LE TOUT AU PLURIEL MAGAZINE > RUBRIQUE : OPINION / TRIBUNE Course à la présidence : Wilner Joseph face au miroir de l’Histoire, de la bourde factuelle à l’esquive politique

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Course à la présidence : Wilner Joseph face au miroir de l’Histoire, de la bourde factuelle à l’esquive politique

En campagne aux Gonaïves, le conseiller du Premier ministre a attribué la naissance de Jean-Jacques Dessalines à la cité de l’Indépendance. Face au tollé, sa stratégie de défense interroge sur la rigueur des prétendants à la magistrature suprême.

Par Amos Cincir (Depuis l’Afrique Centrale)
Le Tout au Pluriel Magazine — Publié le 20 septembre 2026

PORT-AU-PRINCE — À l’approche des grandes échéances électorales, l’arène politique haïtienne s’animant, révèle les ambitions des uns et les fragilités des autres. Parmi les figures émergentes, Wilner Joseph, actuel conseiller du Premier ministre de facto [Alix Didier Fils-Aimé

Si briguer la présidence de la République est un droit démocratique inaliénable, l’exercice exige une rigueur intellectuelle et morale irréprochable, en particulier vis-à-vis des fondements de la nation. Or, une récente sortie pré-électorale du candidat aux Gonaïves vient de jeter un pavé dans la mare, illustrant les dérives d’une communication politique qui refuse d’assumer ses propres manquements.

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Une confusion historique majeure

Lors d’un discours prononcé dans la
cité de l’Indépendance, Wilner Joseph a commis une erreur fondamentale en associant la naissance de [Jean-Jacques Dessalines](https://heritage.bnf.fr/france-ameriques/jean-jacques-dessalines-et-lindependance-dhaiti) à la ville des Gonaïves. Pour un prétendant au sommet de l’État, une telle approximation interpelle.

L’histoire, têtue et documentée, rappelle que le Père de la Patrie est né en 1758 à Cormiers, une localité située près de Grande-Rivière-du-Nord. Les Gonaïves n’en demeurent pas moins le théâtre d’une gloire immense et distincte : c’est là, le 1er janvier 1804, que fut proclamée l’Indépendance d’Haïti. Confondre le berceau natal d’un héros national et le sanctuaire de la liberté collective témoigne d’une légèreté regrettable pour quiconque aspire à guider le destin de la première République noire du monde.

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La stratégie du déni et la rhétorique de la « manipulation »

Au-delà de la simple erreur factuelle — que le public aurait pu pardonner —, c’est la gestion de la crise par le candidat qui suscite l’indignation. Face au tollé provoqué par sa déclaration, Wilner Joseph a choisi la voie du contournement plutôt que celle de la réhabilitation digne. Qualifiant les critiques de « manipulations », il a tenté de réécrire la séquence en invoquant une mystérieuse « naissance politique » pour justifier ses propos.
À l’era du numérique et de la capture instantanée, cette tentative de pirouette intellectuelle se heurte à la réalité des faits. Les caméras enregistrent, les archives restent, et l’Histoire ne se négocie pas au gré des applaudissements d’un meeting de campagne. En cherchant à expliquer au peuple haïtien ce qu’il « aurait voulu dire », l’aspirant président s’enfonce dans une gymnastique rhétorique qui s’apparente à du coquinage intellectuel.

« Une erreur aurait pu être réparée dignement par quatre mots : « Je me suis trompé. » »

L’exigence de la responsabilité

Un leadership moderne et responsable se mesure à sa capacité à reconnaître ses fautes. Quatre mots auraient suffi à clore l’incident avec dignité : « Je me suis trompé. » En préférant inverser les rôles et transformer les gardiens des faits en fauteurs de troubles, Wilner Joseph transforme une simple maladresse en un spectacle politique déconcertant.
Haïti ne saurait être une cour de récréation électorale où l’on réinvente le récit national au gré des convenances personnelles. Celui qui ambitionne de diriger cette République se doit de maîtriser l’histoire de celui qui l’a fondée.

Alors que Wilner Joseph déploie ses pions pour la course présidentielle sous la bannière du groupement VIKTWA, une question fondamentale demeure en suspens, au-delà des stratégies de communication : lorsqu’on doit réinventer la naissance de Dessalines pour sauver une phrase, quel Haïti veut-on réellement présider ?

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À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39