L’ÉDITORIAL
La Farce Institutionnelle : La Démocratie Haïtienne au Piège du Glissement Perpétuel
Face aux reports incessants du Conseil électoral provisoire (CEP), l’organisation des prochaines joutes nationales bascule dans l’incertitude la plus totale. En prolongeant pour la troisième fois le délai d’inscription des candidats, l’institution électorale cède aux calculs politiques et hypothèque la date du 13 décembre 2026. Une dérive administrative dénoncée par Harry Espoir Michel, qui y voit un dangereux aveu d’impuissance menaçant les bases mêmes de notre souveraineté démocratique.
Pour la troisième fois en un mois, le CEP abdique devant le calendrier et prolonge la période d’inscription des candidats jusqu’au 31 octobre 2026. Ce qui devrait être le cœur d’une mécanique démocratique rigoureuse vire désormais au vaudeville administratif. En étirant indéfiniment ses propres échéances,
le CEP ne fait pas preuve de souplesse :
il piétine la crédibilité d’un scrutin historique et enfonce le pays dans une totale confusion
le-cep-prolonge-a-nouveau-la-periode
dinscription-des-candidats).
La justification officielle est connue :
le Conseil Électoral Provisoire
invoque des modifications de dernière minute apportées au Décret électoral par le Conseil des ministres le 5 octobre 2026, tout en prétendant vouloir accorder un sursis aux structures politiques en retard. Officieusement, c’est le spectacle affligeant d’une classe politique incapable de respecter les règles qu’on choisit de courtiser à coups de compromissions. En actant parallèlement le report sine die de la campagne électorale, l’institution reconnaît à demi-mot une évidence :
le premier tour initialement fixé au 13 décembre 2026 ne pourra pas avoir lieu.
On n’organise pas des élections crédibles en déplaçant la ligne d’arrivée au milieu de la partie. Ce glissement à répétition envoie un signal catastrophique à une population haïtienne déjà profondément éprouvée par la crise sécuritaire et légitimement méfiante envers ses dirigeants. À force
de réaménager les dates pour plaire aux retardataires, le CEP prend en otage
le droit des citoyens à la prévisibilité républicaine.
Alors que le pays n’a pas connu de joutes électorales nationales depuis 2016,
cet éternel report installe le doute et décourage d’avance les électeurs.
Finir par capituler devant les défaillances logistiques et les calculs des partis n’est plus une stratégie, c’est un aveu de faillite. Le CEP et l’Exécutif doivent comprendre que repousser l’échéance électorale,
c’est aussi condamner Haïti au surplace.
Par Harry Espoir Michel
Journaliste Directeur, Le tout au pluriel magazine
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