LE tout D’actualité Internationales/Canada/ Dany Laferrière se positionne contre la «désinvolture» face aux demandeurs d’asile:

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Dany Laferrière se positionne contre la «désinvolture» face aux demandeurs d’asile:

Interpellé dans un corridor du parlement par les journalistes, Dany Laferrière a insisté sur le pouvoir des mots.

«C’est tout simplement que mon devoir d’écrivain — et je suis à la commission du dictionnaire de l’Académie française —, c’est de reprendre la langue.»

Interpellé dans un corridor du parlement par les journalistes, Dany Laferrière a insisté sur le pouvoir des mots. «C’est tout simplement que mon devoir d’écrivain — et je suis à la commission du dictionnaire de l’Académie française —, c’est de reprendre la langue.»

Les demandeurs d’asile peuvent aussi représenter « toute la richesse du monde », prévient Dany Laferrière, qui, pour la seconde fois cette semaine, a invité les politiciens à faire attention aux mots qu’ils utilisent pour qualifier les gens qui se présentent à nos frontières.

« Il ne s’agit pas de gens qui arrivent là comme ça, qui ont vécu dans une sorte de no man’s land pendant des années, se cachant, dit-il. Il y a peut-être des médecins, des avocats, des ingénieurs, des électriciens, des serveurs… »

Dany Laferrière était invité à l’Assemblée nationale jeudi pour recevoir l’insigne de l’Ordre de la Pléiade, un prix honorant les défenseurs de la langue française.

Pour une deuxième fois en quelques jours, il a tenu à réagir aux propos tenus par le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge. Mardi, ce dernier avait déclaré que le Québec ne pouvait pas accueillir « toute la misère du monde ». Il avait tenu ces propos en lien avec la hausse du nombre de demandeurs d’asile récemment recensée à la frontière.

Il avait critiqué les propos du ministre une première fois mardi, puis Jean-François Roberge avait maintenu sa position le lendemain. « Je ne regrette pas mes propos, parce que c’est vrai qu’on ne peut pas accueillir davantage de gens », avait réitéré le ministre.

« C’est combien, toute la misère du monde ? »

Interpellé dans un corridor du parlement par les journalistes, Dany Laferrière a insisté sur le pouvoir des mots. « Je ne pense pas que le ministre voulait dire cela exactement de cette manière-là », a avancé le membre de l’Académie française. « C’est tout simplement que mon devoir d’écrivain — et je suis à la commission du dictionnaire de l’Académie française —, c’est de reprendre la langue. »

L’écrivain d’origine haïtienne a été d’autant plus touché par cette question qu’un grand nombre de demandeurs d’asile viennent d’Haïti. « Les gens se disent [que] s’il n’y avait pas les Haïtiens au Québec, bien sûr, le Québec aurait survécu. Mais il manquerait quelque chose. »

Il voit dans la réaction à ses propos de cette semaine le signe que le sujet de la capacité d’accueil doit être davantage discuté. « Tout le monde dit : “On ne peut pas recevoir toute la misère du monde.” Mais maintenant, il faut nous dire : c’est combien, toute la misère du monde ? »

À un journaliste qui lui demandait s’il reprochait au gouvernement de traiter cette question avec une « tête de comptable », il a rétorqué qu’il n’avait rien contre les « comptables », qui font un métier « merveilleux ». « Je n’ai pas peur des chiffres. Ce dont j’ai peur, c’est de la désinvolture. »

Le Devoir
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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39