Haïti : L’inflation des partis politiques, un frein à la stabilité démocratique ?

Haïti : L’inflation des partis politiques,
un frein à la stabilité démocratique ?

Par Harry Espoir Michel
Journaliste & Directeur de
« Le Tout au Pluriel »

PORT-AU-PRINCE – Alors que les moteurs de la machine électorale commencent à vrombir pour les joutes prévues le 30 août prochain, un chiffre donne le tournis : 320 partis politiques sont officiellement enregistrés. Plus qu’une simple statistique, ce record soulève une question fondamentale : la politique en Haïti est-elle devenue un service public ou un simple fonds de commerce ?

La politique : le nouveau « business » national

Il ne s’agit pas ici d’un pléonasme, mais d’un constat amer. En Haïti, la scène politique semble être devenue l’eldorado de « criminels à cravate ». Cette prolifération de structures n’est pas le signe d’une vitalité démocratique, mais plutôt celui d’une fragmentation inquiétante. Quand l’espace politique est envahi de la sorte, l’intérêt national s’efface souvent derrière des ambitions mercantiles.

Un cycle de crises sans fin
Avec 320 acteurs sur la ligne de départ, le chaos semble déjà programmé. L’histoire nous a appris qu’en Haïti, la multiplication des candidats conduit inévitablement à un cocktail explosif : élections contestées, manifestations violentes et instabilité chronique.

Si le peuple haïtien ne se mobilise pas pour exiger une structure cohérente et mettre de l’ordre dans ce désordre organisé, le pays restera enchaîné à ses problèmes. Organiser des élections (des ASEC/CASEC aux présidentielles) avec une telle multitude de sigles est un défi logistique et politique qui frise l’impossible.

Comparaison n’est pas raison, mais elle instruit

Pour comprendre l’absurdité de notre situation, jetons un coup d’œil à nos voisins et partenaires :
République Dominicaine : 42 partis politiques.

États-Unis : 2 grands partis dominants (parmi une cinquantaine de petites structures).

Canada : Environ 20 partis enregistrés.
Face à ces modèles, Haïti et ses 320 partis font figure d’exception mondiale. Est-ce vraiment ainsi que l’on construit une nation ? Trop de partis politiques tuent la politique.

Il est temps de se demander si nous voulons réellement bâtir un pays ou si nous continuons à entretenir une foire électorale où le gagnant est rarement le peuple.

La transition vers une démocratie réelle passera nécessairement par un assainissement drastique de notre espace politique.

Le tout au pluriel magazine nous sommes vos yeux et vos oreilles.

About Harrys Michel

Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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