QUAND WASHINGTON GRADUE LA POLICE NATIONALE D’HAÏTI, DIRIGE L’ARMÉE ET GOUVERNE HAÏTI PAR PROCURATION…

QUAND WASHINGTON GRADUE LA POLICE NATIONALE D’HAÏTI, DIRIGE L’ARMÉE ET GOUVERNE HAÏTI PAR PROCURATION…

Le vendredi 23 Janvier 2026, à l’Académie de Police, Haïti n’a pas célébré une simple graduation de la 35e cohorte d’environ 800 policiers. Elle a organisé, sans le dire, la mise en scène officielle de la dépossession de sa souveraineté. Ce jour-là, ce n’est pas l’autorité haïtienne qui a imposé le ton, la vision ou le cadre. C’est le Chargé d’Affaires des États-Unis en Haïti, Henry T. WOOSTER.

Haïti n’a pas seulement formé de nouveaux policiers. Elle a exhibé en plein jour l’état réel de sa souveraineté reléguée au second plan, déléguée, encadrée et surveillée par les puissances occidentales.

Les images suffisent. Un diplomate étranger à la tribune, distribuant les bénédictions, orientant le récit, légitimant les forces armées d’un pays qui se proclame encore, par habitude historique, la première République noire libre et indépendante du monde moderne. En face, un État haïtien dirigé par des corrompus, des apatrides politiques sans aucune honte. Une souveraineté réduite à un décor protocolaire.

Ce feuilleton ne s’agit pas d’une maladresse ni d’un excès diplomatique. Cela relève d’un système, d’une domination feutrée et douce, d’un mode de gouvernance par procuration où l’ambassade américaine supplée l’État haïtien, et où la formation sécuritaire tient lieu de souveraineté politique.

UNE POLICE NATIONALE SANS NATION

Selon plusieurs observateurs, la question n’est pas de savoir si la Police Nationale d’Haïti a besoin de moyens. La vraie question est de savoir qui décide ? qui finance ? qui oriente ? qui commande ? Dans le monde réel, celui qui paie structure est celui qui structure la commande. Et celui qui commande n’obéit jamais.

La PNH est aujourd’hui massivement financée par des puissances étrangères (USA, Canada, France, Taïwan, etc.) ; les policiers sont formés selon des doctrines importées et ils sont intégrés à des stratégies régionales définies hors du territoire national haïtien.

Dans ces conditions, parler de « Police Nationale d’Haïti » relève de l’auto-illusion collective. Il s’agit d’une force locale insérée dans un dispositif international de gestion du désordre, pas d’un instrument souverain qui est véritablement dédié au service du peuple haïtien.

L’HYPOCRISIE STRATÉGIQUE DE WASHINGTON

Les États-Unis savent pertinnement qu’ils bluffent et qu’ils mentent aux Haïtiens. Avec l’administration du président Donald TRUMP, ils ferment leurs frontières, expulsent, humilient administrativement et réduisent les citoyens haïtiens aux USA à des chiffres migratoires, tout en qualifiant Haiti, pays de « merdique ». Dans le même souffle, les États-Unis s’érigent en architectes de la sécurité haïtienne. Ce même pays, le premier producteur et exportateur d’armes au monde, prétend stabiliser un pays saturé d’armes illégales provenant… des USA.

Ce même États-Unis, qui nourrissent les circuits mondiaux de la violence armée, notamment en Haiti, se pose en formateur de forces chargées d’en contenir les effets, sans jamais toucher aux causes profondes. Ce n’est pas de la paix. C’est de la gestion stratégique du chaos au compte de ses intérêts mafieux.

UNE TRANSITION SOUS UNE RESPIRATION ARTIFICIELLE

Pendant que l’ambassade américaine parle fort et impose ses lois en Haïti, l’État haïtien se tait. Le Premier ministre Alix Didier FILS-AIMÉ, sans base populaire et sans mandat électoral, révoqué par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) de neuf figurants corrompus le vendredi 23 Janvier 2026, est maintenu à son poste sous la pleine protection des Chancelleries nord-américaines et européennes pour continuer à administrer une transition verrouillée.

Quant au Conseiller présidentiel Laurent SAINT-CYR, il symbolise une technostructure hors-sol, plus attentive aux équilibres internationaux qu’à la légitimité nationale.

Ces deux figures issues du secteur privé des Affaires ne portent aucun projet de rupture ni d’amélioration des conditions de vie de la population haïtienne. Elles défendent leur classe, leurs réseaux et les intérêts des Chancelleries étrangères. Le changement réel du pays ne les concerne absolument pas.

Le diagnostic est cruel et deplorable, mais exact, car Haïti est dirigée par une élite politique et économique corrompue sans dignité, sans colonne vertébrale, sans humanité et sans aucune responsabilité historique. Ils ne gouvernent absolument rien. Pourtant, ils gèrent ce qui est tolérable pour l’extérieur.

La question de transition en Haïti n’est plus un passage. C’est un sas permanent, conçu par les acteurs politiques et internationaux pour empêcher toute refondation solide et structurelle du pays. On évite l’effondrement, mais on interdit la renaissance.

LA SÉCURITÉ CONTRE LE PEUPLE

Dans un pays détruit par la pauvreté, l’uniforme devient une bouée de survie.
Les policiers sont recrutés dans la faim, formés dans la dépendance et payés dans la précarité. Le résultat est mécanique car nous avons une police rapide contre les manifestations populaires ; absente face aux réseaux puissants et mafieux ; enfermée dans la frustration et le silence.

Ce n’est pas un problème moral individuel. C’est un choix politique structurel. Une force de sécurité conçue hors du cadre national finit toujours par servir contre la société, au bénéfice de ceux qui assurent sa subsistance.

LE MENSONGE DE L’AIDE NEUTRE

L’aide internationale en Haïti n’est jamais neutre, la formation n’est jamais innocente et la sécurité n’est jamais apolitique. Haïti tourne en rond dans un piège parfait calibré par l’instabilité pour justifier l’ingérence, et l’ingérence pour entretenir l’instabilité. On fabrique l’échec, puis on impose des solutions qui prolongent la dépendance. C’est le protectorat sans drapeau.

Par ailleurs, le problème d’Haïti n’est pas un manque de policier, mais l’absence d’un projet national souverain. Il n’y aura jamais de sécurité durable sans aucun financement endogène ; sans une doctrine nationale ; sans un contrôle démocratique ; et une rupture totale avec la gestion coloniale des crises.

Toutefois, un pays libre et indépendant ne se reconstruit pas sous aucune surveillance étrangère. Une nation digne comme Haïti ne doit pas se former pas sous aucune injonction, car un peuple ne se libère pas avec des institutions conçues pour le contenir.

Ce qui se joue en ce début de l’année 2026 dépasse une cérémonie ou un discours. C’est la banalisation de la tutelle internationale et l’acceptation tranquille de l’humiliation. Par ricochet, l’histoire haïtienne rappelle une vérité fondamentale soulignant que nous ne pouvons pas contraindre un peuple à vivre éternellement dans le chaos.

À noter que la souveraineté n’est pas un slogan, mais une épreuve de lucidité, de courage et de dignité. Et elle ne se gagnera pas dans les ambassades, ou encore dans les salons climatisés de la transition, voire à la Primature, mais dans le réveil brutal d’une conscience nationale trop longtemps endormie. À cet effet, le peuple haïtien doit cesser d’observer et de rester passif à cette période charnière de notre histoire de peuple.

Un texte de
Amos CINCIR
Serviteur de l’Empire d’Hayti-Afrique
Ambassadeur du Royaume
24 Janvier 2026

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Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39
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