Quand la presse choisit un camp, qui reste pour surveiller le pouvoir ?

Quand la presse choisit un camp, qui reste pour surveiller le pouvoir ?

La presse n’est pas un simple métier. Elle est une responsabilité. Sa mission fondamentale est d’informer, d’enquêter, de questionner, de dénoncer les abus et de défendre l’intérêt public. Dans une démocratie, elle représente ce que l’on appelle souvent le quatrième pouvoir : une force indépendante capable de regarder les dirigeants dans les yeux et de poser les questions que les citoyens n’osent pas toujours poser.

Mais aujourd’hui, une question mérite d’être posée avec courage : que reste-t-il de l’objectivité journalistique lorsque certains journalistes sont recrutés pour défendre ouvertement les intérêts d’un camp politique ?

Il faut être honnête : avoir des convictions politiques n’est pas un crime. Un journaliste est aussi un citoyen. Il a le droit de penser, de choisir et d’avoir ses préférences. Le véritable problème commence lorsque ces préférences personnelles prennent le contrôle du travail journalistique.

Lorsque le journaliste ne cherche plus à comprendre les faits, mais à les adapter à la version de son camp. Lorsqu’il ne pose plus les questions qui dérangent, mais celles qui servent son équipe. Lorsqu’il ne vérifie plus les arguments de ses alliés avec la même rigueur qu’il vérifie ceux de ses adversaires.

À ce moment-là, quelque chose d’essentiel se brise.

La presse ne joue plus pleinement son rôle de quatrième pouvoir. Elle devient une partie du jeu politique. Elle ne regarde plus le match depuis l’extérieur : elle porte le maillot d’une équipe et cherche à influencer le résultat.

Et cette confusion des rôles n’est pas sans conséquence pour le public.

Celui qui devait poser les questions finit par défendre les réponses. Celui qui devait analyser les discours finit par les construire. Celui qui devait éclairer les citoyens finit parfois par les orienter. Et celui qui devait être un contre-pouvoir devient progressivement un relais de pouvoir.

Le danger est immense, car le citoyen ne perd pas seulement une information. Il perd la possibilité de se faire une opinion librement.

Une presse indépendante permet au public de réfléchir. Une presse partisane cherche souvent à lui dire quoi penser.

C’est pourquoi la démocratie n’a pas besoin d’une presse qui applaudit systématiquement un camp et condamne systématiquement l’autre. Elle a besoin d’une presse capable de critiquer ses amis, de reconnaître les mérites de ses adversaires et de dénoncer les fautes de ceux qu’elle soutenait hier.

La crédibilité d’un journaliste ne se mesure pas à la force avec laquelle il défend ses alliés, mais à sa capacité de rester honnête lorsque la vérité devient inconfortable pour ceux qu’il apprécie.

Un journaliste ne devrait pas être le porte-parole d’un homme politique. Il devrait être celui qui pose les questions au nom du public. Celui qui vérifie les promesses. Celui qui confronte les discours aux faits. Celui qui refuse de transformer l’information en propagande.

Bien sûr, un journaliste peut entrer en politique. Il peut choisir de devenir conseiller, porte-parole, militant ou candidat. Mais dans ce cas, il doit avoir l’honnêteté de reconnaître qu’il a changé de rôle.

On ne peut pas être à la fois le journaliste chargé de surveiller un pouvoir et le membre de l’équipe politique qui cherche à conquérir ou à conserver ce même pouvoir.

Le quatrième pouvoir ne doit pas être une place à louer dans une équipe politique. Il doit rester un espace de liberté, de vigilance et de responsabilité.

Car lorsque la presse choisit définitivement un maillot politique, elle cesse progressivement d’être un regard indépendant sur le débat public. Et lorsqu’elle perd son indépendance, ce n’est pas seulement sa réputation qui est en danger.

C’est la capacité du citoyen à recevoir une information honnête, à réfléchir librement et à faire un choix éclairé qui est menacée.

Il est donc temps de défendre une presse qui ne soit ni au service d’un homme, ni d’un parti, ni d’un pouvoir. Une presse qui accepte de déranger tout le monde, y compris ses propres sympathisants.

Car au fond, la vraie question n’est pas : « De quel côté est le journaliste ? »

La vraie question est : « Est-il encore du côté de la vérité et de l’intérêt public ? »

À nous, citoyens, journalistes et acteurs de la démocratie, de rester vigilants. Refusons une presse qui pense à notre place. Exigeons une presse qui nous donne les faits, qui nous permet de questionner et qui nous laisse la liberté de juger.

Parce qu’une démocratie a besoin d’une presse libre. Mais une presse libre doit d’abord être capable de résister à la tentation de devenir l’équipe politique qu’elle était censée surveiller.

Écrit par :

Fatniel diverge
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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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