrait être le rempart de la démocratie, il se retrouve au cœur de manœuvres sordides. Certains observateurs dénoncent déjà des tentatives de déstabilisation de l’institution électorale par ceux-là mêmes qui l’ont mise en place.
Le triomphe de Machiavel
Dans ce contexte, la politique haïtienne semble avoir troqué le sens du bien commun pour les préceptes les plus cyniques de Machiavel. Les stratégies de survie au pouvoir l’emportent sur l’organisation réelle d’un scrutin honnête. Faire « sauter le CEP » ou manipuler les échéances fait partie d’un arsenal de manœuvres visant à perpétuer un système de prédation.
Pour le peuple haïtien, le défi n’est plus seulement de voter, mais de survivre à ces disettes successives qui, mises bout à bout, menacent d’asphyxie le corps social tout entier. L’échéance de 2026 sera-t-elle le point de rupture ou le début d’une improbable renaissance ? Le pays, lui, attend toujours un signe de rupture avec cette politique du pire.
Par MPM | 18 mars 2026
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