Libre-Opinion :
CE QUE JE PENSE
LA MAGNANIMITÉ DE LA FRANCE AU RENDEZ-VOUS ?
Le 17 avril, date bicentenaire de l’ordonnance du roi français Charles X extorquant en 1825 150 millions de franc or sous la menace des canons à la jeune et glorieuse République d’Haiti,le président francais Emmanuel Macron a réservé son positionnement sur ce dossier, qui pourrait devenir litigieux entre Haiti et la France.
Tout gaullien qu’il se veut, Macron, à la face du monde, pourrait se replier sur une arrogance mesquine ou affirmer,propulser la magnanimité de la France en prenant le leadership d’un mouvement mondial pour la reconstruction d’Haiti par un geste réparateur du retour équitable de l’argent versé par le sang des paysans haitiens durant 122 ans ( 1825-1947 ) et qui avait beaucoup aidé au développement de l’ hexagone.
La grandeur d’une nation se mesure à sa capacité de reconnaître ses injustices, à sa dimension de s’élever au-delà des mesquineries, même patriotiques et sociales,vers la plus magnifique générosité : le don de remise.
Cela pourrait envenimer quelque temps l’atmosphère politique de la France actuelle. L’esprit de justice qui en rejaillira marquera beaucoup plus de grandeur l’histoire des relations entre les peuples que les conquêtes militaires.
Il faut déplorer qu’à ce carrefour, Haiti soit devenu comme Etat un flou référentiel, et, comme nation et société, une négation organisationnelle. A qui remettre la restitution la réparation ou la restitution-réparation ?
-Aux chefs terroristes qui assassinent la population?
-Au CPT que le peuple prend pour une compagnie de prédateurs du territoire, tant que cette bande de 9 impavides du vice généralisé le dépouillent ?
Le défaut de qualités comme sujet du droit affecte et affaiblit l’ayant droit et l’ayant cause par absence de légitimité, d’intégrité et de facultés. Le dossier est diplomatique. Des négociateurs rompus aux règles de l’art et aux normes devraient s’en charger.
Ce 15 avril, j’ai vu à l’UPAG ( Université publique de l’Artibonite aux Gonaives) s’agiter des questions, se déterminer des positions revendicatives, aussi des doutes balafrer des visages autour de ce qui est plus ,à proprement parler, une querelle intellectuelle qu’un dossier consistant bien charpenté sur les bases historiques, financières, économiques, écologiques, géopolitiques. A ne pas négliger cet aspect sociologique qu’en 1825, 20 ans après l’assassinat du fondateur de la nation Jean Jacques, la francomanie fut le trait distinctif du gouvernement et des élites dominantes. Ils étaient plus français, américains ,allemands qu’haitiens. L’histoire haitienne est encore faussée par endroits et jusqu’ici mal enseignée. Il n’y a guère de chronique historique dans les médias.
Le sort de la restitution et de la réparation d’Haiti dépend de ces négociateurs et ambassadeurs spontanés de ceux qui croient qu’il existe une haitianeté identitaire, qu’elle a donné naissance à la négritude dont on doit être fier, de ceux qui ont conscience qu’elle avait bouleversé l’économie mondiale de l’esclavagisme, du colonialisme et de la discrimination raciale. Elle est la mère de l’universalité humaine. C’est pourquoi elle a été et est punie.
Toute la gloire sera pour Macron de mettre fin à cette punition injuste et inacceptable en programmant la remise à un Etat haitien légitime.
Gonaives le 15 avril 2025
Pierre Robert Auguste
PS. Félicitations au Recteur ,aux dirigeants et étudiants de l’UPAG d’avoir organisé cette conférence sur la restitution et la réparation de la dette de l’Indépendance.
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