Kenscoff : les enfants, victimes innocentes d’une violence qui leur vole leur avenir

Kenscoff : les enfants, victimes innocentes d’une violence qui leur vole leur avenir

*KENSCOFF, HAÏTI*— La violence des gangs armés continue de laisser derrière elle des familles brisées, des maisons incendiées et des vies détruites. À Kenscoff, dans les hauteurs de Port-au-Prince, les enfants figurent parmi les victimes les plus vulnérables d’une crise sécuritaire qui ne cesse de s’aggraver.
Dans la nuit du 23 au 24 août 2026, une attaque d’une extrême violence a frappé plusieurs secteurs de Kenscoff. Selon les Nations unies, au moins 47 personnes ont été tuées et 22 autres blessées. Parmi les personnes tuées figurent cinq enfants. Plusieurs personnes ont également été enlevées, tandis que des maisons ont été incendiées.
Mais derrière ces chiffres se trouvent des enfants qui avaient simplement le droit de vivre, d’aller à l’école, de jouer avec leurs camarades et de grandir auprès de leurs parents.

*Des enfants confrontés à l’horreur*

Pour un enfant, entendre des tirs, voir des maisons brûler ou assister à la mort d’un proche peut laisser des blessures qui ne se voient pas immédiatement. La peur, les traumatismes, les déplacements forcés et la séparation familiale peuvent bouleverser durablement leur développement.
À Kenscoff, la situation est d’autant plus préoccupante que la commune est confrontée depuis plus d’un an à des attaques répétées. Un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies fait état de plusieurs violences dans différentes localités de Kenscoff, notamment des meurtres, des incendies de maisons, des enlèvements et des attaques contre des familles. Le rapport documente également la mort d’un bébé de quatre mois lors d’une attaque survenue en janvier 2026.
Ces faits rappellent une réalité douloureuse : dans cette guerre imposée à la population, même les enfants en bas âge ne sont plus épargnés.

*Une enfance volée*

L’enfant victime de la violence armée ne perd pas seulement sa sécurité. Il peut perdre son foyer, son école, ses amis, ses repères et parfois ses parents.
Lorsque des familles sont contraintes de fuir leur maison, les enfants deviennent des déplacés. Ils doivent parfois dormir dans des conditions précaires, interrompre leur scolarité et dépendre de l’aide humanitaire pour les besoins les plus élémentaires.
Cette situation représente une menace directe pour l’avenir du pays. Car une génération d’enfants qui grandit dans la peur, sans accès régulier à l’éducation et exposée quotidiennement à la violence, risque de porter longtemps les conséquences de cette crise.

*Kenscoff, un nouveau symbole de la souffrance des civils*

Autrefois connue notamment pour son agriculture et son environnement montagneux, Kenscoff est aujourd’hui devenue l’un des territoires confrontés à une forte pression des groupes armés.
Les attaques répétées ont déjà provoqué des déplacements importants de population. Selon Reuters, les violences enregistrées à Kenscoff au début de 2025 avaient déjà fait plus de 260 morts et détruit ou incendié environ 200 maisons, entraînant le déplacement de quelque 3 000 personnes.
La récente attaque vient donc rappeler que la crise n’est pas terminée. Elle démontre surtout que les populations civiles continuent de payer le prix le plus lourd.

*Quand l’école devient un rêve*

Pour beaucoup d’enfants haïtiens, aller à l’école devrait être une évidence. Pourtant, dans les zones contrôlées ou menacées par les groupes armés, l’éducation devient parfois un luxe.
Un enfant qui fuit les violences ne pense pas à ses devoirs ou à ses examens. Il pense à trouver un endroit où dormir et à savoir si ses parents sont encore vivants.
C’est là que se trouve l’une des dimensions les plus tragiques de cette crise : les bandits ne détruisent pas uniquement des maisons ; ils détruisent aussi des rêves.
Chaque enfant contraint d’abandonner l’école est un avenir fragilisé. Chaque enfant traumatisé est une histoire qui risque de rester marquée par la violence.

*Protéger les enfants doit être une priorité nationale*

Face à cette situation, la protection des enfants ne peut pas être considérée comme une question secondaire.
L’État haïtien, les forces de sécurité, les organisations humanitaires, les acteurs de la société civile et la communauté internationale doivent unir leurs efforts pour garantir aux enfants un environnement sécurisé, l’accès à l’éducation, des soins médicaux et un accompagnement psychologique adapté.
La lutte contre les groupes armés est évidemment indispensable. Mais elle doit également s’accompagner d’une véritable politique de protection de l’enfance.
Car sécuriser Haïti, ce n’est pas seulement reprendre des territoires aux gangs. C’est permettre à un enfant de dormir sans entendre des coups de feu, d’aller à l’école sans craindre d’être kidnappé et de grandir sans voir mourir ses proches.

*Une question pour toute la société*

Les enfants de Kenscoff ne sont pas responsables de la crise que traverse Haïti. Ils n’ont choisi ni les armes, ni la violence, ni les affrontements.
Ils sont simplement nés dans un pays où l’insécurité leur vole progressivement une partie de leur enfance.
Le drame de Kenscoff doit donc interpeller toute la nation.
Combien d’enfants faudra-t-il encore perdre avant que leur protection devienne une véritable priorité nationale ?
Haïti ne peut pas prétendre préparer son avenir tout en abandonnant ses enfants à la violence.
Protéger les enfants de Kenscoff, c’est protéger les enfants de toutes les régions du pays. Et protéger les enfants d’Haïti, c’est finalement protéger l’avenir même de la nation.

Écrit par:
Clébert CETOUTE, journaliste

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À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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