HAÏTI-INSÉCURITÉ/ÉDITORIAL/PNH: Entre espoir et prudence face aux annonces du Chef du gouvernement
Face à l’insécurité galopante imposée par les gangs armés, les policiers de la Police Nationale d’Haïti (PNH) continuent de démontrer un courage exemplaire pour offrir aux citoyens un souffle d’espoir. Conscient des sacrifices énormes consentis par ces forces de l’ordre, le gouvernement haïtien a récemment annoncé des mesures financières visant à améliorer leurs conditions de vie et de travail.
Lors d’une conférence de presse le jeudi 12 décembre dernier, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a ordonné au ministre des Finances, Alfred Métellus, d’augmenter de 100 % les fonds alloués sur les cartes prépayées des policiers, tout en accordant une hausse de 50 % des salaires pour le personnel administratif. Une initiative rendue possible grâce aux recettes fiscales et douanières collectées par l’Administration Générale des Douanes (AGD) et la Direction Générale des Impôts (DGI).
Des annonces positives, mais insuffisantes face aux défis;
Si ces mesures financières sont accueillies favorablement, elles ne résolvent pas les problèmes majeurs auxquels la PNH est confrontée.
Outre les équipements modernes réclamés pour mener efficacement la lutte contre les gangs armés, les policiers font face à une réalité encore plus alarmante: l’absence d’infrastructures médicales adaptées pour les soigner lorsqu’ils sont blessés dans l’exercice de leurs fonctions.
Un exemple récent illustre cette tragédie inacceptable.
L’agent de police Dorcé Scudery des forces spécialisées SWAT a perdu la vie après avoir reçu une balle à la jambe lors d’un affrontement avec la coalition des gangs armés “Viv Ansanm” dans la commune de Gressier.
Une blessure qui, dans un pays doté d’un système de santé fonctionnel, aurait pu être soignée. Malheureusement, faute d’hôpitaux adéquats et de prise en charge médicale rapide, cet agent est mort dans l’indifférence la plus totale.
Combien d’autres policiers doivent encore périr ainsi avant que des actions concrètes ne soient entreprises?
Les policiers, qui risquent chaque jour leur vie pour protéger les citoyens, méritent des soins de santé dignes de ce nom. Ils ont besoin:
1. D’hôpitaux spécialisés pour la prise en charge des blessés lors des affrontements;
2. D’un personnel médical qualifié capable d’intervenir rapidement sur le terrain;
3. D’un système de santé efficace pour garantir leur survie et leur rétablissement.
Les promesses doivent se traduire en actions concrètes;
Il est impératif que ces nouvelles mesures financières ne soient pas de simples paroles en l’air.
Le gouvernement doit aller plus loin en prenant des décisions urgentes pour renforcer la capacité opérationnelle des policiers et assurer leur bien-être physique.
Car chaque retard, chaque hésitation a des conséquences dramatiques pour ces hommes et femmes en première ligne.
Un message clair au gouvernement;
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et son équipe doivent comprendre que les policiers ne demandent pas la lune.
Ils réclament des moyens pour protéger la population et des infrastructures pour protéger leur propre vie. Sans cela, comment pourront-ils mener la guerre contre les gangs armés qui continuent de semer la terreur dans le pays?
L’heure est à l’action.
Les belles annonces ne suffisent plus.
Chaque policier blessé qui succombe par faute de soins est un échec collectif, un drame évitable qui ternit encore davantage l’image de l’état.
Un hommage aux policiers, un appel au changement;
Nous saluons la bravoure et l’engagement des policiers haïtiens qui, malgré tout, continuent de se battre pour une Haïti meilleure.
Mais nous rappelons au gouvernement que la sécurité des policiers passe aussi par leur santé.
Les héros de la nation ne doivent plus mourir d’une simple blessure, faute de soins.
Les policiers se battent pour nous.
Battons-nous pour eux.
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