La Navase : le combat de la Grand’Aanse pour notre souveraineté

La Navase : le combat de la Grand’Aanse pour notre souveraineté

Par Regist Jarrick

Port-au-Prince — « Jusqu’à quand l’impérialisme américain pillera-t-il nos ressources ? La Navase appartient de droit à Haïti ! » Ce cri du cœur résume l’indignation collective face à l’occupation américaine de l’île de la Navase (Navassa Island). Ce morceau de terre de 5 km², ceinturé de falaises abruptes et dépourvu d’eau douce, n’est pas un simple caillou désert au milieu des Caraïbes. C’est le symbole d’une souveraineté nationale bafouée qui persiste au XXIe siècle.

Le prétexte d’un pillage légal

L’histoire de cette dépossession commence en 1857. Un homme d’affaires américain revendique l’île en vertu du Guano Islands Act. Cette loi américaine autorisait ses citoyens à s’approprier toute île inhabitée contenant du guano (excréments d’oiseaux utilisés comme engrais).

Washington a alors annexé le territoire. Pendant des décennies, des tonnes de ressources ont été extraites au profit exclusif de l’économie américaine, sans la moindre compensation pour l’État haïtien. Les États-Unis ont ainsi violé la Constitution haïtienne, qui consacrait
déjà l’inviolabilité du territoire national.

Les preuves juridiques d’Haïti

La position d’Haïti repose sur des bases historiques inattaquables. Dès l’indépendance en 1804, Haïti a hérité des frontières maritimes de l’ancienne colonie française, incluant la Navase. Toutes nos constitutions successives réaffirment cette appartenance.
Sur le plan du droit international, la position américaine ne tient pas :

* La proximité : L’île se situe à seulement 55 km du Cap des Irois (Grand’Anse), mais à des milliers de kilomètres du continent américain.
* L’antériorité : La souveraineté haïtienne était établie bien avant la loi américaine de 1857.

La résistance des pêcheurs de la Grand’Anse

Aujourd’hui, le gouvernement américain impose un blocus strict sur la zone. Il exige des permis fédéraux presque impossibles à obtenir pour fouler le sol de l’île. Aucun transport officiel n’y mène.
Pourtant, bravant les interdictions, les pêcheurs haïtiens partis de Jérémie, d’Anse-d’Hainault ou des Abricots continuent de fréquenter ces eaux poissonneuses. Ils utilisent les rivages rocheux (rivaj wòch) comme refuge temporaire lors des tempêtes. Par cette présence courageuse, les communautés de la Grand’Anse maintiennent le lien physique et historique avec notre territoire.

Une réserve naturelle confisquée

Aujourd’hui, Washington a classé la Navase comme réserve nationale de faune. L’île abrite pourtant un écosystème unique : 4 espèces de reptiles endémiques, plus de 100 espèces de plantes et 250 espèces de poissons. En s’appropriant cette biodiversité sous prétexte de conservation, les États-Unis privent illégalement la communauté scientifique et l’économie haïtienne d’un patrimoine naturel inestimable.

Quelles pistes pour l’avenir ?
Pour recouvrer sa pleine souveraineté, Haïti doit agir sur le plan international :

1. La Cour internationale de justice (CIJ) : Porter le différend devant la CIJ pour obtenir un arbitrage territorial.
2. Le Tribunal du droit de la mer : Forcer une réévaluation du statut de l’île grâce à la délimitation des zones maritimes.
3. La diplomatie : Mobiliser le soutien de la CARICOM et de l’Union africaine pour faire pression aux Nations Unies.

Le dossier de la Navase n’est pas classé. Il appelle à un réveil diplomatique immédiat pour que la justice l’emporte enfin sur la loi du plus fort.

À propos de l’auteur : Regist Jarrick est chercheur et militant engagé pour la défense du patrimoine historique et territorial d’Haïti. À travers ses écrits, il plaide pour la reconnaissance des droits souverains de la République d’Haïti.

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À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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