Haïti : Le retour des fossoyeurs de l’État sous la bannière du « Nou Pare »

PORT-AU-PRINCE – En Haïti, l’impunité
sert de tremplin politique. Le déploiement agressif des nouvelles structures NOUPAREH et ARN, orchestré par Léon Ronsard St-Cyr — pièce maîtresse et ancien ministre de l’administration de Michel Martelly —, ne relève pas d’une simple ambition électorale. Il s’agit d’une tentative cynique de blanchiment politique. Alors que les rues se saturent du slogan « Nou Pare », une question s’impose : cette équipe est-elle prête à servir le pays, ou est-elle simplement prête à piller ce qu’il reste des caisses publiques, forte d’une expertise passée dans le détournement de fonds ?
L’ombre des milliards évaporés :
Du PetroCaribe à la CIRH
Le retour en scène des lieutenants du PHTK et de ses satellites réveille les pires démons de la gabegie financière haïtienne. Parler de Léon Ronsard St-Cyr et du clan Martelly sans évoquer les grands scandales financiers de la décennie écoulée relève de la complicité journalistique :
* Le casse du siècle (PetroCaribe) : Près de 3,8 milliards de dollars vénézuéliens, censés financer des infrastructures, des hôpitaux et des écoles, se sont volatilisés sous les administrations successives, laissant la population dans le dénuement le plus total.
* Le mirage de la CIRH : Des milliards de dollars de l’aide internationale post-séisme gérés dans l’opacité la plus totale, sans aucune retombée tangible pour la reconstruction nationale.
* Le gaspillage érigé en système : Des projets fantômes, des surfacturations systématiques et une dilapidation des ressources de l’État qui ont asphyxié l’économie nationale.
Narco-corruption et complicités criminelles
Au-delà du vol des deniers publics, c’est le spectre de la narco-corruption qui plane sur ce prétendu « renouveau politique ». Les observateurs les plus critiques rappellent que la déliquescence actuelle des institutions haïtiennes est le produit direct d’années de collusion entre de hauts dignitaires politiques et des réseaux criminels. L’argent de la drogue et de la contrebande douanière a trop souvent financé les campagnes électorales passées. En cherchant à reprendre le contrôle du Parlement, cette ancienne équipe cherche avant tout à s’offrir un bouclier juridique : une immunité parlementaire pour échapper aux poursuites nationales et internationales.
« Nou Pare » : Prêts à recommencer ?
La débauche de moyens financiers
injectés dans la campagne « Nou Pare » (Nous sommes prêts) choque une population exsangue. Comment un mouvement politique peut-il afficher une telle opulence logistique dans un pays en faillite humanitaire ? La réponse est évidente pour les analystes : les fonds proviennent du trésor accumulé lors des années de pouvoir sans contrôle.
Le véritable enjeu des prochaines élections ne sera pas de choisir des dirigeants, mais de rejeter un système mafieux. Le peuple haïtien acceptera-t-il que les artisans du pillage de PetroCaribe reviennent s’asseoir sur les bancs du Parlement pour parachever la destruction de l’État ?
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Écrit par Harry Espoir Michel Journaliste
Via
le site de Satellite509.
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