Haïti-Politique: UN SOMMET SANS VISION, UN PAYS SANS PROTECTION
Ils ont catégoriquement refusé d’anticiper ce qui était évident : les chefs de gangs pourraient un jour perdre le contrôle de leurs petits soldats.
Aujourd’hui, la population fait face à une menace incessante, diffuse, imprévisible une menace provenant non plus uniquement des chefs de gangs connus, mais d’une génération de soldats qui, eux aussi, aspirent à vivre comme leurs chefs, avec le même train de vie, les mêmes privilèges, la même impunité.
Ainsi, la société se retrouve prise au piège d’un système où des bandes armées, disséminées partout, agissent de manière autonome, souvent hors du contrôle des anciens commandants.
La criminalité a pris des proportions gigantesques. Ce n’est pas un hasard : ce sont nos dirigeants qui ont sous-estimé la gangstérisassion, ses mécanismes, sa vitesse, et sa profondeur dans le temps. Il fut un temps où l’on pouvait encore appeler un chef connu pour négocier un retour à la normale.
Aujourd’hui, c’est impossible. Ils ne le diront pas publiquement, mais eux aussi ont été dépassés. Ils ont perdu le contrôle de leurs propres soldats.
L’alarme avait pourtant été lancée par Jimmy Cherisier, lorsqu’il a affirmé que les soldats « n’en font plus qu’à leur tête ». A-t-on vu une réaction, une mesure, une stratégie ? NON
Ces soldats sont nombreux, déterminés, et surtout conscients qu’ils peuvent dorénavant voler de leurs propres ailes, sans les anciens parrains en costume-cravate.
L’inaction des dirigeants, leur incapacité à laisser ouvertes des portes de communication, leur refus d’établir un véritable dialogue stratégique pour ramener le calme, ont entraîné cette vague criminelle d’une ampleur impensable. Ils ont manqué de vision, de courage, d’intelligence politique.
Si toutes ces tragédies étaient imputables, devant la loi, aux dirigeants qui ont failli à leur devoir, croyez-bien qu’ils auraient agi autrement. Ils auraient pris des mesures, multiplié les pourparlers, tenté d’éteindre l’incendie avant qu’il ne ravage tout.
Au lieu de cela, depuis des années, ils passent leur temps à quémander l’aide étrangère, en rejetant sur les « pays amis » la responsabilité de résoudre leur propre chaos. Ils n’ont ni l’étoffe ni la volonté de gouverner. Ils n’écoutent que leur ego démesuré, et cela à un prix terrible.
Le devoir sacré de tout dirigeant est de protéger ses citoyens, de défendre la souveraineté nationale, de garantir un climat de sécurité et de bien-être collectif.
Mais chez nous, les seuls projets réellement traités concernent leur propre personne. Le reste, ils le remettent volontiers entre les mains de leurs « amis ».
Et pendant ce temps, Haïti s’effondre.
Et sur les ruines, ils continuent de piétiner l’avenir, comme si la politique se résumait uniquement à la conquête et à la conservation du pouvoir.
Résultat :
• une population abandonnée à elle-même,
• une société décapitalisée,
• des institutions incapables d’exercer leurs fonctions,
• un système qui continue, ironie du sort, à produire de nouveaux millionnaires.
La réponse ne peut se trouver que dans la durabilité, dans une réflexion profonde.
Il est temps de poser la question fondamentale :
Dans cette crise criminelle qui baigne dans le sang, détruit la classe moyenne, démolit les structures, et pousse le pays hors de l’état de droit…
Quels sont les véritables aboutissants ? Et surtout, pourquoi ?
Écrit par :
Nyrvah Florens Bruno
Présidente Mouvement Solda Ayiti Ayiti Solda
[email protected]
Le tout au pluriel magazine nous sommes vos yeux et vos oreilles.
Le tout au pluriel Magazine Magazine socio-culturel