Thélyson Orélien : le génie humain face aux nouveaux inquisiteurs du numérique

Thélyson Orélien : le génie humain face aux nouveaux inquisiteurs du numérique

OPINION. Face à la déferlante des algorithmes de détection d’IA et aux accusations ciblant le romancier
[Thélyson Orélien]

l’avocat Ebenn Pierre signe une tribune vibrante. Il dénonce l’instrumentalisation de la technologie comme un outil de domination culturelle moderne et prend la défense de l’œuvre humaine face à la rigueur froide des machines.

Depuis la nuit des temps — comme le prophétisait déjà le récit biblique dans le livre de Daniel —, l’approche des temps nouveaux s’accompagne d’une explosion vertigineuse du savoir humain. C’est précisément ce paradoxe contemporain auquel nous assistons : une accélération technologique si fulgurante que la condition humaine semble parfois s’effacer, écrasée par la toute-puissance de la technique. Nous évoluons désormais dans notre propre progrès comme dans un rêve éveillé, saisis de torpeur face à la rapidité de nos créations.

De Dartmouth aux dérives des algorithmes de détection

L’intelligence artificielle en est l’illustration la plus flagrante. Née officiellement en 1956 lors de la célèbre conférence universitaire de Dartmouth, l’IA que nous côtoyons aujourd’hui au quotidien — celle de l’apprentissage profond (deep learning) et du traitement de milliards de données — a véritablement pris son élan en 2006 grâce aux travaux pionniers de Geoffrey Hinton, avant de connaître une trajectoire exponentielle à partir de 2017.

Désormais omniprésente, elle pilote nos avions, orchestre nos systèmes informatiques et dicte le rythme de l’économie mondiale. Jusqu’au cœur des places financières du World Trade Center, ce sont des algorithmes complexes qui maintiennent le système à flot. Pourtant, cette technologie globale vient de se retourner contre un homme de lettres, révélant une dérive inquisitoire inquiétante.

« Pourquoi accuse-t-on aujourd’hui Thélyson Orélien de plagiat pour son roman « C’était ça ou mourir » ? »

Un lynchage technologique en plein succès littéraire

Certes, au fil des pages de son ouvrage, on peut déceler, comme dans toute œuvre, de légères imperfections inhérentes à la faillibilité et à la nature humaine. Mais est-ce une raison suffisante pour qu’un groupement de critiques, aveuglés par des biais discriminatoires, s’acharnent à clouer au pilori un auteur noir en plein essor ?

Captivant, poétique et profondément bouleversant, cet ouvrage a su conquérir le cœur des lecteurs et s’inviter sur les listes des plus prestigieuses distinctions littéraires françaises, frôlant le prestigieux prix Goncourt. L’écrivain venait d’ailleurs tout juste de remporter le Prix du public de la Fnac lorsque la polémique a été déclenchée. Par pure jalousie, le manuscrit a été soumis à la froideur d’un de ces logiciels de détection d’intelligence artificielle, un de ces outils algorithmiques pour proclamer partout et arbitrairement que le texte était « suspect ». C’est ainsi que la machine infernale s’est mise en branle contre Monsieur Orélien.

Le masque d’une domination culturelle systémique

L’affaire Thélyson Orélien dépasse le simple débat technique : elle met à nu les vieux réflexes d’une domination culturelle qui refuse de dire son nom. En brandissant ces détecteurs d’IA — des outils dont la communauté scientifique s’accorde pourtant à souligner le manque cruel de fiabilité et les failles structurelles —, les détracteurs cherchent avant tout à disqualifier un artiste et une œuvre poignante.

Soupçonner d’emblée le génie littéraire d’un auteur noir en lui imputant une tricherie technologique revient à perpétuer une forme de racisme systémique : l’idée préconçue que la grande littérature et l’excellence intellectuelle demeurent l’apanage d’un club très fermé.
Défendre ce roman aujourd’hui, c’est refuser que des algorithmes servent de prétextes au racisme ordinaire. C’est réaffirmer, avec force, que la beauté d’une plume humaine ne sera jamais l’esclave d’une machine.

Par Me Ebenn PIERRE
Avocat

Tous droits réservés — [Le Tout au Pluriel Magazine](https://letoutauplurielmag.com/). « Nous sommes vos yeux et vos oreilles. »

About Harrys Michel

Harrys Michel
À propos de : Michel Hary Espoir - Formation : Licencié en Communication sociale - Profession : Professeur de Communication sociale, Journaliste, Animateur culturel, Analyste - Responsabilités : PDG du magazine Le Tout au Pluriel - Domaines d'expertise : Politique, Kabbalistes, Travail social - Contact : - Email : [email protected] - Téléphone : +509 48 43 81 36 / +509 55 48 92 39