Souke Panyen/Culture/Société Littérature
Éducation
Desdunes/Après une petite semaine d’attente, qui pourtant s’apparente à une éternité pour un public impatient de ses retrouvailles hebdomadaires, à Kay Holbens S’amasse,en date du 8 2025…
Après une petite semaine d’attente, qui pourtant s’apparente à une éternité pour un public impatient de ses retrouvailles hebdomdaires, à Kay Holbens s’amasse, en date du jeudi 8 mai 2025, un attroupement d’adeptes désireux de recevoir le fils prodige de la commune de Desdunes, Archeley G. ISRAËL, juriste de formation et actuel cadre de l’Office de Protection du Citoyen, pour une conférence à nulle autre pareille autour du thème : *Le populisme : un phénomène de déconstruction des valeurs politiques et des débats médiatiques publics.*
Comme à l’ordinaire, la présence divine est invoquée par l’entremise de l’inspecteur Holbens DUMÉRAND. À 5 h 30 déjà, le modérateur contextualise le sujet et annonce solennellement l’ouverture de la séance.
Pour l’intervenant, il s’agit d’abord de justifier son choix, bien qu’il ne soit pas totalement en harmonie avec son champ d’étude. Pourquoi alors ? Il existe, rétorque-t-il, un certain rapport de contiguïté entre le droit et la politique. À cela s’ajoute l’incidence néfaste du phénomène sur l’ensemble de la société. Certes, on en parle de moins en moins, mais le mal qui en découle devient de plus en plus préoccupant.
De la littérature disponible à ce sujet, le conférencier estime qu’il manquerait à l’essentiel de ne pas expliciter le concept mis en branle. Et les définitions sont plurielles en ce sens. Tout d’abord, il cite Jean-Paul Féry : « Le populisme est une tendance, un phénomène politique et social utilisé par des leaders populistes afin de détourner les intérêts du peuple à leur profit. »
Quant à Michel Soukar et Pierre-André Taguieff, qui abondent dans le même sens, le populisme, renchérit-il, est un signe symptomatique révélant l’état d’une société. Toutefois, Taguieff, de son côté, fait une classification tripartite de la notion, à savoir :
1. Le populisme d’idéologie : une démagogie tendant à déifier le peuple à des fins d’exploitation.
2. Le populisme-mouvement : ancré dans les crises politiques. Le CPT en est un exemple typique.
3. Le populisme de légitimation : exploite des revendications populaires en vue d’obtenir une certaine légitimité.
Dans une analyse plus approfondie, Me Archeley enchaîne avec une pensée tout à fait pertinente. Pour Alain Touraine, précise-t-il, la misère et l’analphabétisme font de certains pays un terrain fertile au surgissement de ce phénomène. En fait, dans ces milieux-là, les leaders, avec des discours vides de contenu et de rationalité, teintés d’un certain messianisme et prophétisme, font des promesses — aussi farfelues, illusoires et chimériques soient-elles — afin de gagner la sympathie du peuple, sans jamais évoquer les voies et moyens qu’ils comptent utiliser pour les réaliser.
Outre cela, des leaders populistes sur la scène politique haïtienne ne manquent pas. Du macoutisme (Michel-Rolph Trouillot) au règne des Duvalier, des chimères d’Aristide, des bandi legal sous Martelly, jusqu’au régime (bananier) de Jovenel, ce sont là des exemples parfaits.
Tout compte fait, le conférencier conclut que la vision et le comportement des populistes représentent un danger pour le fonctionnement de la société. L’essence même du phénomène contribue à l’état de délabrement du pays car celui-ci participe à l’effondrement des valeurs politiques et médiatiques.
En termes de conséquences directes, puisqu’ils sont prêts à tout pour consolider ou gagner le pouvoir, cela engendre le totalitarisme, l’instabilité, ainsi que la dilution lente de l’information dans les débats médiatiques. Car, constate-t-on, avec la montée en puissance du populisme, l’information perd de sa crédibilité.
Avant de faire place aux questions, le modérateur interpelle, dans la rubrique Bon à savoir, Emmadjina CHARLES, à qui l’auditoire prête la plus grande attention, dans sa présentation des différents types d’intelligence.
À la lumière des différentes questions, un premier trio s’agite.
Pour Mydenson ELOISAINT : Peut-on considérer les populistes comme sain d’esprit ? Ne sont-ils pas comparables à des chefs de gang notoires ? Quels en sont les signes avant-coureurs ?
Childens OSIAS, pour sa part, avance : Comment le populisme transforme-t-il le débat public en conflit émotionnel et polarisé ? Quelles sont les origines historiques du populisme ? Quelles idéologies favorisent son émergence ?
Yderlens JEAN-BAPTISTE demande : Parlant du populisme comme un phénomène de déconstruction des valeurs politiques, en quoi consiste une valeur politique ?
Un deuxième trio ne tarde pas non plus à se faire remarquer par la quintessence de leur analyse.
Dans un premier temps, Exius ÉTIENNE postule : Que peut-on faire pour changer le populisme ?
Quant à Me Markès JEAN-BAPTISTE, il ajoute que l’égoïsme politique, la faillite de l’élite intellectuelle et le déficit de vision sont des traits communs à ce phénomène. Et, à défaut de recommandations de la part du conférencier,la solution n’est autre que l’éducation, conclut-il.
En dernier lieu, le magistrat Oriol THOMAS invite l’intervenant à voir les limites de son exposé, car, à croire Léon Gambetta, en aucun cas le populisme ne saurait seulement reposer sur des discours sans fondement.
À cette phase, on remarquait déjà, sur le visage enchanté des participants, de l’admiration pour le jeune conférencier. Les questions et les considérations ci-dessus, les unes plus pertinentes que les autres, ont alimenté un débat aussi houleux que d’habitude.
Eu égard à l’hétérogénéité du public et à l’escalade de l’heure — il était déjà quelque 7 h —, le modérateur s’oblige à surseoir aux interventions, malgré les divergences cautionnées.
Comme à l’accoutumée, le pasteur MC-Evens THERMITUS a prononcé la prière finale, avant que l’auditoire ne s’engouffre, avec délectation, dans le délicieux mets servi à l’occasion.
Préparer par : Souke Panyen
Stralbendjy MERCEDAT, modérateur/rapporteur.
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