LE CONFLIT COMME FACTEUR D’ÉQUILIBRE ET DE SOCIALISATION

Haiti est une société qui, à
force d’être critiquée possède
une autoestime basse. Elle est une société qui se soucie du commentaire des autres beaucoup plus que ses obligations d’agir pour son bien-être collectif peu importe l’opinion d’autrui comme c’est le cas pour tous les autres pays du monde.
C’est dans ce contexte que le conflit au sein du conseil présidentiel est mal perçu par la population haïtienne, où, même les plus avisés tombent dans le piège d’attaquer les groupes qui composent le conseil présidentiel de Transition à cause de conflits internes, en fait, pour défaut de se faire l’ange. Mais en réalité, si face à des désaccords, au lieu de s’exprimer ils cherchaient à se faire l’ange, ils se feraient la bête.
Bref, le conflit au sein du conseil présidentiel de Transition ne doit pas être perçu comme destructeur. Il peut se voir comme un facteur de socialisation dans la mesure où il crée de nouvelles règles et de nouvelles normes comme c’est le cas. D’ailleurs pour des sociologues comme *Georg Simmel et Lewis Cose*, les sociétés vivent et se développent grâce au conflit. Le conflit fait partie integrante du social. Il concourt à la formation d’associations et d’organisations. Par conséquent pour structurer la société haïtienne, il ne faut pas chercher à exclure le conflit, à les réduire. Au contraire, ce serait une erreur, il faut les laisser se développer.
Selon *Georg Simmel*, ce qui lie les hommes, ce qui est au fondement de la société c’est la concurrence. Or la concurrence porte en elle-même le conflit, elle est à l’origine du conflit. C’est la raison pour laquelle que le conflit doit être appréhendé comme un facteur de socialisation.
il est également unificateur parce qu’il concentre les forces et efface les frontières entre les groupes. De toute façon le conflit n’est pas exclusivement sources de tensions, par conséquent, la paix et la guerre se retrouve dans une parfaite intrication. Le conflit se trouve latent dans la paix et la paix est latente dans la guerre.
Le conflit est un facteur d’équilibre social, comme mentionné plus haut, c’est aussi un facteur de régulation sociale dans la mesure où il est à l’origine de nouvelles normes, de nouvelles règles élaborées par et pour les parties prenantes.
Lewis coser va plus loin, il a dit: » la coercition et le conflit sont des éléments sociaux bien plus déterminants que la cohésion, le consensus et la stabilité. »
Contrairement aux critiques démesurées proférées à l’encontre des membres du Conseil Présidentiel provisoire, Le conflit est un élément important pour l’autonomie et l’identité des acteurs sociaux. Le conflit peut faire bouger et améliorer les choses.
Vive le conflit constructif!
Par :
Dr. Guitto JEAN
Pou yon lot sidès
Nou pap bay vag !
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