Haïti/Le mythe de l’expérience en politique : pourquoi le service public doit s’ouvrir à de nouveaux visages

Haïti/Le mythe de l’expérience en politique : pourquoi le service public doit s’ouvrir à
de nouveaux visages

L’expérience politique préalable est-elle le seul gage d’une gouvernance réussie ? Alors que le renouvellement des élites devient une urgence démocratique, Me Schnider A. Exantus, Ph.D., déconstruit les idées reçues et démontre que le service public ne doit pas être le monopole d’une caste.

À la lumière de la philosophie de John Dewey, il plaide pour une réhabilitation de la compétence, de l’engagement civique
et de l’apprentissage par l’action. Une réflexion percutante sur la véritable légitimité de ceux qui nous dirigent.

Certaines idées reçues persistent au sujet de la politique et de l’accès au service public. Selon une opinion largement répandue, il serait indispensable de disposer d’une expérience préalable pour gouverner la société ou participer au processus politique. Pourtant, si cette condition était réellement incontournable, le renouvellement de la fonction publique serait tout simplement impossible, puisque toute expérience doit nécessairement débuter un jour.

Le service public constitue un devoir pour tout citoyen porteur d’une vision transformatrice, capable de faire progresser la société dans l’intérêt collectif. L’accès à la vie publique ne devrait donc pas être le privilège exclusif de personnes ayant déjà exercé des responsabilités politiques ou administratives. Il n’est pas nécessaire de posséder un long passé institutionnel pour entrer au service de la collectivité, à condition de disposer des qualités, des connaissances et de la détermination requises pour apprendre, agir avec responsabilité et répondre efficacement aux besoins de la population.

Au-delà de l’ancienneté : la pertinence des propositions

La véritable question consiste plutôt à déterminer qui formule les propositions les plus pertinentes et qui est le mieux placé pour agir en faveur de la société. L’ancienneté ou l’expérience passée ne suffisent pas, à elles seules, à garantir la qualité d’une action publique. Il convient également d’évaluer la capacité d’une personne à comprendre les problèmes collectifs, à élaborer des solutions réalistes et à mettre en œuvre des politiques conformes à l’intérêt général.
Pour transformer et développer durablement la société, deux critères fondamentaux doivent impérativement se conjuguer :

* La compétence technique et stratégique : Elle regroupe la capacité d’analyser les enjeux sociaux et économiques, la maîtrise de la prise de décision, la rigueur de gestion ainsi que l’aptitude à collaborer avec les citoyens et les institutions.

L’engagement civique authentique :
Il s’agit d’une volonté réelle de s’investir sans réserve pour améliorer concrètement les conditions de vie de la population.

La compétence dépourvue d’engagement civique risque de rester purement théorique, tandis que la bonne volonté sans capacité d’action demeure insuffisante.

L’éclairage de John Dewey : l’expérience par l’action

Dans cette perspective, la conception de l’apprentissage civique défendue par le philosophe John Dewey est particulièrement éclairante. Dans ses réflexions axées sur la démocratie et l’éducation, Dewey soutenait que la capacité civique et les connaissances se développent grâce à une expérience sociale active et concrète, ainsi qu’à la résolution de problèmes réels.

Les aptitudes politiques et administratives ne résultent pas principalement d’une assimilation passive de notions abstraites ou d’un simple héritage institutionnel. C’est par la participation, le dialogue, la confrontation aux difficultés collectives et la recherche collaborative de solutions que l’individu renforce progressivement son jugement et son sens des responsabilités.

Le service public comme espace d’apprentissage continu

Par conséquent, l’expérience préalable ne devrait plus être érigée en condition absolue d’accès aux responsabilités. Si elle demeure utile, elle peut parfaitement être acquise de manière progressive au cours de l’exercice des fonctions, notamment grâce à la formation continue, à la collaboration avec des cadres chevronnés et au contact direct avec les réalités du terrain.

En définitive, ce qui importe avant tout, c’est la pertinence des idées, la compétence à les mettre en œuvre et la volonté sincère de servir la société et ses concitoyens.

Écrit par :
Me Schnider A. Exantus, Ph.D.
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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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