Le tout D’actualité/Internationale États-Unis Culture/ Rick Derringer:
la guitare perd un rebelle au grand cœur
Par Smith PRINVIL
Le rock vient de perdre l’un de ses artisans les plus féconds. Rick Derringer, guitariste prodige, compositeur insatiable et producteur audacieux, s’est éteint à 77 ans à Ormond Beach, en Floride. Derrière son nom, c’est toute une époque qui résonne : celle d’un rock qui s’inventait encore, entre adolescence triomphante et maturité sonore.
Dès 17 ans, avec The McCoys et leur irrésistible « Hang On Sloopy », il avait imprimé sa signature sur la bande-son des années 60. Puis vint « Rock and Roll, Hoochie Koo », un hymne électrique à la liberté adolescente, relancé récemment par la série Stranger Things, preuve que certaines vibrations ne meurent jamais.
Mais Rick Derringer n’a jamais été qu’un simple interprète. L’homme était un passeur, un alchimiste du son. Il a mis son jeu de guitare et sa sensibilité de producteur au service des plus grands : Steely Dan, Kiss, Barbra Streisand, Bonnie Tyler, Cyndi Lauper… et même Hulk Hogan. Il savait tout faire, de l’élégance jazzy de Gaucho à l’énergie kitsch des rings de catch.
Derringer fut aussi l’un des premiers à comprendre le génie décalé de « Weird Al » Yankovic, qu’il accompagna dans ses débuts avec enthousiasme et rigueur. Ce virage vers la parodie, loin de trahir le rock, en confirmait toute la vitalité : le rock comme terrain de jeu, de rage et de rire. Yankovic, en apprenant sa mort, a salué « un mentor et un ami », résumé parfait d’une vie passée à tendre la main.
On se souviendra d’un musicien complet, dont les riffs avaient le goût de la liberté et l’âme d’un studio. Rick Derringer était de ces hommes qui savaient faire sonner les décennies. Et aujourd’hui, son silence fait un bruit immense.
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