Haïti : L’illusion électorale face à l’urgence sécuritaire, la chronique d’un chaos annoncé

Haïti : L’illusion électorale face à l’urgence sécuritaire, la chronique d’un chaos annoncé

Par Marcel Poinsard Mondésir
4 septembre 2026

La crise haïtienne traverse une phase critique où les priorités nationales semblent dangereusement inversées. Alors que les fondations mêmes de la République s’effondrent sous les assauts de la criminalité organisée, la classe politique s’obstine à privilégier l’agenda électoral au détriment de la sécurité humaine et territoriale. Cette trajectoire pose une question fondamentale : peut-on rebâtir une démocratie sur les cendres d’un État failli ?

L’expansion territoriale des gangs : une menace imminente

La réalité du terrain est dictée par une équation mathématique implacable et destructrice :

« Pi gwo zam, plis bandi, plis espas = plis pouvwa. »

Cette dynamique d’accumulation de puissance par les groupes armés ne cesse de s’accélérer. Les rumeurs persistantes et les signaux d’alerte actuels indiquent que les réseaux criminels s’apprêtent à étendre leur contrôle et à lancer des offensives majeures sur des zones stratégiques jusqu’ici relativement préservées, notamment Léogâne
et le Cap-Haïtien. Cette expansion planifiée vise à asphyxier définitivement le pays et à consolider un pouvoir de fait face à des institutions publiques impuissantes.

La mascarade électorale et le pacte
du statu quo

Parallèlement à cette agonie sécuritaire, les tractations politiques en coulisses se poursuivent dans une indifférence totale face à la détresse de la population. Il est clair qu’une entente de façade entre « copains coquins » est en train de se nouer pour forcer la tenue de scrutins.

Le pouvoir en place, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) et les leaders politiques s’attèlent à trouver des passerelles juridiques opportunistes. L’objectif est à peine voilé : manipuler, ajuster ou amender le décret électoral à des fins partisanes. Organiser des élections dans un tel contexte de corruption institutionnelle ne résoudra rien. Au contraire, les résultats qui en découleront ne feront que légitimer l’illégitimité et engendreront une crise politique encore plus aiguë et violente que celle que nous connaissons actuellement.

Un crime intergénérationnel :
les funérailles de la Républiques

Concevoir et imposer des élections dans les conditions actuelles relève d’une irresponsabilité historique. En agissant ainsi, les décideurs programment consciemment le sacrifice de la génération à venir, condamnée à hériter d’un pays structurellement dévasté et d’un système politique mafieux.

Il est temps de sonner l’alarme avec la plus grande fermeté : **tout scrutin organisé dans les conditions actuelles de sécurité, c’est tout bonnement chanter les funérailles de la République.

La priorité absolue doit être la restauration de l’autorité de l’État, le contrôle du territoire et la neutralisation des gangs armés. Toute autre démarche n’est qu’une illusion démocratique qui précipitera Haïti vers un point de non-retour.

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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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