HAÏTI : FACE AU DÉCLIN POLITIQUE, LE CHOIX DE L’HISTOIRE ET DE LA REFONDATION
Par Jean L. Théagène
Pour Le Tout au Pluriel Magazine
« Nous sommes vos yeux et vos oreilles »
Dans l’Haïti d’aujourd’hui, qui semble parfois gagnée par une forme de folie collective, une conviction profonde demeure essentielle : le choix absolu du dialogue. Même lorsqu’il s’avère vif, même quand l’échange se fait animé et l’argumentation ardente, le débat d’idées doit impérativement l’emporter sur l’insulte, qui demeure toujours une mauvaise conseillère. La parole donnée revêt un caractère sacré. Tenir ses engagements, faire ce que l’on dit, dire ce qu’on fait, et honorer les mots sans jamais en prostituer l’usage constituent les piliers intangibles d’une action publique intègre. De guerre lasse, mais portés par l’authenticité d’un engagement politique véritable, les citoyens doivent aujourd’hui apporter leur part de vérité.Pourtant, le citoyen haïtien fait face à des interrogations à leur comble lorsque les décisions cruciales pour l’avenir de la nation semblent se prendre ailleurs pour ensuite s’imposer localement. Il convient de rappeler une vérité géopolitique fondamentale : partout sur la planète, la démocratie est d’abord nationale et ne saurait être supranationale.Le mirage démocratique face aux dérives autoritairesLoin de jouer les Cassandre, il convient d’envisager l’histoire à la lumière des dynamiques analysées par Marx et Hegel. Nous assistons au combat historique entre des modèles idéologiques rivaux pour l’avènement d’un consensus mondial autour d’un idéal démocratique. Cet idéal doit cependant être propre à chaque pays, d’autant plus qu’aucune institution internationale d’envergure n’admet aujourd’hui de régime autre que la démocratie comme fondement légitime d’une gouvernance juste.Le prestige de la démocratie libérale moderne est tel que les régimes autoritaires potentiels se voient tous contraints de simuler des processus électoraux et de manipuler les médias pour fabriquer une apparence de légitimité. Si le totalitarisme a virtuellement disparu, les pouvoirs autoritaires contemporains se doivent de rendre hommage à la démocratie en prétendant être eux-mêmes démocrates.L’exigence d’un retour à l’État de droitCette crise globale reflète en réalité une insatisfaction profonde de la population vis-à-vis de l’autoritarisme et de l’arbitraire du pouvoir. Elle nourrit également la nostalgie évidente d’une époque où le pouvoir exécutif acceptait de se soumettre strictement aux limites fixées par la loi.Il existe un désir authentique de retour à des régimes politiques plus équilibrés, au sein desquels l’autorité s’exerce de manière prévisible, transparente et constitutionnelle. Face à l’effondrement des structures actuelles, le constat s’impose avec force :
À SITUATIONS NOUVELLES, RÈGLES NOUVELLES !
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