LA NOUVELLE EST TOMBÉE HIER : MOJTABA KHAMENEI A ÉTÉ CHOISI POUR SUCCÉDER À SON PÈRE À LA TÊTE DE L’IRAN

LA NOUVELLE EST TOMBÉE HIER : MOJTABA KHAMENEI A ÉTÉ CHOISI POUR SUCCÉDER À SON PÈRE À LA TÊTE DE L’IRAN

Dans le silence des nuits de Téhéran, une page s’est tournée. Hier, alors que les missiles continuent de siffler au-dessus du Moyen-Orient, le régime iranien a officialisé ce que beaucoup redoutaient ou espéraient : Mojtaba Khamenei, le fils de l’ancien guide suprême, prend les rênes du pouvoir. Il n’hérite pas d’un pays en paix. Il hérite d’une guerre ouverte contre Israël et les États-Unis.

Pour comprendre ce qui va se jouer dans les prochains mois, il faut d’abord savoir qui est cet homme.

Mojtaba Khamenei est né le 8 septembre 1969 à Machhad, ville sainte du chiisme iranien. Il est le deuxième fils d’Ali Khamenei, celui qui a dirigé l’Iran d’une main de fer pendant des décennies. Formé au séminaire religieux de Qom, le cœur intellectuel du chiisme, il est un clerc respecté dans les cercles théologiques. Mais son vrai pouvoir ne vient pas de ses études religieuses.

Pendant des années, Mojtaba est resté dans l’ombre. Il apparaissait rarement en public, ne tenait presque aucun poste officiel. Pourtant, tous les analystes sérieux le décrivaient déjà comme l’un des hommes les plus puissants du régime. Son influence venait de trois piliers : son accès direct et quotidien à son père, ses liens tissés patiemment avec les commandants des Gardiens de la révolution, et son rôle d’intermédiaire entre les différents réseaux sécuritaires et politiques du pays.

Ce que les observateurs appelaient  »l’homme de l’ombre » ou  »le pouvoir derrière le turban » est donc aujourd’hui propulsé sur le devant de la scène.

Les archives et les enquêtes permettent aujourd’hui de dessiner son rôle réel dans les dernières décennies. Il a été un acteur central dans le soutien aux dirigeants conservateurs, dans la gestion des réseaux sécuritaires les plus sensibles, et selon des sources occidentales, dans la coordination de la répression des manifestations de 2009. Ces activités lui ont valu des sanctions américaines bien avant qu’il ne devienne officiellement guide suprême.

Mais son pouvoir n’est pas seulement politique ou sécuritaire. Il est aussi économique. Des enquêtes journalistiques, notamment du Courrier international, affirment qu’il contrôlerait un vaste réseau d’investissements internationaux, via des sociétés écrans et des intermédiaires en Europe et au Moyen-Orient. Des biens immobiliers, des participations dans des entreprises, des flux financiers qui échappent au contrôle des sanctions. Sa fortune personnelle serait considérable, même si le secret entourant les finances du régime rend toute estimation précise impossible.

Ce qui rend sa succession si controversée, c’est qu’elle défie l’idéologie même de la révolution iranienne.

En 1979, l’Iran a renversé le Shah précisément parce qu’il représentait une monarchie héréditaire. La République islamique s’est construite contre la transmission du pouvoir par le sang. Aujourd’hui, le fils succède au père. Pour ses adversaires, c’est la preuve que la théocratie iranienne s’est transformée en une quasi-dynastie politique. Pour ses partisans, c’est la garantie de la continuité du système.

Maintenant, la question cruciale : quel dirigeant sera-t-il ?

Mojtaba Khamenei prend le pouvoir dans des conditions de guerre. Son héritage immédiat, c’est un conflit ouvert contre Israël et les États-Unis, avec des missiles qui volent, des frappes qui s’intensifient, et une région qui retient son souffle. Il a la responsabilité de gagner cette guerre, ou au minimum d’en sortir sans que le régime ne s’effondre.

Dans cette confrontation, l’Iran dispose d’atouts considérables qu’il va devoir mobiliser.

Le premier avantage de l’Iran, c’est la profondeur stratégique de son territoire.

Avec plus de 1,6 million de kilomètres carrés, l’Iran est un pays immense, montagneux, difficile à pénétrer. Ses installations nucléaires et militaires sont dispersées, souvent enterrées profondément sous des montagnes. Contrairement à ses adversaires, il n’a pas de capitale vulnérable à quelques kilomètres d’une frontière hostile. Téhéran est à l’intérieur des terres, protégée par des chaînes de montagnes. Frapper l’Iran, ce n’est pas frapper Gaza ou le Liban. C’est s’attaquer à un État structuré, vaste, capable d’encaisser des coups.

Le deuxième avantage, c’est l’économie de la guerre que l’Iran impose à ses ennemis.
L’Iran possède l’un des plus grands programmes de missiles du Moyen-Orient. Des missiles à courte, moyenne et longue portée, capables d’atteindre Israël, les bases américaines du Golfe, et même l’Europe du Sud-Est. Des centaines, peut-être des milliers d’engins, stockés dans des silos souterrains, mobiles sur des lanceurs, prêts à être tirés.

L’Iran frappe Israël avec des drones à 20 000 dollars. Les États-Unis les interceptent avec des missiles à 2 millions. Chaque tir américain, c’est 100 drones iraniens. Le calcul est implacable.

Le dôme de fer est saturé. Les essaims de drones passent. Ils frappent. Chaque jour, les alliés américains dans la région voient leurs territoires bombardés.

Pendant ce temps, l’Amérique saigne ses caisses pendant que l’Iran vide les siennes à moindre coût. C’est la guerre asymétrique dans toute sa puissance.

Le troisième avantage, c’est le réseau de proxies et d’alliés régionaux que l’Iran a patiemment construit depuis des décennies.

Au Liban, le Hezbollah dispose de plus de 150 000 roquettes et missiles, capables de frapper tout le territoire israélien. En Syrie, des milices pro-iraniennes tiennent des positions stratégiques. Au Yémen, les Houthis ont montré leur capacité à atteindre des cibles à des centaines de kilomètres, perturbant le trafic maritime en mer Rouge. En Irak, des groupes armés fidèles à Téhéran peuvent menacer les bases américaines. Ce réseau permet à l’Iran de combattre sans engager directement ses propres forces, d’user ses adversaires sur plusieurs fronts simultanément, de rendre toute intervention coûteuse et incertaine.

Le quatrième avantage, le plus stratégique de tous, c’est le détroit d’Ormuz, et ils viennent de le prouver.

Ce n’est plus une menace. C’est un fait. L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz. Cette étroite voie d’eau par laquelle transite entre 20 et 30% du pétrole mondial est désormais bloquée. Les conséquences sont déjà là, palpables, mesurables.

Ce matin, le prix du baril a bondi à 119 dollars. Une hausse de plus de 35% en quelques heures. Les marchés mondiaux tremblent. Les économies les plus fragiles, celles d’Afrique en tête, encaissent le choc comme un coup de poing dans l’estomac.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’Iran vient d’actionner le levier le plus puissant dont il dispose. Pas un missile. Pas une frappe. Un simple blocage maritime, et c’est l’économie mondiale qui suffoque.

Les ports européens verront moins de tankers arriver. Les raffineries asiatiques tourneront au ralenti. Les prix à la pompe flamberont sur tous les continents. L’inflation, déjà galopante, va recevoir un nouveau carburant.

Pour les puissances occidentales, le calcul devient brutal : frapper l’Iran, c’est désormais accepter de plonger le monde dans une crise énergétique majeure. Les populations, déjà éprouvées par des années d’inflation, supporteront-elles un nouveau choc pétrolier ?

L’Iran vient de démontrer que sa force ne réside pas seulement dans ses missiles ou ses proxies. Elle réside dans sa capacité à perturber le système nerveux de l’économie mondiale. Et ce n’est que le début.

Le cinquième avantage, c’est la résilience de son système politique.

Le régime iranien a survécu à des décennies de sanctions, à des guerres, à des manifestations, à des assassinats ciblés. Il a développé une capacité à encaisser les coups, à se réorganiser, à survivre. La structure du pouvoir, avec ses cercles imbriqués (religieux, militaires, sécuritaires, économiques), rend difficile un effondrement soudain. Même si le guide suprême change, même si la guerre fait rage, les Gardiens de la révolution tiennent le pays, les réseaux économiques parallèles continuent de fonctionner, les allégeances se recomposent.

Mais il y a aussi des fragilités que Mojtaba Khamenei va devoir gérer.

La population iranienne, jeune, connectée, éduquée, est de moins en moins acquise au régime. Les manifestations de 2019, de 2022, ont montré un mécontentement profond. La guerre risque d’exacerber ces tensions, surtout si les difficultés économiques s’aggravent, si les prix flambent, si les coupures d’électricité se multiplient. Mojtaba devra trouver un équilibre entre la fermeté sécuritaire et la nécessité de ne pas pousser le peuple à la révolte ouverte.

Autre fragilité : l’unité des factions au pouvoir.

Le régime iranien n’est pas un bloc monolithique. Il y a des conservateurs, des ultra-conservateurs, des pragmatiques, des militaires qui ont leurs propres intérêts. La succession dynastique peut créer des tensions avec ceux qui estimaient avoir leur mot à dire dans le choix du prochain guide. Mojtaba devra s’assurer la loyauté des différents réseaux, distribuer les postes, les avantages, les garanties. Dans les prochains mois, des purges discrètes ou des promotions stratégiques vont redessiner le paysage du pouvoir.

Alors, que peut-on attendre de Mojtaba Khamenei à la tête de l’Iran en temps de guerre ?

Les analystes du Washington Institute et d’autres think tanks parlent d’une ligne qu’ils appellent  »consolidation défiante ». Concrètement, cela signifie :

– Renforcer l’armée et les services de sécurité, considérés comme les piliers du régime.
– Maintenir et étendre les réseaux d’influence régionaux, en utilisant les proxies pour harceler Israël et les États-Unis.
– Poursuivre le programme nucléaire et balistique comme ultime garantie de survie du régime.
– Contrôler fermement la politique intérieure, en réprimant toute velléité de contestation.
– Peu de compromis diplomatiques, plutôt un renforcement de la posture de dissuasion.

Dans cette guerre, l’Iran n’a pas besoin de gagner militairement au sens classique.

Il n’a pas besoin d’envahir Israël ou de détruire les flottes américaines. Il lui suffit de tenir, d’user, de faire payer un prix suffisamment élevé pour que ses adversaires renoncent à l’abattre. Il lui suffit de montrer que frapper l’Iran a des conséquences insupportables pour les économies occidentales, pour les populations israéliennes, pour la stabilité de toute la région.

C’est une guerre asymétrique, une guerre d’usure, une guerre de nerfs.

Et dans ce type de conflit, le temps joue souvent pour le camp qui a la capacité d’encaisser, de patienter, de faire monter les coûts pour l’adversaire jusqu’à ce qu’il craque.

Mojtaba Khamenei n’est pas un novice.

Il a passé des décennies dans l’ombre à observer, à apprendre, à tisser des liens. Il connaît les dossiers, les hommes, les faiblesses. Il sait où sont enterrés les missiles, quels généraux sont loyaux, quels pays du Golfe peuvent être neutralisés par la peur, quels leviers économiques activer pour faire pression sur l’Europe.

La question n’est pas de savoir s’il va gagner la guerre.

La question est de savoir s’il va survivre à la guerre. Et pour y survivre, il devra démontrer que l’Iran est un adversaire trop coûteux à abattre. Il devra frapper assez fort pour dissuader, mais pas assez pour provoquer une escalade incontrôlable. Il devra maintenir l’unité de son camp tout en gérant une population épuisée par des décennies de sacrifices.

Ce qui se joue en ce moment au Moyen-Orient dépasse largement le sort d’un homme ou d’un régime.

C’est la question de l’ordre mondial qui est posée. Un Iran capable de résister à une coalition menée par les États-Unis et Israël changerait durablement les équilibres. Il deviendrait le protecteur incontesté du monde chiite, le leader des forces anti-occidentales, le modèle pour tous ceux qui veulent défier l’hégémonie américaine.

À l’inverse, un Iran qui s’effondrerait ouvrirait une boîte de Pandore.

Ses proxies se retrouveraient isolés, ses adversaires encouragés, ses voisins tentés de profiter du chaos. Le Moyen-Orient serait recomposé par la force, avec des conséquences imprévisibles pour des décennies.

Mojtaba Khamenei le sait.

C’est pourquoi il ne fera pas de compromis. C’est pourquoi il va durcir le régime, mobiliser les troupes, activer tous les leviers. Il joue sa survie, et avec elle, la survie du système que son père a patiemment construit.

Dans les prochains mois, nous verrons si l’homme de l’ombre sait devenir l’homme de lumière.

S’il saura transformer l’héritage de son père en victoire. Ou si, au contraire, le poids de cette guerre révélera les fissures d’un régime qui n’a survécu jusqu’ici que par l’habileté de son fondateur.

Une chose est sûre : le monde retient son souffle.

Je suis L’IMPACTEUR

Dans la publication à venir, je vous parlerai de la hausse fulgurante des prix du pétrole et ses conséquences sur le march

Le tout au pluriel magazine nous sommes vos yeux et vos oreilles.

About Harrys Michel

Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
error: Content is protected !!